Archives mensuelles : décembre 2014

L’incroyable plan de « paix » US pour la Syrie

Le peuple syrien a gagné deux guerres successives en quatre ans. Pourtant, il ne parvient pas à connaître la paix. Non seulement à Washington, les « faucons libéraux » font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire durer la crise, mais ils ont imaginé un plan pour préparer une troisième guerre. Thierry Meyssan révèle ici la manière dont ils entendent utiliser à leur profit la conférence de paix, prévue à Moscou fin janvier 2015.

Lorsqu’en 2001, le président George W. Bush décida de placer la Syrie dans sa liste de cibles à détruire, il poursuivait trois objectifs :
- briser « l’Axe de la Résistance » et favoriser l’expansion israélienne ;
-

 faire main basse sur les gigantesques réserves de gaz ;
- remodeler le « Moyen-Orient élargi ».

Les projets de guerre échouèrent en 2005 et en 2006, pour finalement prendre la forme du « printemps arabe », en 2011 : une guerre de 4ème génération devait porter les Frères musulmans au pouvoir. Cependant, à l’issue d’une année de manipulations médiatiques, le peuple syrien sortit de sa torpeur et soutint son armée. La France se retira du jeu après la libération de Baba Amr, tandis que les États-Unis et la Russie se partageaient la région à la conférence de Genève 1 (juin 2012). Mais, à la surprise générale, Israël parvint à renverser la table de négociations en s’appuyant sur le nouveau président français, François Hollande, la secrétaire d’État US Hillary Clinton et le directeur de la CIA David Petraeus. Une seconde guerre, de type nicaraguayen cette fois (c’est-à-dire alimentée par la venue continuelle de nouveaux mercenaires) ensanglanta à nouveau la région. Quoi qu’il en soit, cette seconde guerre a également échoué sans pour autant déboucher sur une paix durable. Au contraire, John Kerry modifia deux jours avant le format de la conférence de Genève 2 et tenta de la transformer en une tribune pro-Saoudienne. Dans ce désordre survint la troisième guerre, celle de Daesh : soudain un groupuscule de quelques centaines de jihadistes se transforma en une vaste armée de plus de 200 000 hommes, bien équipés, et se lança à l’assaut de la partie sunnite de l’Irak et du désert syrien.

Il y a plusieurs mois, j’expliquais que le projet de Daesh correspond à la nouvelle carte US du partage du Moyen-Orient, publiée par Robin Wright dans le New York Times, en 2013 [1]. Dans le prolongement des accords Sykes-Picot, l’état-major états-unien envisageait de réduire encore drastiquement la Syrie. Aussi, lorsque les USA —après avoir attendu que Daesh termine en Irak le nettoyage ethnique pour lequel ils l’avaient créé— commencèrent à bombarder les jihadistes, la question se posait de savoir si les zones libérées de Daesh seraient ou non restituées à Bagdad et à Damas.

Alors que les États-Unis ont refusé de coordonner leur action militaire contre Daesh avec la Syrie, et que la Russie prépare une conférence de paix, les « faucons libéraux » de Washington ont fixé de nouveaux objectifs.

Puisque le peuple syrien n’a pas cru à la « révolution » mise en scène par al-Jazeera et consorts, puis qu’il a refusé de soutenir les Contras contre la République, il n’est pas possible de « changer le régime » à court terme. Force est de constater que la nouvelle constitution, bien qu’imparfaite, est à la fois républicaine et démocratique ; et que le président Bachar el-Assad a été réélu par 63 % du corps électoral (88 % des suffrages exprimés !). Aussi, les États-Unis doivent-ils adapter leur discours à la réalité.

Le plan de « paix » des « faucons libéraux » consiste donc à parvenir aux objectifs initiaux en divisant la Syrie en deux : une zone gouvernée par Damas et une autre par les « rebelles modérés » (comprendre : par le Pentagone). À la République : la capitale et la côte méditerranéenne ; au Pentagone : le désert syrien et ses réserves de gaz (c’est-à-dire la zone libérée des incursions de Daesh par les bombardiers du général John Allen). Selon leurs propres documents, les « faucons libéraux » ne laisseraient que 30 % de leur territoire au Peuple syrien !

