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25/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Maghreb: Pas d’informations crédibles sur la présence d’otages étrangers au Djebel Chaambi

Le mont Chaambi, à cheval entre Kasserine en Tunisie et Tébessa en Algérie est une zone réputée difficile. Ce relief accidenté au Sud-est de Haidra et au Nord de l’antique Thelepte est devenu depuis quelques mois un lieu de ralliement de différents groupes armés en transit entre les théâtres d’opérations au Nord Mali et en Syrie. La présence de très forts liens tribaux, la présence de certaines tribus liées par le sang des deux côtés de la frontière, la prédominance de la contrebande transfrontalière en tant qu’unique modèle économique et la faiblesse de l’Etat dans ces région expliquent en partie l’installation de maquis terroristes dans ces confins. Mais ce n’est pas tout. Le laxisme délibéré ou non du gouvernement tunisien dominé par les islamistes du mouvement Ennahdha et leur inféodation totale à des objectifs stratégiques extérieurs au détriment de la sécurité nationale de la Tunisie ont encouragé l’implantation d’un noyau de guérilla armée à l’idéologie radicale.

L’usage de mines et de pièges explosifs à base d’engrais agricoles (ammonitrates) révèle l’influence des groupes armés algériens et maliens. Pour rappel, les refuges des groupes liés à l’AQMI sont toujours minés. En 1997, l’armée algérienne a du déminer des dizaines de kilomètres carrés de maquis pour venir à bout des sanctuaires des GIA (groupes islamiques armés) dans les contreforts de la Mitidja, au Sud de la capitale. Plus récemment au Nord-Mali, des soldats tchadiens ont du ralentir leur avancée dans le massif des Ifoghas à cause d’engins piégés.

Pour le moment, la région est cernée de toutes parts par les forces tunisiennes et algériennes. Ces dernières utilisent même des avions de reconnaissance spécialisées dans la guerre électronique pour traquer la moindre infiltration terroristes en territoire algérien.

L’implantation d’un maquis de type islamiste près de la frontière algérienne et non pas libyenne d’où provient l’essentiel de l’armement circulant au Maghreb et au Sahel est loin d’être fortuit. Il répond à des impératifs stratégiques échappant de loin aux acteurs locaux. D’une part, les résidus de groupes armés d’Aqmi en Algérie, bien qu’écrasés par le poids de l’armée algérienne, parviennent toujours à survivre, notamment dans le fameux axe Tébessa-Khenchela-Oued-Souf. D’autre part, le retour des « volontaires » du théâtre d’opération syrien et malien exigeait une base de repli. C’est chose faite. A djebel Chaambi, la plupart des groupes armés qui y seraient retranchés sont composés de jeunes tunisiens majoritairement mais non exclusivement originaires du « Sahel » (le Nord-Est tunisien) dont le « Jihad » en Syrie contre l’armée syrienne ou au Nord-Mali contre la MISMA et l’armée française a rendu inadaptable à un retour à la vie normale. Ce phénomène mérite une étude sociologique approfondie qui reste à faire en Tunisie.

Enfin, les rumeurs. Et elles sont nombreuses. Nous ne cautionnons aucune. L’une d’elles fait état de l’éventuelle présence au Mont Chaambi du consul d’Algérie à Gao, kidnappé avec son staff le 05 avril 2012 par le MUJAO après la chute de cette ville du Nord Mali aux mains des islamistes.

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