De tout temps, les matières premières ont fait parties des préoccupations  des gouvernements. Elles ont modelé la géopolitique, elles ont motivé les colonisations, elles ont été au coeur de nombreux conflits. Mais parmi toutes les matières premières recensées – épices, terres rares… – deux sont responsables de quasiment toutes les guerres modernes: le pétrole et le gaz.

Or, on peut constater que depuis quelques années, les USA se détournent du pétrole conventionnel, pour exploiter les gaz et pétrole de schiste. Outre sa production personnelle (golfe du Mexique, Prudhoe Bay en Alaska), les Etâts-Unis étaient largement dépendant des importations d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Depuis quelques mois, les USA misent tout sur leur production, et envisagent même d’exporter du gaz vers l’Europe et l’Asie. Ils vont même jusqu’à vendre le charbon, car trop coûteux par rapport au gaz dont le prix a été divisé par deux en l’espace de quatre ans!

On peut constater une chose, dés que les Etâts-Unis abandonne un marché – Irak, Venezuela, Iran malgré l’embargo – la Chine pointe son nez et rafle la mise. Allant même jusqu’à passer un marché de plusieurs milliards de dollar avec son ancien ennemi, la Russie. Normal, me direz-vous, l’Empire du Milieu a de gros besoins énergétiques pour son industrie – qui ne connait toujours pas la crise – et sa population, qui, si elle n’est pas « occidentalisée », a découvert « bienfaits » de la climatisation, des écrans plats, et autres objets plus ou moins utiles, mais très gourmands en électricité.

Cet abandon, par les USA, des circuits d’approvisionnement en or noir commence à faire jaser. Surtout du côté des pétromonarchies, et encore plus chez leurs alliés régionaux: l’Arabie Saoudite et le petit Qatar.

A la lecture des évènements, on pourrait croire que les USA ont décidé de partager les ressources avec le reste de la planète. Ce qui serait étonnant quand on connait la politique américaine sur les énergies fossiles.

Mais ce qui est – encore – plus surprenant, c’est de savoir que les experts en tout genre s’accordent à dire que les forages de schiste (que ce soit pour le gaz ou le pétrole) ne sont qu’un placébo. En effet, pour chaque forage, il faut:

-4000 mètre cube d’eau,

-50 000 litres de produits chimiques.

Au bout d’un an d’exploitation, le rendement passe de 60% à quasiment rien. Les puits ont une durée de vie de deux ans en moyenne et coûtent très cher, aussi bien financièrement, que sur le plan écologique et humain.

Pour ces mêmes experts, les gaz de schiste sont un appoint, pas une finalité.

Conclusion: Qu’est-ce qui peut pousser la première puissance mondiale à investir massivement dans une énergie qui a très peu d’avenir (si les experts ne se sont pas fourvoyés)? Qu’est-ce qui peut pousser l’Europe à chercher des alternatives au gaz russe et du Moyen-Orient?

La réponse qui paraît évidente est que les gisements du Moyen-Orient sont presque épuisés, mais non. Il semblerait qu’une guerre, généralisée à cette région, voit bientôt le jour. Et il se pourrait bien que les pétromonarchies en fassent les frais, ce qui ne chagrinera pas grand monde.

Il ne faut pas oublier que si le chameau est un animal parfaitement adapté au désert, il existe un autre animal, beaucoup plus teigneux mais lui aussi très bien adapté.

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