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28/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Dernières nouvelles de Syrie

Contrairement aux allégations des médias dominants, l’armée syrienne n’a pas utilisé jusqu’ici d’avions de combat dans ses opérations à Alep et dans la périphérie de Damas. Les seuls appareils utilisés sont des avions d’entrainement de fabrication tchèque Albatros L-39 armés de roquettes. Un appareil de ce type a été aperçu volant à très basse altitude  au dessus des quartiers Salaheddine et Seif Eddawla à Alep . Alep, capitale économique de la Syrie est une cité orientale par excellence: l’exiguïté, l’étroitesse et l’imbrication des quartiers et des ruells y représente un véritable paradis pour la guérilla urbaine. L’armée régulière syrienne y mobilisé 20 000 hommes, des chars (principalement des T-72 et, surprise, des T-80B) et des véhicules blindés.

Un L39 Albatros des forces aériennes syriennes tirant des roquettes. Cet avion d’entraînement est devenu l’appareil de prédilection de l’armée syrienne dans sa lutte contre la guérilla rebelle.

La tactique utilisée s’est avérée payante: le quartier Salaheddine (Saladin) a pu être « nettoyé » des rebelles parmi lesquels on a dénombré des combattants étrangers. Ces derniers sont majoritairement des libyens originaires de Darna et de Misrata; des yéménites; des jordaniens; des saoudiens et…des afghans (d’ethnie tadjik)!

Les combattants afghans se sont retrouvés dans les rues d’Alep, dans un pays qu’ils n’ont jamais vu après avoir été embarqués dans des avions-cargo militaires turcs. Des dizaines de ces desperados proviennent de la petite délinquance et sont originaires de Kaboul et sa périphérie. Certains d’entre-eux n’ont jamais porté une arme avant d’atterrir à la base d’Inçirlik en Turquie où ils ont été dispatchés dans des camps d’entraînement établis à la hâte près des frontières avec la Syrie.  Une fois dans ces camps, les « volontaires » reçoivent une formation sommaire de quelques jours avant de se retrouver pris en charge par plusieurs réseaux de contrebande, devenus depuis quelques mois, les principaux relais des services de renseignement américains, britanniques, français, israéliens, saoudiens, qatari et jordaniens. Ces derniers, assez redoutables, sont en train de tenter de nouer des alliances entre les tribus sunnites d’Al-Anbar en Irak et les réseaux de contrebande de Syrie et du Nord de la Jordanie afin d’assurer un approvisionnement permanent à l’ASL (armée syrienne libre) et la légion arabe dont des centaines d’éléments sont soit en attente dans des camps de réfugiés installés du côté jordaniens, soit en convalescence plus au Sud. L’annonce de l’arrivée de 50 militaires  des services de santé des armées françaises n’est qu’un leurre destiné à masquer le fait que le COS (commandement des opérations spéciales) et la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), fort présente au Liban,  sont présents depuis la première semaine de la contestation en Syrie. Ils sont loin d’être les seuls; des agents de plus d’une trentaine de pays sont présents à un endroit ou un autre autour et à l’intérieur de la Syrie.

Sur le plan diplomatique, la visite de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton en Turquie, en date du 11 août 2012 s’est terminé en véritable fiasco sur le plan de l’image. Mais a abouti sur le plan opérationnel. Confondant  le PKK (parti des travailleurs kurdes) qui combat le régime d’Ankara depuis 1984 avec Al-Qaida (alors que les deux professent des idéologies aux antipodes), Clinton a clairement voulu ménager son allié turc en surfant sur ce qu’il voulait entendre. A savoir que le PKK  est un mouvement terroriste (sic).  Ankara s’inquiète de plus en plus de l’émergence en force du problème kurde, non résolu depuis plus de 80 ans au devant de la scène alors que le problème ne devait concerner que la Syrie. La précipitation turque de s’insérer dans les plans du GMO (Grand Moyen-Orient) a produit des effets contraires: la question kurde menace l’intégrité territoriale de la Turquie. D’où la question, Mme Clinton était-elle ivre à Ankara? Ou bien est-ce une nouvelle forme de diplomatie mêlant à la fois de l’ignorance feinte à la pitrerie? A voire. Toujours est-il que la visite de Clinton à Ankara a permis la rencontre de cette dernière avec des chefs des groupes armés et, entre autre,  la mise en place d’un système de paiement électronique assez élaboré au profit des combattants de l’ASL. Ces derniers disposent déjà des services d’une société canadienne spécialisée dans les télécommunications. On parle avec insistance de vouloir doter les rebelles encerclés de micro-drones de reconnaissance.

Les fournitures de matériel de communications (sociétés américaines et canadiennes), d’équipements spécifiques (Grande-Bretagne), d’armes et de munitions (France, Italie, Belgique, Espagne, Israël  mais également Pologne, Roumanie, Bulgarie, Ukraine  via des courtiers internationaux) aux rebelles syriens génèrent d’immenses bénéfices en ces temps de crise et alimente un vaste réseau de corruption.

Le financement de ces opérations a été confiés à des fonds spéciaux crées par des capitaux arabes en off-shore. Le système est bien rôdé puisqu’il a fait ses preuves ailleurs.

Un autre fond spécial a été alloué pour les défections. Ainsi, la défection d’un ambassadeur syrien coûte entre un million et deux millions de dollars US cash suivi d’un pack : 20 000 dollars mensuellement sur une période de vingt ans plus une résidence à vie à Doha (capitale du Qatar) et d’autres privilèges. Un officier supérieur syrien a droit à 700 000 dollars cash plus un salaire mensuel de 15 000 dollars. L’ambassadeur de Syrie en Mauritanie a refusé une offre du Qatar. Mais pas la chargée d’affaire de Syrie à Chypre ou encore l’ex-ambassadeur syrien à Baghdad pour ne citer que ces quelques exemples.

En Israël, c’est la panique. Derrière la multiplication des déclarations guerrières de responsables israéliens, il semble que la nécessité de devoir s’impliquer militairement contre l’axe Damas-Téhéran suscite de profondes inquiétudes. D’autant plus que les deux pays doivent réserver bien des surprises. Dernier avatar du printemps arabe, le changement de régime en Syrie devait donner un avantage absolu et décisif à Washington et Tel-Aviv dans la région centrale du monde, riche en ressources énergétiques,  et surtout avoir les mains libres de réduire l’Iran. Cette inquiétude est tellement vive que l’ensemble des vecteurs d’armes nucléaires israéliennes sont maintenant en alerte maximale.

Deux blocs s’affrontent en Syrie et ce ne sont pas ceux que l’on croit. D’un côté les Etats-Unis et leurs alliés européens et arabes contre l’axe Téhéran-Damas. Israël est au centre de ce conflit. Mais il semble déjà établi que quel soit le résultat de la crise actuelle, résistance de la Syrie ou éclatement de ce pays en plusieurs entités antagonistes, Israël sera toujours en danger. L’exemple du Sinaï le démontre assez bien. Qui aurait cru il y a un an que des missiles de moyenne portée y seraient déployés sous couvert de la lutte anti-terroriste? Personne. C’est cela aussi le prix du chaos. Nul n’y échappe.

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