Le principe est simple : actuellement, la République contrôle toutes les grandes villes, sauf Rakka et une petite partie d’Alep, mais personne ne peut prétendre contrôler un vaste désert, ni le gouvernement, ni les jihadistes. Donc le Pentagone pose que ce qui n’est pas clairement gouverné par Damas revient de droit à ses mercenaires !

Ce n’est pas tout. Puisque les Syriens ont élu Bachar el-Assad, il sera autorisé à rester au pouvoir, mais pas ses conseillers privés. En effet, chacun sait que l’État syrien a réussi à résister à l’agression étrangère parce qu’il comprend une partie secrète, difficile à identifier et donc à éliminer. Cette opacité avait été voulue par le fondateur de la Syrie moderne, le président Hafez el-Assad, pour résister face à Israël. La réforme constitutionnelle de 2012 ne l’a pas fait disparaître, mais en a rendu le président élu responsable devant la Nation. Même si l’on peut déplorer que, par le passé, certaines personnes aient abusé à leur profit de l’opacité de ce système, s’en séparer aujourd’hui reviendrait à renoncer à terme à l’indépendance du pays.

Bien sûr, dira-t-on, les « faucons libéraux » ne peuvent espérer réaliser ce plan dans son ensemble. Mais n’en réaliser que le centième serait rendre inévitable une nouvelle guerre.

C’est pourquoi, la Syrie doit poser comme condition préalable à toute nouvelle conférence de paix qu’il ne sera pas discuté de l’intégrité territoriale du pays.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Ref.:

[1] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, 28 septembre 2013.

Treize années d’occupation, jusqu’à 130 000 hommes déployés, 50 nations présentes, plus de 4 000 morts… Pour rien!

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Le dimanche 28 Décembre, l’OTAN a fait ses adieux à l’Afghanistan. Enfin, ses adieux, pas tout à fait, puisque 12 500 hommes vont rester sur place pour assurer la formation des forces de sécurité afghanes. Mais au-delà de la propagande distillée par les Médias occidentaux, la situation sur place n’a guère évoluée.

Lors du lancement de la guerre en Afghanistan par les USA et leurs alliés (en 2001, suite aux attentats du 11 Septembre), l’objectif était de libérer le pays des Talibans. Si le début du conflit a vu des victoires rapides et nombreuses de la part de l’Occident, la suite a été nettement moins glorieuse; et pour cause, l’Afghanistan fait partie de ces pays où les armées extérieures s’y cassent les dents. Les Talibans eux-mêmes n’ont jamais réussi à conquérir l’ensemble du territoire.

D’ailleurs, un peu plus de treize ans après la “reconquête” l’objectif tant recherché n’a toujours pas été atteint. Même si les Talibans ne gouvernent plus, ils font néanmoins régner un régime de terreur sur l’ensemble du territoire. Pire, la sécurisation tant vantée des principales villes n’est qu’une illusion, comme le montre les récents attentats qui ont marqué ces derniers mois. Pour vous donner un ordre d’idées, l’armée afghane et la police ont perdu plus d’homme durant les dix premiers mois de cette année, que la coalition occidentale depuis le début de la guerre.

Certes, les Talibans ne sont plus tout à fait aussi nombreux qu’avant, mais ils ont su modifier leur tactique, et se sont spécialisés dans la guérilla et la résistance armée – comme bon nombre de groupes armés dans le monde lorsqu’ils sont en lutte contre un ennemi plus nombreux et mieux armé.

Quant aux femmes afghanes, dont le sort – interdiction de fréquenter les écoles et les universités, interdiction de travailler, et port de la burka (voile intégral recouvrant tout le corps) avait ému l’ensemble du monde, si elles ont retrouvé un semblant de liberté, elles ne sont pas aussi indépendantes que les médias main stream veulent bien nous le faire croire. Car si les Talibans ne sont plus à la tête du pays, la peur qu’ils ont instillé et qu’ils entretiennent à coup d’attentats n’est pas prête de disparaître.

