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01/12/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Catastrophes naturelles, la démission des états?

Le récent passage du typhon Haiyan aux philippines a permis de mettre en avant la non-préparation des autorités gouvernementales à ce genre de catastrophe. Soyons réalistes; certains phénomènes naturels sont difficilement prévisibles, notamment les tremblements de terre, certaines éruptions volcaniques – même si les volcans représentant un danger potentiel sont bardés de capteurs – et les chutes de météores.

Mais ici, nous parlons d’un typhon, un phénomène naturel, cyclique, et dont la progression peut être observée en temps réel, et, à l’aide  d’un équipement de pointe, prédire sa trajectoire. Même si l’alerte ne peut pas être lancée des jours à l’avance, les dégâts qu’il pourrait causer sont, eux, relativement faciles à estimer. Concernant un typhon de catégorie 5 comme Haiyan, ils sont – limite – apocalyptiques.

On peut comprendre assez aisément que les villes, villages touchés par un tel phénomène ne peuvent pas entreposer les équipements nécessaires aux premiers secours. Effectivement, il serait idiot de stocker de la nourriture et des équipements de base sur la trajectoire de l’ouragan. Cependant, si les communes, les régions voire même les iles – dans le cas des Philippines – ne peuvent pas supporter un tel investissement, c’est l’état central qui doit s’en charger.

Or, on peut constater que quasi systématiquement, après chaque catastrophe naturelle, le gouvernement concerné fait appel à l’aide internationale. Si on peut trouver des excuses aux états pauvres, comme Haïti, on est en droit de se poser des questions quant aux pays industrialisés. Prenons les USA, lors du passage de l’ouragan Katrina – et surtout après – le gouvernement fédéral à fait preuve d’une incompétence qui dépasse l’imagination. Certains quartiers de la Nouvelle-Orléans ne sont toujours pas reconstruit, ou alors avec l’aide d’ONG. Idem pour Sandy qui ravagea la côte Est l’an dernier.

Revenons à Haïti, la reconstruction est loin d’être terminée, des dizaines  de millier d’hommes, de femmes et d’enfants dorment encore sous des tentes ou des abris provisoires donnés par l’aide international. Par contre, l’hôtellerie de luxe se porte très bien. La reconstruction a parfois des priorités qui ne correspondent pas aux attentes des victimes…

Suite au tremblement de terre qui produisit le tsunami responsable de la catastrophe de Fukushima, les autorités ont mis un certain temps, jugé beaucoup trop long par les sans-abris et les ONG, avant de faire appel à l’aide internationale, sans même parler de dépêcher des secours, militaires ou civils. La rumeur court que les Yakuzas auraient – en partie – aidé au sauvetage.

Il semblerait, même si cela reste provisoire, que les catastrophes naturelles rapprochent les états. La Chine a proposé son aide aux Philippines, et ce, malgré les contentieux qui les opposent. Les USA ont même utilisés leur fameux Osprey pour acheminer de l’aide rapidement. L’aide internationale à fait un appel aux dons pour réunir les 300 million de USD nécessaire aux réfugiés. Ceci est à mettre en opposition avec ce que les compagnies d’assurance devraient débourser:

Les dommages assurés provoqués par le typhon Haiyan aux Philippines ne devraient pas dépasser les 100 million d’USD, a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi le spécialiste en modélisation des risques de catastrophes Eqecat. Le faible montant est à mettre sur le compte du manque de couverture pour les catastrophes naturelles.

Selon Eqecat, seulement une partie de la population est assurée contre les dommages et seulement 15% à 20% des polices d’assurances comprennent la couverture contre le risque de typhons. Les assurances classiques ne comprennent également pas les dommages provoqués par les inondations, qui doivent être assurés par des contrats spécialisés.

Pour résumer, il paraît plus simple pour les états industrialisés, ayant une économie stable, de faire appel à l’aide internationale – ONG, ONU, OTAN et compagnies – plutôt que de stocker des produits de première nécessité, et les équipements qui vont avec; notamment les véhicules de transports (aériens et terrestres), et les abris provisoires. Tout cela au grand dam des victimes. Victimes qui tentent de se débrouiller par elles-même, ce qui rajoute l’insécurité à la confusion, comme on peut le constater aux Philippines. A en croire les experts, les typhons et autres phénomènes météorologiques seront de plus en plus violents et fréquents; que se passera-t-il alors? Les pays les plus concernés prendront-ils des mesures plus drastiques, ou baisseront-ils définitivement les bras?

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