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25/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

La valse continue: les Talibans Afghans s’estiment trompés par Washington et Kaboul

Étrange valse à laquelle se livrent depuis quelques mois des officiels US, des membres de la famille princière du Qatar, des émissaires du gouvernement de Kaboul et des…Talibans afghans! Après plus de 11 ans de conflit, les Etats-Unis et leurs alliés cherchent un compromis acceptable pour évacuer ce pays-nasse. Y compris le recours à des négociations plus ou moins secrètes avec les factions authentiques des Talibans d’Afghanistan (pour les différencier des autres, crées de toutes pièces pour faire contre-feu).

C’est ainsi que sous l’égide du précédant émir Hamad du Qatar, un « bureau » des Talibans ouvre ses portes à Doha. A moins de quelques kilomètres de l’une des plus grandes bases militaires aériennes des Etats-Unis dans le monde. Colère à Kaboul où le clan et la (très nombreuse) clientèle du président afghan Hamid Karzaï soupçonne une trahison. Qui plus est, le bureau octroyé aux Talibans à Doha l’a été au titre de l’Émirat Islamique d’Afghanistan (Afghanistan Islamic Emirate) et jouissait donc des privilèges accordés à une représentation diplomatique.  Un choc à Kaboul où le sort de l’ex-président Najibullah est loin d’être oublié.

Feinte ou réelle, la colère exprimée par le gouvernement de la république d’Afghanistan n’en cache pas moins un profond désarroi. Hamid Karzaï sait que pour se retirer du pays de manière « convenable », les américains sont prêts à s’allier avec leurs ennemis. Résultat: Kaboul refuse catégoriquement de négocier à Doha le moindre arrangement.

Cependant, les choses semblent se compliquer.  Le Qatar a connu, fin juin 2013,  une transition ayant abouti à l’écartement de l’émir Hamad et de son puissant premier ministre au profit de l’émir Tamim. Cette transition s’est accompagnée par un changement de paradigme: après avoir soutenu en apparence les Frères Musulmans, les américains se retournent contre eux. Bien que les Talibans ne se sont jamais revendiqué de la confrérie, le bureau des Talibans au Qatar  a été fermé, mardi 9 juillet 2013, par le nouvel émir, Tamim. Suivant des conseils US. Cela s’entend.

Les Talibans Afghans se sont retirés . Non sans crier haut et fort avoir été trompés par les américains et le gouvernement afghan qu’ils qualifient de fantoche. Leur porte-parole, d’habitude prolixe en déclarations, s’est abstenu cette fois-ci d’avancer la moindre explication. Mais des sources bien informées affirment que la colère des Talibans a une relation avec la découverte d’Accords secrets liant Washington à Islamabad, autorisant la guerre des drones contre les bases arrières des Talibans afghan en territoire pakistanais. De ce fait, les protestations du Pakistan dont les services secrets (Inter-Service Intelligence) ont longtemps soutenu les Talibans,  ne seraient que de façade.

Mais la valse continue, puisque le changement des rapports de force au sein de l’establishment américain n’entrave pas la décision de Washington de se retirer de ce trou noir financier qu’est l’Afghanistan.

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