La doctrine occidentale peut se résumer à ceci: Je suis venu, j’ai vu, j’ai brouillé les cartes et je suis reparti…

Détente?

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Peut-on, sans crainte du ridicule, vouer aux gémonies une nation toute entière, et dans le même temps se tourner vers cette même nation afin de sauver la sienne? A n’en pas douter, certains philosophes pourraient en écrire tout un chapitre, mais je vais tenter de faire plus court.

L’Ukraine, car il s’agit bien de ce pays, est en proie à une pénurie de charbon. Ce charbon a trois utilités aussi importantes l’une que l’autre:
1- approvisionner les centrales électriques,
2- approvisionner les chauffages urbains,
3- acheter la paix sociale.

Tout est partie d’une loi votée par le parlement de Kiev et qui déclare criminel tout achat de marchandises et/ou de services aux provinces autonomes de Donetsk et Louhansk, petit souci, le charbon utilisé dans les centrales ukrainiennes provient de ces deux régions; donc, impossible d’en acheter. Et l’hiver est là…

Dans un élan de compassion, Moscou vient de proposer aux dirigeants pro-occidental de Kiev de leur vendre la précieuse marchandise. Cette initiative est à mettre au crédit du président russe lui-même. D’après son porte-paroles – Dmitri Peskov – Vladimir Poutine a parlé d’un geste de bonne volonté, ajoutant que la Russie n’exigerait pas de paiement préalable. “Poutine a pris la décision d’entamer les livraisons en raison de l’urgence de la situation (…) et malgré l’absence de pré paiement”

La livraison porte d’ors et déjà sur 500 000T/mois et pourrait doubler en cas d’accord durable. A n’en pas douter les dirigeants ukrainiens vont sauter sur l’occasion – au mois jusqu’au dégel – et lâcheront peut-être un peu de lest. Il est aussi à noter que cette transaction a été officialisée le lendemain d’un échange de prisonniers entre Kiev et les séparatistes de l’Est; 145 militaires ukrainiens ont été échangés contre 222 rebelles, le plus gros échange depuis le début des hostilités.

Lors de la Guerre Froide, deux épisodes ont été qualifiés de “Détente”. Le premier débuta après la crise de Cuba (1963) et prit fin avec les prémices de la guerre d’Afghanistan (1979); le deuxième commença avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev à la tête du Kremlin en 1985 et vit la chute de l’URSS (1991).
Vladimir Poutine serait-il en train d’instaurer une troisième “détente” au sein de cette Guerre Froide 2.0? Mais surtout, l’Occident saura-t-il saisir la balle au bond? Pas certain. Quand à Kiev, je ne me fais aucunes illusions; coincé entre le bloc atlantiste et le peuple (qui pourrait demander des comptes aux dirigeants nouvellement élus en cas de pénurie effective de charbon), Porochenko et ses ministres n’ont pas fini de jouer aux girouettes; d’autant plus qu’il y a quelques semaines de ça, le président ukrainien exprimait sa volonté de posséder la plus grande armée d’Europe – en plus d’intégrer l’OTAN…

Moyen-Orient: un F-16 jordanien abattu par…Daech!

Un avion de combat jordanien de type F-16 AM participant aux raids de la coalition internationale en Syrie contre Daech (acronyme arabe de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant) aurait été abattu et son pilote capturé par des éléments de Daech.

Amman vient de confirmer l’information.

F-16 AM Jordan Air Force

L’appareil survolait la province de Riqqa quand il aurait été abattu par les défenses anti-aérienne du groupe radical. Ce dernier prétend avoir utilisé un missile SAM, sans aucune autre précision.

