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20/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Conflit au Moyen-Orient: Damas contrôle Al-Qussayr

Assez souvent, les plans militaires les mieux préparés débouchent sur des résultats inattendus et pas forcément favorables à celui qui les a conçus. C’est le cas du conflit en cours en Syrie. Après plus de deux ans de conflit en grande partie alimenté de l’extérieur et relevant d’un plan plus global, ce qu’on a appelé printemps arabe a abouti à un drôle de printemps au Golan.

La prise de la localité d’Al-Qussayr par l’armée syrienne ne renforce pas seulement le contrôle de la province centrale de Homs par Damas mais étranglera les voies d’approvisionnement en armes et en capitaux des sponsors arabes de la rébellion à partir du Liban. D’où la panique de Ryad (Royaume d’Arabie Saoudite) et de Doha (Qatar) qui en appellent à une réunion d’urgence de la Ligue arabe sur la Syrie et si possible une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies. En parallèle, la chute d’Al-Qussayr dégage les confins syro-libanais. Ce que Tel-Aviv redoute en prétextant que cela facilitera grandement le transit d’armes iraniennes et autres vers le Hezbollah libanais. Plus encore, le contrôle par les unités de l’armée syrienne soutenues par les unités spéciales des renseignements aériens de la route entre Homs et Lattaquié d’un côté et entre Homs et Damas, interdira toute infiltration israélienne aux côtés des insurgés. La vidéo diffusée par la chaîne américaine d’information en continu FOX NEWS montrant des commandos israéliens s’exfiltrant de la partie syrienne du Golan est loin d’être un scoop. Des commandos de divers pays ont opéré à l’intérieur du territoire syrien depuis 18 mois. Quoique il devient de plus en plus difficile de le faire en raison d’une restructuration des forces armées syriennes et l’appoint de conseillers russes, nord-coréens, iraniens et irakiens.

Israël ne semble pas avoir beaucoup de choix. Il a commis une erreur stratégique et est en train d’en payer le prix. Cette erreur d’appréciation stratégique sur les capacités de défense dont dispose Damas a été partagée par quelques pays européens, lesquels ont effectivement fourni des armes en quantité à des factions radicales de la rébellion syrienne. Paris et Londres jouent aux vierges effarouchées sur ce dossier dont ils ont perdu la main sur le plan diplomatique. En bon sous-traitant, Ankara s’est rangé sous la solution américaine et son approche d’une conférence dite de Genève 2 co-parrainée avec Moscou. La France qui a été gravement désavouée par l’évolution du dossier tente un combat d’arrière-garde en multipliant les entraves et en exigeant la non participation de l’Iran, pourtant l’un des premiers pays concernés par le conflit syrien. En vain, puisque Washington considère le président syrien comme un interlocuteur incontournable.

Demeurent les pays du Golfe arabo-persique. Ni l’Arabie Saoudite ni le Qatar ne veulent entendre parler d’une solution négociée. Pas après avoir déboursé plus de 90 milliards de dollars dans cette grosse arnaque. Par dessus tout, une solution négociée qui permettra un renforcement de ce qu’ils appellent l’axe « chiite » leur paraît insupportable.

Tel-Aviv qui se considère en pleine guerre et dont les médias évoquent des « fronts », ne restera pas les bras croisés devant le renforcement et la convergence des objectifs de Damas, du Hezbollah, de factions de la résistance palestinienne et de l’Iran. Un commando du Front populaire de libération de la Palestine (gauche) a déjà agi au Golan en tirant un obus sur le mont Hermon. Téhéran a également laissé entendre qu’en cas de complication, ses troupes, c’est-à-dire les forces des Gardiens de la révolutions seront déployés au…Golan. Un scénario qui dépasse ceux des pires cauchemars des stratèges israéliens.

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