D’après nos correspondants en Libye, depuis une semaine, des affrontements à l’arme lourde incluant le tirs d’obus chimiques entre les puissantes milices de Zentane (Djebel Nefoussa) et des membres de la tribus des Machachias dans l’ouest du pays auraient fait pas moins de 180  morts et plus de 600 blessés.

Le gouvernement intérimaire libyen a annoncé hier  que ces combats ont fait 105 morts et un demi-millier de blessés et que le déploiement de l’armée a contribué à y rétablir le calme.

Cependant, nos sources indiquent que l’Ouest de la Libye a été déclaré zone militaire interdite à la suite de rapports faisant état de l’usage d’armes chimiques, notamment des obus à l’ypérite (Gaz moutarde)  et que des combats sporadiques continuent d’opposer des combattants de Zenten à des milices rivales ainsi que des éléments du ministère libyen de la défense.

Les Machachias avaient choisi de ne pas se rallier à la rébellion anti-Kadhafi durant la guerre de Libye (17 février-22 octobre 2011) et s’étaient opposés depuis à toute intrusion des milices de Zenten, l’une des milices les mieux armées de Libye puisqu’elles ont bénéficié durant la guerre de parachutages d’armes et de munitions de France, de Belgique, d’Allemagne et d’Italie. Ces milices contrôlent actuellement les confins frontaliers entre la Libye, la Tunisie et l’Algérie et détiennent le fils de l’ancien dirigeant libyen, Seif Al-Islam Kadhafi en tant que carte de pression sur les nouvelles autorités.

On sait peu de choses sur la destination des stocks relativement peu importants d’armes chimiques détenues par l’ancien régime libyen, même si une commission spéciale inspirée par le cas irakien après la chute de Bagdad a été mise sur place et instruite par des spécialistes américains. Les Zenten ont récupéré les arsenaux de l’ex-armée libyenne situés en Tripolitaine et ont réussi à mettre la main sur quelques munitions chimiques qu’ils n’ont pas hésité à utiliser contre leurs adversaires. Cet usage d’armes interdites par les Conventions internationales (Convention d’interdiction des armes chimiques) et le droit humanitaire international n’a pas offusqué outre-mesure les Organisations internationales ou les ONG de défense des droits de l’homme, d’habitude si promptes à réagir comme ce fut le cas lorsque Saddam Hussein utilisa le gaz Moutarde à Hallabja en 1988.  Aucune réaction en Europe ou aux Etats-Unis où l’on continue de fermer les yeux sur ce qui ce passe réellement en Libye.

Ces troubles interviennent alors que le gouvernement intérimaire de Libye tente tant bien que mal de rallier la population à des élections législatives cruciales-les premières de son histoire contemporaine- pour l’avenir de ce pays nord-africain riche en hydrocarbures.

Ci-dessous une vidéo postée sur Youtube par un activiste libyen montrant l’éclatement d’obus suspects près de la localité de Shakika, appartenant aux tribus des Machachias, dans l’Ouest de la Libye:

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