Le jeune pilote jordanien est parvenu à s’éjecter avant d’atterrir au milieu d’une rivière où il a été capturé par des hommes lourdement armé. Des images de ce pilote sont en train d’être diffusés en ce moment par l’Etat Islamique d’Irak et du Levant. On y voit un homme maltraité au milieu d’hommes cagoulés et armés qui le déclarent “apostat”. Une accusation susceptible d’entraîner une exécution.

Quel type de missiles Daech a t-il utilisé pour abattre l’appareil jordanien de fabrication américaine?

Est-ce un 9K38 Igla de fabrication russe, un FIM 92 Stinger US mais fabriqué en Turquie ou des obus de canon anti-aérien?

L’on sait depuis plus d’une année que les pilotes de l’aviation de guerre syrienne ont adopté des dizaines de manoeuvres souvent spéctaculaires pour éviter d’être abattus par ce qu’il faut bien appeler une défense anti-aérienne rebelle assez conséquente en l’état. Canons anti-aériens bitubes ou quadritubes, missiles SAM portables et même des roquettes ont été utilisés en quantité contre les hélicoptères et les avions de l’armée de l’air syrienne.

Le jour même où le F-16 jordanien a été abattu, des avions syriens ont mené des raids sur Riqqa, tuant au moins une vingtaine de personnes.

Moyen-Orient: Les liens entre Israël et les factions rebelles syriennes de plus en plus probants

De plus en plus d’indices probants démontrent clairement une implication active de l’armée et des différentes branches des services de sécurité du régime israélien aux côtés des factions les plus radicales de la rébellion syrienne, en l’occurrence le Front Ennosra, une émanation d’Al-Qaïda Inc. et de ce que l’on appelle l’Etat Islamique en Irak et au Levant.

Les observateurs de l’UNDOF (The United Nations Disengagement Observer Force) présents sur le plateau du Golan depuis 1974, ont remis au Conseil de sécurité de l’ONU un rapport circonstancié à ce sujet et dans lequel ils affirment que des officiers de l’armée israélienne et des chefs opérationnels de la rébellion syrienne ainsi que de divers groupes terroristes entretiennent des échanges “directs” et “permanents” à la frontière syrienne depuis au moins 18 mois.

Capture d'écran d'une vidéo sur laquelle on voit des soldats israéliens et des blessés du front Ennosra (Front des partisans), l'un des groupes les plus radicaux de la rébellion syrienne. Ces derniers se replient souvent sur la frontière israélienne lorsqu'ils sont en difficulté face à l'armée syrienne.

Capture d’écran d’une vidéo sur laquelle on voit des soldats israéliens et des blessés du front Ennosra (Front des partisans), l’un des groupes les plus radicaux de la rébellion syrienne. Ces derniers se replient souvent sur la frontière israélienne lorsqu’ils sont en difficulté face à l’armée syrienne.

Israël a admis pour sa part à plusieurs reprises que ses forces ont procédé à des évacuations sanitaires de rebelles syriens et étrangers vers des hôpitaux militaires sis à l’intérieur d’Israël.

Un des terroristes de l’Etat Islamique en Irak et au Levant a même reçu la visite de l’inamovible Premier ministre israélien Benyàmin Netanyahu.

Cependant, les israéliens ne se sont pas contenté d’évacuer les blessés des groupes rebelles. A différentes reprises, des rebelles en difficulté avec les unités de l’armée syrienne autour de la ville de Qunaïtra ont reçu un appui feu de la part de l’artillerie israélienne. Le plateau du Golan est survolé par une multitude de drones israéliens et il n’est un secret pour personne que la rébellion radicale bénéficie d’un échange d’information dans ce domaine avec Israël.

Enfin, Tel-Aviv a démenti qu’un de ses drones aurait été abattu par les syriens au dessus de la zone sous contrôle syrien du plateau du Golan. Bien que Damas ait présenté des débris de ce qui pourrait être comme une variante améliorée de l’UAV Machatz (Heron).

