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Paradox [CPS] WW
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01/12/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Comme d’habitude, Washington veut recréer l’union sacrée et faire oublier l’Affaire Snowden

Cette fois-ci le scénario est l’un des plus flagrants qui soient. Ebranlé par une affaire Snowden qui n’a pas fini de révéler tous ses secrets et encore moins ses répercutions sur les relations entre les Etats-unis d’Amérique et la Russie, Washington veut l’union sacré derrière le chef de guerre (le maître des drones) Hussein Barack Obama. Et quoi de plus utile de réactiver une menace imminente d’Al-Qaïda inc. ?

Le film est parti. Selon la version cinématographique servie par l’immense machine médiatique américaine, la célèbre NSA (National Security Agency) a intercepté les discussions ou autres papotages de 20 chefs d’Al-Qaïda dans le monde et en a induis à une attaque terroriste majeure dans un ou plusieurs pays du Moyen-Orient.  Alertes. Fermetures de représentations diplomatiques et consulaires. Union sacrée face à l’ennemi. Quel ennemi? L’égyptien Aymen Al-Zawahry, chef « suprême » d’Al-Qaïda? Petit-fils d’un des fondateurs de la Ligue Arabe, ex-docteur pro-occidental ayant viré vers l’extrémisme religieux politique mâtiné d’une violente réthorique anti-occidentale? C’est limite. L’homme est loin de posséder le charisme nécessaire et n’est pas aussi photogénique que Benladen. Mais le monde a bien besoin de divertissements. On cherche rapidement un pays idéal. Exit la Somalie et sa piraterie qui rapportent pas mal aux assureurs britanniques. Ce sera donc le Yémen. Pays arabe le plus faible et le plus pauvre de la péninsule arabique. Quelques bombardements de drones ici et là et peu de résultats.

La Libye, n’y pensez même pas. Avec le scandale de Benghazi (un ambassadeur US violé et assassiné par une sous-filiale en rupture de ban avec Al-Qaïda Maghreb, une équipe de Navy Seals qui l’a échappé belle et une mission secrète qui suscite des interrogations aux Etats-Unis) qui a essuyé tel un tsunami la très prometteuse Susan Rice et continue à faire trembler Obama et Hillary Clinton (qui lorgne les présidentielles de 2017…) pas la peine de la rappeler aux bons souvenirs de la communauté internationale. D’autant plus qu’elle est en proie à une anarchie généralisée. Où trouver donc matière à un nouveau soubresaut susceptible de faire adhérer le maximum de moutons à un nouvel Patriot Act à l’échelle planétaire?

Un début de solution surgit comme par hasard d’Arabie Saoudite. Le royaume vient en effet d’annoncer avec bruits et fracas avoir démantelé un très dangereux réseau d’Al-Qaïda en péninsule Arabique. Obama peut souffler après la douche glacée russe ayant tenté de calmer son hystérie sur l’affaire Snowden. La menace est imminente! Le monde libre est en danger et la NSA est là pour le sauver.  Le Prince Bandar doit en rire.  Lui qui, de 1983 à 1989, a mis sur pied l’un des plus grands réseaux d’acheminement de combattants islamistes vers l’Afghanistan, alors en proie à l’ogre Russe…

La défection d’Edward Snowden, né en 1983, a eu et aura des conséquences. Sur la NSA d’abord puisque cette dernière fait l’objet d’une purge digne des meilleures ou des pires années de l’ère stalinienne. Evidemment, en double-langage ou en code politiquement correct, il s’agit de quelques licenciements. Politiques ensuite: pour la première fois depuis longtemps, les Etats-Unis et la Russie qui se battent par proxy en Syrie dévoilent ouvertement leur conflit. Même au temps de la guerre froide, les relations n’avaient jamais atteint le fond actuel. Obama, qui ne dort plus si l’on en croit une mauvaise langue ayant une fenêtre bien en vue sur la Maison Blanche, est furieux. Ou fait mine d’être furieux. Les Jeux Olympiques de Sotchi approchent et Moscou devra encaisser un maximum de coups. fourrés ou pas.

Problème. Snowden n’a pratiquement fait aucune révélation selon Moscou. Cela est assez vrai. Il a évoqué avec un journaliste du Guardian que des sujets qui touchent à l’Europe et on aura appris que certains seniors analystes de la NSA continuent de considérer l’Allemagne de 2013 comme celle de 1944. Cependant, le sujet qui n’a pas été abordé (et ne le sera probablement pas) par le jeune analyste de Booz Allen est celui du Moyen-Orient (et notamment les fameux dessous du printemps dit arabe) et d’Al-Qaîda, l’invasion de l’Irak, le rapport avec l’Iran et la Chine, et par dessus tout la relation très spéciale et privilégiée entre le Congrès US et Israël.  En somme les lignes rouges dont la transgression ne sera pas tolérée par le pouvoir réel US au risque d’une guerre.  Cela n’est pas sans similarité avec le dernier chapitre d’un célèbre roman pour enfants « Le Magicien d’OZ ».

Le Maître des drones a beau gesticuler et multiplier les conférence de presse. Malgré la censure par saturation, l’enbrigadement moutonnier,  l’achat d’âmes et conscience et une solide politique du bâton, des gens commencent sinon à percevoir du moins sentir que quelque chose ne tourne pas rond dans la machine.

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