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14/04/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Guerre en Syrie: l’aviation syrienne repasse à l’offensive générale

Tentant un dernier grand rebond avant une éventuelle Conférence internationale à Genève ou à Montreuil, Les chasseurs-bombardiers de l’armée syrienne ont lancé une campagne de bombardements systématiques des positions rebelles dans la province septentrionale d’Alep ainsi que dans les faubourgs du Chef-lieu, causant d’énormes dégâts aux centres de commandement et de regroupement rebelles ainsi qu’aux infrastructures.

A l’issue de la troisième vague de bombardements aériens, les avions de guerre syriens ont détruit 14 centres de regroupement de la rébellion. Des sources contradictoires évoquent un bilan provisoire variant entre 135 et 270 tués et des centaines de blessés. Une grande proportion des combattants rebelles sont des volontaires étrangers-prébendés.

La Syrie fait face depuis deux semaines à une nouvelle contre-offensive rebelles lancée par l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis d’Amérique, la France, Israël,  le Royaume-Uni et la Turquie dans laquelle 12000 nouveaux combattants en provenance de 70 pays sont venus renforcer les lignes rebelles décimées par l’armée syrienne.

En parallèle, dans un développement inédit, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont émi une série de signaux traduisant leur accord quant à une rencontre, voire un dialogie avec Al-Qaïda en Syrie. La France se serait opposé à un dialogue poussé pour ne pas affaiblir les factions qu’elle soutient au sein de ce que l’on appelle l’armée syrienne libre (ASL). Or, cette organisation a pratiquement cessé d’exister sur le terrain. En réalité, cette initiative occidentale n’est qu’une diversion visant à cacher les liens étroits qu’entretiennent leurs services secrets avec ce que l’on connait sous l’appellation générique d’Al-Qaïda dont Ennosra et ses filiales régionales et locales.

Le Chef suprême d’Ennosra en Syrie est apparu sur les écrans de télévision des chaînes Arabes pro-atlantistes du Golfe arabo-persique. Le regard froid et mort et le visage déterminé, Kalachnikov entre les mains, Abou Mohamed Al-Joulani a éludé presque toutes les questions en se contentant de marteler fermement et calmement que son organisation, la plus puissante en Syrie, n’acceptera aucune autre solution en Syrie après la chute éventuelle de Damas que l’application de la Charia islamique.

Mais l’Etat syrien ne compte pas laisser les bras croisés. Damas a signé une série d’accords avec l’Iran portant sur le renforcement du troc de marchandises entre les deux pays. En même temps, la Russie, très remontée contre le projet de réponse balistique US, a confirmé avoir honoré tous les contrats militaires signés avec Damas. Dont d’importants approvisionnements en munitions fournies gratis par la Chine.

La guerre en Syrie continue. Pour le moment, aucune solution purement militaire ne semble en vue. Cette guerre n’est pas une guerre comme les autres; c’est une guerre-charnière, une petite guerre mondiale où tous les acteurs globaux de la planète s’affrontent par proxy. Le Camp de l’axe formé par Washington-Tel-Aviv et Ryad semble ne rechercher que le chaos. 2014 sera t-il un remake moderne de 1914? En pire? Possible.

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Abou Abdallah Al-Joulani, chef de l’organisation extrémiste Ennosra sur Al-Jazeera. Ce nouveau Benladen est non seulement préféré par  Washington mais un allié objectif. Pardoxe, son sobriquet Al-Joulani fait référence au Golan syrien occupé par Israël, l’un des principaux enjeux de ce conflit.
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