Quoi qu’il en soit, l’évidence des liens entre Israël et les groupes radicaux usant d’un couvert religieux islamique est de plus en plus patente. Cette conjonction d’intérêts entre deux extrémismes n’étonne guère.

Un proverbe ibérique ne dit-il pas que “les extrêmes se touchent ou se rejoignent”?

“The Interview”: et si c’était l’inverse?

Le film “The Interview” des réalisateurs  Seth Rogen et Evan Goldberg dont les liens de consulting avec des sections spéciales de deux services de renseignement fort connus ne sont plus à démontrer, est-il un film de fiction ou un film de propagande noire dans la pure tradition hollywoodienne quand il s’agit de vilipender les “méchants” de service désignés?

Le sujet est sérieux et mérite une longue réflexion.

La majorité des séries US abordant des sujets d’actualité internationale bénéficient d’une aide via un labyrinthe d’organismes plus ou moins douteux de la part de certains lobbies et du Pentagone lui-même.

Mais que ce serait-il passé si c’était l’inverse? Et si c’était la Corée du Nord qui aurait réalisé un jeu vidéo ou un film où l’on doit assassiner le président US?

Francis Ford Coppola a du réaliser son film “Apocalypse Now” (1979) sans l’aide du Département de la Défense, en raison du scénario qui ne plaisait forcément pas au Pentagone. Pourtant le scénario du film, inspiré du célèbre roman de Joseph Conrad, “Au coeur des ténèbres“, ne faisait que refléter la perception d’une opinion US désillusionnée par une guerre perdue et dans laquelle l’Amérique a perdu son âme.

Autre registre. Il y a quelques années, le Hezbollah libanais faisait sortir un jeu vidéo dans lequel le joueur se retrouvait dans la peau d’un combattant du Hezbollah faisant face à l’armée israélienne et où il devait à la fin assassiner le Premier ministre israélien. Cela a provoqué un tollé considérable relayé par l’ensemble des médias dominants mais pas seulement. Des officiels israéliens avaient commencé à menacer d’une guerre en bonne et due forme. La presse britannique a même poussé le bouchon jusqu’à qualifier le le jeu d’acte terroriste plus grave que celui du 09 septembre 2011.

Je vous laisse méditer là dessus. En attendant le prochain film de propagande de l’empire.

C’est un gag, non?

Tout commence comme une blague de potaches, deux réalisateurs US décident de redonner une nouvelle vie à la comédie, ce type de film sensé faire rire les foules (grande nouveauté pour moi, j’ai toujours cru que le cinéma US était une vaste farce…). Le scénario (pauvre, normal c’est une comédie) met en scène deux journalistes qui doivent interviewer le leader nord coréen – Kim Jong-un – mais (et là on touche du doigt la trame comique (!) supposée faire tomber de leurs fauteuils les spectateurs à force de rire) ces derniers sont approchés par la CIA afin de tuer ledit leader…

Qu’est-ce que c’est drôle! A mourir de rire… Bon, je ne suis pas certain que le film aurait été aussi tordant pour les nord-américains, si la cible des journalistes était le président US. Mais passons, là n’est pas le propos.

Donc, cette très mauvaise blague devait sortir en salle dans les jours à venir, petit problème, le distributeur du film, Sony, a été victime de pirates informatiques. Pour ceux qui ne sont pas au courant, il faut rappeler que Sony n’en est pas à son premier piratage, loin de là, c’est une habitude, chez eux. Normal me direz-vous, une grande entreprise comme celle-ci attire forcément tous les desperados du Net; certes, mais ne croyez-vous pas que depuis qu’ils se font pirater ils n’auraient pas pu remédier au problème, après tout la maison mère est japonaise et on pourrait croire que la sécurité électronique fait partie des compétences nippones. C’est certainement vrai, mais les actionnaires ne voient pas les choses de la même manière, pour eux, l’argent dépensé pour sécurisé l’entreprise ne va pas dans leurs poches; alors ils prient en espérant qu’il n’y ait pas de gros piratage…

