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20/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Les services secrets turcs sont montrés du doigt à Damas pour leur implication dans l’attentat du 18 juillet dernier ayant coûté la vie à quatre des plus hauts responsables sécuritaires syriens.

Dès le premier jour de l’attentat, un  site d’ultras turcs avait  applaudi l’attaque en la qualifiant de revanche. Quelle revanche?

La mort de deux pilotes des forces aériennes turques après que leur appareil de type RF-4 Phantom II modernisé ait été abattu par la DCA syrienne le 22 juin 2012 aurait été vengé par la mort du ministre syrien de la défense, le général Daoud Rajha, de son vice-ministre et beau-frère du président Al-Assad, Assef Chawket, du chef des renseignements ainsi qu’un autre général.

Attardons-nous un peu sur cette hypothèse. A Damas, on pressentait le coup. Sans le voir venir. Pourtant, c’est les services de renseignement turcs qui furent parmi les principaux artisans de l’assassinat à Damas de Imad Maghnia, le chef militaire du Hezbollah libanais. Assassinat intervenu en pleine période de « lune de miel » entre les deux pays et imputé au Mossad israélien.

Après la détérioration des relations entre les deux pays, en raison du soutien patent de la Turquie aux rebelles, Les turcs organisèrent en collaboration avec d’autres pays arabes  la plupart des défections signalées au sein de l’armée syrienne.

Ce que les syriens n’avaient pas su voir est que le rapprochement avec la Turquie fut un des moyens pour cette dernière de piéger Damas après la guerre de juillet 2006 entre Israël et le Hezbollah.

Historiquement méfiant vis à vis de la Turquie, l’Iran voyait d’un oeil suspicieux ce rapprochement et tentait de l’exploiter, notamment  dans le cadre d’un Moyen-Orient échappant à toute ingérence exogène selon sa propre vision géopolitique

Nos sources affirment que l’affaire de l’avion turc abattu par les syriens fut ressentie comme un véritable affront malgré que sa mission ne relevait pas du commandement militaire turc mais d’un commandement conjoint de l’OTAN. Les turcs ont tenté d’apaiser les tensions diplomatiques tout en préparant un coup de poignard décisif visant le sommet de l’Etat syrien.

Les relations entre la Syrie et la Turquie n’ont jamais été bonnes hormis une courte période marquée par un isolement croissant de la Syrie dans son environnement régional et demeurent minées par une série de revendications territoriales, un différend historique basé sur un ressentiment réciproque, des divergences idéologiques et la question Kurde. Le partage des ressources hydriques constitue également une autre pomme de discorde entre les deux pays.

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