Souvenez-vous, été 2007, un bathyscaphe russe avec à son bord un scientifique et deux députés dépose un drapeau russe et une capsule par 4 200 m de profondeur, à la verticale du pôle Nord, sur la « Dorsale Lomonossov« . Ce relief sous-marin s’étend sur 1 800 km, entre le Canada et la Russie. Si à l’époque cet évènement avait déclenché des hourras parmi la population mondiale – saluant la conquête du fond marin – le Canada ne l’avait pas entendu de la même oreille. Pour preuve, la déclaration du ministre des affaires étrangères de la Belle Province, Peter MacKay, suite à cet exploit:

« Nous ne sommes plus au 15e siècle. Nous ne pouvons plus voyager à travers le monde, planter des drapeaux et proclamer que ce territoire nous appartient. »

Mais depuis, la situation a changé. La prospection de l’Arctique a confirmé son énorme potentiel gazier et pétrolier. Et quand il s’agit d’énergies fossiles, il n’y a pas de copinage qui tienne. C’est du chacun pour soi. Mais la Russie a une longueur d’avance sur le Canada, elle possède une flotte de brise-glace nucléaires – six en service, dont un, le NS Sevmorput (Севморпуть), est un porte-containers brise-glace – et vient de lancer la construction du plus grand jamais assemblé.

Mais voilà, Ottawa ne compte pas se contenter de ses sables bitumeux qui coûtent chers à exploiter, avec un rendement des plus bas. Ce qu’Ottawa veut, ce sont des forages d’où l’or noir coule à flots, où le gaz est extrait sans difficulté…bref, abandonner les sables bitumeux. Et le gouvernement Harper vient de déposer des données préliminaires concernant les limites extérieures du plateau continental dans l’océan Arctique auprès de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM).

Réaction immédiate de Vladimir Poutine:

« Je demande d’accorder une attention particulière au déploiement d’infrastructures et d’unités militaires dans l’Arctique.

La Russie s’investit de plus en plus dans cette région d’avenir, y revient et doit y disposer de tous les leviers pour assurer sa sécurité et défendre ses intérêts nationaux ».

A-t-il déclaré lors d’une réunion au ministère de la Défense retransmise à la télévision publique.

Le renforcement des infrastructures passe par la remise en service de l’aéroport militaire de Tiksi, en zone polaire au nord de la Iakoutie (Sibérie orientale) et par des travaux sur celui de Severomorsk, sur la mer de Barents dans le nord-ouest de la Russie.

Les ours blancs vont avoir de la compagnie, dans les années à venir…

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