Suite au piratage, Sony a déclaré qu’un scénario du prochain James Bond avait été copié, ce qui laissait supposer que le ou les pirates étaient novices, car tout le monde connait le prochain James Bond: Un espion compétent et bardé de gadgets, deux ravissantes créatures (une gentille et une méchante, qui de toutes façons finiront dans le lit de Bond), un méchant très méchant, des explosions, des armes et une fin héroïque qui voit le gentil gagner et le méchant mourir – tout le contraire de la CIA…

Mais le lendemain, nouveau son de cloche, les hackers en voulaient au film “comique” et menaçaient les salles obscures, qui auraient le courage de diffuser cette parodie, d’attentats dignes du 11 Septembre. Juste ciel! Des terroristes voudraient imposer leurs lois sur le sol des États-Unis! Branle-bas de combat au Pentagone, tout ceci devient une affaire d’État, et le FBI est chargé d’enquêter – ce qui me surprend, pour une fois que la NSA aurait pu servir à quelque chose…

Après des recherches approfondies, les agents spéciaux déclarent que les pirates sont d’origine nord-coréenne! Quel scoop! Pourtant le nom que se sont donnés les hackers – “Guardians of Peace” (Gardiens de la paix) – pourraient faire penser qu’ils sont nord-américains, mais il n’en est rien, le FBI dit qu’ils sont nord-coréens et vous êtes tenus de le croire sur parole.

Sony décide quelques heures plus tard de ne pas diffuser le film, aussi bien dans les salles de cinéma que sur le Net et se contente de se lamenter sur le manque à gagner (42 millions de dollars pour la réalisation plus les bandes annonces). L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais on ne menace pas impunément une entreprise sur le sol des USA. Chacun y est donc allé de son petit mot. Pour le sénateur John McCain cette attaque informatique est un “acte de guerre” (s’il vous plait, ne riez pas, le zigoto de l’Arizona va présider en janvier la très puissante commission des forces armées du Sénat); pour le directeur du FBI, l’attaque contre Sony n’est “pas un comportement acceptable pour un Etat”; et pour le dirigeant suprême des États-Unis – Barack Obama – il n’y a pas de doutes possibles, la Corée du Nord est seule responsable, aucun autre pays n’a agit avec Pyongyang.

Ils (les hackers nord-coréens) ont provoqué beaucoup de dégâts et nous répondrons. Nous répondrons de manière proportionnée et nous répondrons à un moment, à un endroit et d’une manière que nous choisirons…

Laissez-moi deviner… Lors d’une interview de Kim Jong-un? Avec deux journalistes made in USA? La fiction devient réalité…
C’est quand même étonnant cette manie des USA de désigner un coupable le plus rapidement possible. Personnellement, à la vue des faits et des preuves; le scenario du film, le nom des hackers; j’aurai plutôt pensé que l’attaque venait d’Afghanistan, et plus spécifiquement des sympathisants du commandant Massoud. En plus, je suppose que les nord-coréens ne sont pas forcément plus doués que les afghans (et vice-versa) pour tout ce qui touche au piratage à grande échelle… Et même si c’était le cas, à leur place je choisirai autre chose comme cible de mes attaques, le FBI la CIA ou la NSA, par exemple.

Connaissez-vous l’ “Unanimous Consent”?

Non?
Et pourtant, vous devriez vous en inquiéter, puisqu’elle peut permettre le lancement d’une guerre à l’échelle mondiale à la vue de tous, et sans recours possibles… Ceci étant dit, elle n’est que rarement utilisée, puisque les conditions de sa mise aux votes sont assez hasardeuses; en effet, pour que le “Consentement Unanime” soit voté, il faut qu’un représentant en fasse la demande (exemple: “Je soumets au consentement unanime une motion concernant une loi ayant le potentiel de ramener la Russie à l’âge de pierre”) et qu’aucun des autres membres de cette Chambre ne dise: “I object!” (auquel cas la motion est enterrée, définitivement); ce qui, dans la réalité, est assez difficile à mettre en œuvre, vous en conviendrez, surtout au pays des Lobbies tout puissants… Et pourtant, cette semaine, elle est à l’origine du nouveau paquet de sanctions US envers la Russie.

