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20/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Turquie-Israël: l’armateur MB du fils d’Erdögan n’a jamais boycotté Israël

Fin janvier 2009, à Davos, le Premier ministre turc Tayep Reçep Erdögan et le Président israélien Shimon Perez ont joué à une petite comédie dans laquelle le très pusillanime turc a fait mine de quitter la salle avec fracas. Ce geste attira à M. Erdögan beaucoup d’estime au sein de son propre parti, l’AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi ou Parti pour la justice et le développement) mais également au sein de sa mouvance, les Frères Musulmans. Une véritable organisation multinationale d’inspiration franc-maçonnique à laquelle appartiennent outre l’AKP d’Erdögan, le Président égyptien Mohamed Morsi, les dirigeants actuels du Hamas palestinien, le chef du gouvernement tunisien et une partie non négligeable de l’opposition syrienne.

En réalité, les relations entre la Turquie et Israël n’ont jamais été mauvaises. Même lors de l’incident du bateau Mavi Marmara du 31  mai 2010,  à l’issue duquel neuf activistes humanitaires turcs ont été abattus à bout portant  par des commandos de la marine israélienne. Les appels au boycott ayant suivi cet incident et l’annulation d’exercices militaires communs entre les deux pays n’ont jamais entravé la croissance soutenue du commerce bilatéral entre Ankara et Tel-Aviv.

Cette relation stratégique s’est renforcée depuis le début de la guerre en Syrie puisque les deux alliés sont engagés à fond contre un ennemi commun: le gouvernement de Bashar Al-Assad. Depuis le début des révoltes arabes, le Premier ministre turc n’a cessé d’appeler les dirigeants arabes contestés de quitter leur pays ou bien de démissionner. En Syrie, ces appels se sont transformés en appels au meurtre et au pillage. Or depuis deux semaines, Erdögan lui-même est confronté à une fronde populaire exigeant sa démission suite à une passation de marché douteux à l’un des grands financiers occultes de son parti portant sur la construction d’un projet commercial en lieu et place de l’actuel parc Gezi. Dirigeant autiste et complotiste, Erdögan accuse les manifestants d’être des agents de l’étranger tout en menaçant de les écraser. Cerise sur le gâteau: face à ses détracteurs, fustigeant sa trop grande collusion avec les banques et le néolibéralisme sauvage, il annonce que le projet de centre commercial controversé comportera …une mosquée! Une façon de laisser croire à ses partisans que celles et ceux qui sont sortis protester dans la rue sont animés par des sentiments anti-religieux.

L’opposition turque, notamment le parti républicain du peuple (Cumhuriet Halk Partisi ou CHP-tendance socialiste) que le Premier ministre a taxé d’ennemi à la nation, a révélé que le fils d’Erdogan, Ahmad Borak Erdögan, propriétaire de la compagnie MB  Shipping (transport maritime) , possède deux navires commerciaux qui faisaient la navette entre les ports de Turquie et d’Israël pour le transport de marchandises. Se référant aux révélations des autorités portuaires turques, les sources de l’opposition ont indiqué que le navire Safran 1 de longueur de 95 m a arraisonné dans le port d’Ashdod israélien la dernière fois le 12 janvier 2013,  soit trois mois avant la fin de la crise israélo-turque.

Le quotidien israélien à grand tirage, Yediot Aharonot,  a également évoqué cette affaire concernant le fils du Premier ministre turc Recep Tayep Erdogan, en soulignant que ce dernier a bien signé des transactions avec Israël couvrant les trois dernières années. Commentant cette nouvelle, le Yediot Aharonot a rappelé que même lorsque la crise entre les deux pays était à son apogée, « le commerce s’est nettement amélioré et a atteint près de 4 milliards de dollars, soit une hausse de 30%…

Le Premier ministre de la Turquie, membre de l’Otan et actuellement l’un des pays les plus acharnés à abattre l’Etat syrien n’en est pas à sa première contradiction près. L’ex-maire d’Istanbul est le président d’une formation politique l’AKP qui est née en 2001  d’une scission  « scientifique » ayant visé la destruction du Refah Partisi (Parti de la prospérité)  du dirigeant charismatique Necmettine Erbakan. Ce dernier a été jugé trop dangereux par la CIA pour les intérêts stratégiques américains dans un pays aussi important que la Turquie.

La suite est connue: il fallait imposer Erdögan et surtout  « punir » le haut commandement militaire turc pour avoir osé exprimer son désaccord total et bruyant avec l’invasion de l’Irak en 2003.   Une opération complexe est montée, créant une autre affaire de complot connu sous le nom d’Ergenekon, un réseau qui aurait cherché à provoquer un putsch militaire contre Erdögan. Des centaines d’officiers de l’armée turque dont la plupart des commandants de l’armée seront mis derrière les barreaux. 11 % des généraux turcs sont écartés. Les chefs de l’armée turque, jadis très puissante, démissionnent. La voie est libre pour Erdögan. La Turquie est dans le giron du Nouvel Ordre Mondial. Ce n’est pas le cas de son voisin grec, dont le peuple est « puni » pour insubordination.

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