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03/03/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Afghanistan: l’énigme “Baradar”

 

Considéré comme un élément incontournable dans la stratégie de sortie de crise américaine d’Afghanistan, la libération de l’ancien chef Taliban le Mollah Abdelghani dit “Baradar” par le Pakistan, ne sera pas suffisante pour impulser un processus de négociations visant à garantir une transition stable après le retrait partiel des troupes US d’Afghanistan en 2014.

Appartenant à la même tribu que le Président Afghan, Hamid Karzaï, le Mollah Abdelghani a longtemps été l’un des rares proches du Mollah Omar, le chef charismatique des Talibans Afghans. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui a donné le sobriquet de “Baradar” (Brother en Anglais).
Les deux hommes ont en effet combattu ensemble les troupes soviétiques durant les années 80 avant de lutter pour la prise du pouvoir vers la fin des années 90 et se retrouver sous le feu des armées US à partir d’octobre 2001.

Après la chute de l’émirat islamique d’Afghanistan, le Mollah Abdelghani Baradar s’installe partiellement au Pakistan où les Talibans disposent de bases arrière solidement implantées dans les zones tribales des deux côtés de la ligne Durand mais également le long des voies de migration pachtoune jusqu’à Karachi.

C’est à Karachi que fut arrêté le Mollah Abdelghani Baradar en 2010. On ne connait pas bien ou presque rien de  son rôle ni son niveau d’influence au sein de l’une des guérillas les plus déterminées au monde.

Après 11 ans de guerre, les forces américaines, épaulées par celles de l’OTAN, des pays de l’Europe de l’Est comme l’Albanie et des pays arabes comme les Emirats Arabes Unies n’ont pu venir à bout des Talibans afghans et leurs alliés du réseau Haqqani. Au contraire, l’organisation s’est largement renforcée, notamment en infiltrant l’armée Afghane et les différents corps de sécurité tout en exploitant économiquement  l’occupation militaire étrangère.

Ce renforcement des Talibans inquiète au plus haut point Washington qui redoute un effondrement du gouvernement Afghan en cas de retrait partiel des troupes US.  En parallèle, Washington agite le spectre de cette menace pour faire pression sur un gouvernement Afghan de plus en plus rétif à l’influence US. Depuis des mois, les forces américaines procèdent à la destruction sur place de leur matériel lourd, suscitant la méfiance de leurs alliés afghans.

Baradar devait être le lien indispensable pour arriver à impulser un début de négociations entre Kaboul et les Talibans. Mais ces derniers déclarent à qui veut les entendre que le Mollah ne dispose pas d’un rôle central dans une organisation qui a connu de nombreuses mutations sous un feu constant depuis une décennie. Aussitôt libéré, Baradar s’est rendu à Peshawar pour y rencontrer des représentants des Talibans Afghans. Ces derniers y ont émis une fin de non recevoir. Officiellement, les émissaires Talibans ont refusé de rencontrer le Mollah Baradar parce qu’il se faisait étroitement surveiller par des agents de l’ISI. Le Mollah Baradar aurait il été chargé d’une autre mission non divulguée?

Le double processus de négociations en cours aussi bien en Afghanistan qu’au Pakistan, chacun avec sa guérilla respective, s’avère crucial pour la survie de la stratégie US en Asie du Sud.

 

 

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