Le Congrès des États-Unis est composé de deux chambres: le Sénat, et la Chambre des représentants. Cette dernière est elle-même composée de 435 membres; je vous ferai grâce des nombres de sièges attribués à chaque partie, cela n’a pas une grande importance ici.
Ce qui nous intéresse c’est passé le 11 décembre dernier, ce jour-là les 425 représentants présents devaient voter le budget alloué à l’administration – 1 100 milliards de $. Une fois le vote entériné, les représentants se sont dispersés, même si la séance n’était pas encore levée. Et voilà que trois petits malins en profite pour retourner dans l’hémicycle déserté; l’un d’eux soumet au vote unanime un projet de loi concernant de nouvelles sanctions envers Moscou. Les deux autres politiciens ne sont pas allés jusqu’à dire “I object”, il se sont contentés de parler de la pluie et du beau temps juste histoire de rendre le débat plus “crédible”. Vu qu’aucunes objections n’avaient été formulées, la Chambre des représentants a adopté le projet de loi à l’unanimité… de trois représentants!

Quand je vous disais que certains sont prêts à tout pour faire tomber Moscou…

Damer le pion

Nombreux sont celles et ceux qui comparent la géopolitique à un jeu d’échec. Pour ma part, je préfère la voir comme une partie de dames. les pions ont tous la même valeur, les mêmes déplacements, le même potentiel; ce qui compte, c’est la rapidité du jeu.

Il en va de même, pour moi, des différents états qui tentent de laisser leur empreinte sur le monde. A la base leur potentiel est quasi identique, leurs déplacements relativement libres, il n’y a guère que la rapidité d’exécution qui change, ainsi que les tactiques employées.

Là où les Etats-Unis et leurs alliés planchent sur des projets qui seront réutilisés par la suite, en cas d’atteinte des objectifs (les exemples sont nombreux, des putschs militaires des années 70 aux “Printemps Arabes” de 2011), on a plus une impression de fuite en avant de la part de certains pays; mais il n’en est rien.

Par exemple, Moscou semble être dans une crise considérée comme très grave (par ceux qui l’ont déclanchée), et cela est vrai, la Russie traverse en ce moment une très mauvaise passe économique, mais c’est ce que recherchait les occidentaux. Car il n’est pas nécessaire d’avoir fait de grandes études pour savoir que la chute des cours du pétrole associée aux sanctions qui ont été votées (et qui continuent à l’être) peuvent faire tomber l’économie russe. Ce qui ne serait pas une nouveauté, l’économie étant une des principales cause de la chute de l’URSS. Et si vous pensez que les USA, les pétromonarchies du Golfe, et l’Union Européenne ne seraient pas assez fous pour risquer un effondrement des économies mondiales (digne de 1929) afin de faire tomber Moscou et tousser Pékin; vous vous méprenez totalement; quand il s’agit de pouvoir et d’égémonie, tous les coups sont permis, y compris jouer à la roulette russe avec un automatique…
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un suicide programmé, celui de l’Europe; car mis à part la conquète armée de la Russie afin de pouvoir annexer les gisements de gaz sibériens, l’avenir énergétique des membres de l’UE s’annonce sombre, voire glacial, surtout pour les états énergivores comme l’Allemagne qui aurait gros à perdre, surtout dans l’industrie. Mais ne vous y trompez pas, la France n’est pas tirée d’affaire, le gaz algérien et norvégien qu’elle importe est en passe de se tarir…

Pour en revenir au jeu de dames, une des techniques la plus efficace est celle qui consiste à faire avancer ses pions de façon ératique, sur tous les fronts; cela laisse supposer qu’il y aura des pertes, mais il suffit de damer un seul pion pour que le jeu bascule – au delà, c’est de la gourmandise… Et cette façon de faire ressemble trait pour trait à la politique internationale de la Chine.

