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11/05/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Corée du Nord: une variante d’Hamlet sur fond de tentative de putsh

Pyongyong, capitale de la Corée du Nord.
Pyongyong, capitale de la Corée du Nord.

Entre Hamlet , une purge stalinienne et la suppression des archives comme cela se faisait déjà dans l’antiquité égyptienne. C’est comme cela que l’on pourrait le mieux abodrer l’exécution par la Corée du Nord du général Jang Song-thaek, un des pontes du régime et proche du jeune leader Kim Jong Un par le biais de sa tante biologique, Kim Kyong-Hui. 

Né en 1946, Jang Song-Thaek a occupé plusieurs fonctions supêmes en Corée du Nord avant d’être déposé suite au début d’une purge provoqué par des tentatives initiées par le renseignement Sud-coréen de provoquer une sorte de coup d’Etat interne que les médias transformeront en révolution populaire (version Sud-coréenne). Thaek a été président de la très importante Commission de la culture physique et de l’orientation sportive entre 2012 et 2013 tout en occupant le poste de vice-président de la toute-puissante Commission de la défense nationale de 2010 à 2013.

Jang Song-Taek a été passé par les armes devant un peloton d’exécution vendredi après avoir été condamné à mort pour  haute trahison par une juridiction militaire spéciale.

Voyons un peu les charges officiellement retenues contre lui :

  • Tentative de renversement de l’Etat (à savoir tentative de putsch militaire);
  • Abus de pouvoir et tentative de se créer un Etat dans l’Etat (décryptage, tentative de créer un fief…);
  • avoir entretenu des relations “innapropriées” avec plusieurs femmes (lesquelles?):
  • Usage de narcotiques et dilapidation de deniers publics en devises étrangères dans des casinos lors d’un séjour pour soin à l’étranger.

Aussitôt exécuté, les images de Thaek ont fait l’objet d’une véritable disparition des archives d’Etat et de celle de l’agence officielle Yonhap. Son fils a fait l’objet d’un rappel de l’étranger.

Lors de l’investiture de Kim Jong-Un, les médias occidentaux jubilaient de voir un jeune homme sans aucune expérience devenir l’homme fort de la Corée du Nord. A l’époque, certains analystes proches des think-tanks recevant des fonds de la nébuleuse du renseignement US évoquait la fin du régime Nord-Coréen en moins de trois ans. Or, maintenant il s’avère que les américains ont gravement sous-estimé les capacités du jeune Président Nord-Coréen à gouverner un pays tiraillé entre les factions au pouvoir et au coeur d’un bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine.

Thaek a t-il négocié un Accord secret avec les services de renseignement de la Corée du Sud agissant sur ordre de Washington pour renverser Kim Jong Un et prendre sa place? Où est-ce une tentative du jeune leader d’affaiblir les forces armées et y asseoir son autorité?

Les réactions sud-coréennes permettent d’y voir un peu plus clair même si rien n’est clair dans les affaires opaques de la péninsule coréenne:

Kim Eui-do, ministre de la réunification coréenne a immédiatement déclaré après l’annonce de l’exécution de Thaek que la Corée du Sud est préparée à toutes les possibilités en consultations avec ses alliés les plus proches.

Actuellement Kim Jong Un, chef suprême des forces armées, s’est débarrassé du plus jeune de la vieille garde de son père. Thaek avait 64 ans. Les huit autres Grands du pays ont une moyenne d’âge qui varie de 72 à 84 ans. S’agit-il d’une purge visant à écarter ces derniers des rouages de l’Etat ou d’une autre affaires en corrélation avec les innombrables barbouzeries dont fait l’objet ce pays renfermé sur lui même, y compris sur son plus proche allié et protecteur, la Chine.

Affaire à suivre!

 

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