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Paradox [CPS] WW
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29/11/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Les missiles de la discorde.

Il semblerait que la décision turque d’acheter des missiles anti-aériens chinois ait fait couler beaucoup d’encre.

Pourtant, d’un point de vue purement économique, la signature semble logique. Un appel d’offre a été lancé, quatre systèmes étaient en concurrence (un américain, un russe, un chinois et un européen), et le mieux disant a été élu.

Là où le bât blesse, c’est que la société chinoise choisie – CPMIEC – serait sur la liste rouge US pour non-respect de l’embargo sur la vente d’armes concernant l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord. D’où la marche arrière du gouvernement turc disant que la décision n’est pas validée, et qu’un changement de partenaire est encore possible à condition que les trois recalés s’alignent sur les prix chinois.

L’OTAN a contre-attaqué, en pointant du doigt le fait que le système SAM chinois, n’était pas compatible avec son propre système:

“That would certainly leave many of us speechless,” said one senior diplomat from a NATO country. “Turkey has every right to choose its own air defense system but we do not quite understand the logic of opting for a Chinese system with no interoperability with the existing [NATO] assets.”

A NATO ally defense attaché in Ankara said that deploying a Chinese air defense system to protect Turkish airspace could have political repercussions. “Questioning Turkey’s geopolitical trajectory would then be legitimate,” he said. (…)

“I cannot comment on how the [U.S.] administration would react to that. But I can tell you that integrating a Chinese or Chinese-Turkish air defense system into NATO assets may not be a good idea,” a U.S. diplomat said.

Aujourd’hui, le sous-secrétaire de la Défense des Industries de la Turquie Murad Bayar a déclaré aux journalistes que presque la totalité de la construction du système aura lieu en Turquie, et que les sanctions US à l’encontre de la société chinoise n’affectent pas son pays. Il a aussi tenu à rassurer l’OTAN concernant la compatibilité du système, un programme informatique sera créé par son gouvernement, sans que la Chine puisse y participer.

Au-delà de la guerre économique qui se joue au Moyen-Orient entre les différentes nations pourvoyeuses d’armement, se pourrait-il que le premier ministre turc sente le vent tourner?  La Turquie accueille déjà un système de défense Sol-Air occidental – mais prêté par l’OTAN – les fameux missiles Patriots. Et il serait étonnant que l’Occident décide de remballer ses missiles, pour les redéployer en Europe…

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