La guerre fait rage en Syrie avec la dotation des rebelles en armes lourdes acquises frauduleusement de trois pays des Balkans par l’entremise de courtiers saoudiens et israéliens.

Le chemin de croix de Damas

Dans l’incapacité de gagner la moindre confrontation à Damas, défendue par les meilleures divisions de l’armée régulière, les rebelles ont procédé à deux changements de stratégie en moins de six mois. Aux attentats terroristes kamikazes à la bombe ou à la voiture piégée ont succédé les tirs de mortiers sur les concentrations urbaines intra-muros. Cependant, les renseignements de l’armée de l’air ont pu localiser la majorité des sources de tir et les éliminer.

Les rebelles anéantis à Darya

De son côté, l’armée syrienne continue sa stratégie du rouleau compresseur. Ainsi, à Darya, à la périphérie sud de Damas, les 2800 rebelles qui s’y retranchaient depuis des mois ne sont plus qu’une centaine. Réduits par des vagues successives d’offensives blindées soutenues par l’aviation et l’artillerie, les rebelles ou du moins ceux qui ont pu survivre au déluge de feu, se sont repliés dans la précipitation ers Zabadani et au delà où ils tentent de se réorganiser sous l’égide de la CIA et du MI6.

Les vents de feu de la Turquie déferlent sur Alep

Au Nord, à Alep, les unités de l’armée syrienne font face à la résistance opiniâtre de plus de 7500 rebelles dont près de la moitié est d’origine étrangère. La défection du général Meflah, Chef du renseignement militaire pour la région Nord est intervenue après la découverte de ses liens d’intelligence avec les renseignements turcs et l’armée syrienne libre. C’est lui qui a manœuvré pour que la ville d’Alep tombe sous l’occupation de l’ASL et du front de Nosra. Les unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par la garde républicaine ont mené des combats d’une violence rare pour récupérer le centre-ville et établir le contrôle sur la ville nouvelle. Les hélicoptères ont joué un rôle crucial dans ces combats urbains. Une partie des rebelles s’est repliés vers les confins frontaliers avec la Turquie tandis que plus de 1800 rebelles se retranchent encore dans la partie historique de la ville où l’usage des blindés et de l’aviation semblent totalement exclues. La Turquie arme, entraîne, finance, aide et envoie les rebelles à partir de son territoire vers Alep dans l’espoir désormais vain de créer une tête de pont ou une zone-tampon pour que l’Otan puisse entamer une intervention en Syrie. L’aviation syrienne, hyper-active dans ce secteur, a mis en échec ce scénario.

Homs: la paix des tribus

A Homs (centre), le gouvernement syrien a pu y maintenir une paix, certes précaire et trop souvent secouée par des violences, mais réelle en établissant des pactes avec les tribus les plus influentes. Des milices populaires d’auto-défense et des comités populaires maintiennent la paix civile. Les grandes tribus, quant à elles, ont interdit à leurs membres d’ouvrir le feu sur les militaires syrien. En échange, les militaires syriens s’abstiennent formellement de procéder aux interpellations. L’ensemble de la région est toutefois maillée et des unités de l’armée surveillent de près la frontière libanaise d’où proviennent armes et logistique aux rebelles. L’armée syrienne a menacé les tribus et les localités libanaise d’une action vigoureuse, forçant les dignitaires sunnite du Nord-Liban à émettre une Fatwa interdisant le « Djihad » en Syrie contre Assad tout en  l’encourageant à partir des territoires libanais. L’armée syrienne qui suit avec inquiétude l’installation d’un émirat extrémiste pro-saoudien à Tripoli (Nord du Liban) est en train de procéder au minage de la frontière commune.

Deraa au Sud aux mains des rebelles

C’est au sud que la situation semble d’une extrême dangerosité pour Damas. Deraa, le berceau de la contestation contre le régime, est désormais aux mains des rebelles qui sont parvenus à couper les voies de communication avec la Jordanie et à encercler le 61e régiment d’infanterie mécanisée. Cette évolution fait peser la menace de la création d’une zone-tampon avec l’aide active de la Jordanie. Damas a fait savoir aux jordaniens que dans une telle éventualité, il y aura une guerre entre les deux pays. Même si des milliers de combattants rebelles et de volontaires sont entraînés par les forces US en Jordanie septrentrionale, Amman ne veut pas d’un régime dominé par les « Frères Musulmans » à Damas. Ce cas de figure est jugé mortel pour la monarchie Hachémite.

Situation explosive au Golan

Au Golan, plateau occupé par Israël depuis 1967 et annexé en 1981, les troupes syriennes et israéliennes se font face. Israël y a mis l’ensemble de ses moyens. La visite hier du chef d’état-major de l’armée israélienne aux unités stationnées au Golan vise moins à persuader une opinion interne terrifiée par un éventuel dérapage incontrôlé de ce que l’on a appelé le printemps arabe sur Israël que de s’assurer du dispositif d’attaque mis en place dans l’attente d’un affaiblissement suffisamment acceptable de l’armée syrienne pour intervenir ouvertement en territoire syrien. Car pour Tel-Aviv, la partie qui se joue ferme en Syrie n’est qu’une étape dans la guerre contre l’Iran. Les israéliens ont non seulement du ouvrir le feu à plusieurs reprises pour couvrir la retraite de combattants islamistes extrémistes poursuivis par l’armée régulière syrienne mais leur ont ouvert leurs hôpitaux de campagne. Des soldats de l’armée régulière syrienne ont également été soignés dans ces hôpitaux avant d’être fait prisonniers. Des échanges de tirs ont opposé à plusieurs reprises les deux armées. Une déflagration entre les deux pays ennemis conduira certainement à une troisième guerre mondiale généralisée.

Volontaires étrangers, un mauvais remake islamiste de la guerre d’Espagne

Combien de volontaires étrangers combattent en Syrie? difficile d’en évaluer le chiffre puisqu’il n’existe aucune statistique relative à ce sujet. Les turcs qui organisent en partie la logistique et le transport de ces volontaires, notamment d’Afrique du Nord (Tunisie-Libye-Egypte) et du Caucase (Tchétchénie-Daguestan), d’Asie centrale et du sous-continent indien, sont dans le déni de réalité. Une chose est sûre: des centaines de combattants étrangers ont été tués dans les combats en Syrie. L’Otan est directement derrière l’acheminement des volontaires islamistes en Syrie dans un mauvais remake de la guerre d’Espagne (1936)

Mais qui a donc suggéré à Netanyahu de s’attaquer à la Syrie?

A la lumière de ce qui se passe en Syrie, un responsable religieux orthodoxe d’Orient s’est demandé sur la ou les personnes qui ont suggéré au premier ministre israélien de s’attaquer à la Syrie. Car, en s’attaquent à la Syrie, les initiateurs du printemps arabe ont signé l’échec de cette entreprise révolutionnaire de changement de régime sans une implication massive de la force militaire.

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