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13/04/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Libye: vers le désarmement des milices?

L’évolution dramatique des évènements en Libye est mise à profit par le pouvoir pour tenter de briser la puissance des milices armées.Des indices probants laissaient entendre que Tripoli ainsi que les pays voisins avaient convenu de mettre un peu d’ordre dans le chaos régnant sur ce pays depuis la chute du pouvoir du colonel Gaddafi en octobre 2011.

A l’appel de parties liées au gouvernement, des manifestations d’activistes et de citoyens libyens à Tripoli contre le diktat et le racket des milices armées ont tourné au drame, vendredi 15 novembre 2013, lorsque des milices armées de Misrata ont ouvert le feu sur la foule sans sommation. Provoquant ainsi la riposte d’autres milices rivales et de civils armés.  L’armée libyenne appelée localement force mobile, a tenté de s’interposer mais n’a pu mettre fin aux combats. A l’heure où nous écrivons ces lignes, un bilan provisoire fait état de 35 morts et plus de 310  blessés.

L’armée libyenne défaillante a mobilisé l’ensemble de ses moyens. Une mobilisation générale a même été décrétée. Le gouvernement parle maintenant du désarmement des milices en Libye et le rétablissement de l’autorité de l’état. Deux jours auparavant, le Premier ministre libyen évoquait à mots à peine couverts que la situation sécuritaire en Libye avait atteint un seuil intolérable et qu’il pensait sérieusement à recourir à une aide étrangère pour rétablir l’État en Libye. Des pays voisins comme l’Algérie, l’Italie et la Tunisie poussent Tripoli à agir dans ce sens.

Le désarmement de milices aussi redoutables que celles de la ville côtière de Misrata signifie un risque réel de crise prolongée. D’autres plus ou moins légalistes comme celle des Zentène disposent de plus d’armement que le pouvoir central.

Au nom de la “légitimité révolutionnaire” issue de la guerre de Libye en 2011, les milices se sont arrogé des droits et des fonctions régaliennes. Ils se sont partagés des zones d’influence et de contrôle ainsi que les voies de la contrebande.

Misrata est l’une des milices les plus détestées en Libye pour les actes de cruauté et les nombreux crimes commis par ses membres. Ces derniers sont nerveux depuis que leur chef militaire a été mystérieusement neutralisé par un commando inconnu il y a moins de deux semaines. La milice de Misrata est toujours en guerre avec les villes voisines et surtout avec les tribus  Warflla demeurées plus ou moins fidèles à l’ancien régime. Elle se heurte aussi à Tripoli et à Benghazi. Le risque d’une guerre civile est des plus élevés.

Cependant, c’est la non centralisation des ventes d’hydrocarbures avec l’émergence des fiefs demi-indépendants qui a fait déborder le vase.

L’armée libyenne défaillante a t-elle les capacités à se mesurer aux milices? Assurément non. Il y aura forcément une intervention de tierces parties. Des informations indiquent que la ville de Misrata, érigée de facto en république autonome, est en train de se préparer à la guerre. Plus à l’Est, la province de Cyrénaïque se prépare à une sécession. Des groupes terroristes écument le pays en toute liberté et jamais l’émigration clandestine à partir de la Libye n’a atteint un tel niveau record. La poursuite du règne des milices met en danger l’ensemble des pays voisins et la sécurité de la Méditerranée occidentale. On ne sait pas si Tripoli va se débarrasser des milices. Mais ce qui est certain est que le glas sonne pour Misrata.

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