Si l’on regarde d’un peu plus près les agissements de Washington et de ses alliés dans le monde, on s’aperçoit assez rapidement que toutes les guerres, insurections, destabilisations qu’ils ont déclanchés ne font que suivre l’avancée inexorable des pions chinois. Pékin s’installe en Afrique? Qu’à cela ne tienne, des extrémistes destabilisent les pays limitrophent; la Chine commerce avec l’Amérique du Sud? Le ban et l’arrière ban des spéculateurs sont ressortis des placards afin de mettre à genoux ceux qui ont eu l’outrecuidance d’inviter l’Empire du Milieu sur le continent américain.

Sauf que l’occident a juste oublié une chose, ce qu’il fait ne sert à rien, malgré les risques, Pékin n’a pas quitté l’Afrique et n’a pas l’intention de rompre ses contrats aves les pays d’Amérique Latine…

Mais voici que la Chine vient de damer un nouveau pion, juste après le rapprochement – plus que douteux – des USA et de Cuba, et pas n’importe où, en plus. En Europe! Et plus particulièrement en Serbie!
Hier, le premier ministre chinois – Li Keqiang – a rencontré son homologue serbe (Aleksandar Vucic); après les entretiens, Li et Vucic ont assisté à la signature d’un certain nombre d’accords de coopération dans les domaines de la coopération économique et technique, de l’énergie, de la finance, de l’aviation et de la culture.

Va-t-on assister, prochainement, à un “hiver serbe”?

Balancements…

Au moment où la chef de la diplomatie européenne exhortait (excusez du peu) le président russe Vladimir Poutine à changer de politique (à s’amender et ramper à genoux jusqu’à Canossa) tout en évoquant très hypocritement les “inquiétudes” de Bruxelles quand à l’effondrement de la monnaie russe, Fidel Castro à Cuba jubilait!

On peut reprocher beaucoup de choses à Fidel Castro. Tout et n’importe quoi. Mais un fait demeure: l’homme est toujours resté égal à lui-même et par dessus tout fidèle à ses principes. Il a vécu assez longtemps pour être le témoin de l’échec d’une politique américaine fondée sur les blocus et l’isolement.

De la Baie des Cochons en 1961 à l’échange de prisonniers avec les Etats-Unis en 2014, Castro aura tout vu. Pour lui, le fléchissement de Washington est une victoire absolue et son frère Raul, n’a pas manqué de le marteler.

Le monde n’est pas un endroit sûr et russes et chinois mettent en garde La Havane contre une variante d’un cheval de troie à deux faces. Pour l’instant, les populations cubaines attendent la levée du plus long blocus de l’histoire moderne. Pékin s’est félicité de la reprise des relations diplomatiques entre La Havane et Washington. Mais regarde de très près ses investissements sur l’île.

En Asie du Nord-Est, le 55ème bataillon de cyberguerre de l’armée nord-coréenne aurait eu, paraît-il (et l’information est de source US), un intérêt particulier pour la multinationale Sony. Ce bataillon n’est pas le seul puisque des hackers chinois et européens se sont mis de la partie en piratant Sony en long et en large. La Corée du Nord dément toute implication dans ces mises à nu. Et surtout aucun lien avec le film de Sony, intitulé “L’interview” mettant en scène une opération visant l’assassinat du leader nord-coréen. D’ailleurs la sortie de ce film est annulée. Car les hackers ont pu avoir la main sur des informations très compromettantes sur Sony et tout ce qui gravite autour…

Que conclure de tout cela? Pas grand chose. La guerre économique très féroce menée contre Moscou et Téhéran risque d’avoir des conséquences assez surprenantes. Moscou est connu pour reculer sur de vastes espaces, incendier sa capitale et rebondir ensuite…Pour ne jamais s’arrêter. Les Allemands en savent un bout.

Cuba au coeur d’une lutte d’influence ouverte entre Washington et Pékin

Il a fallu un peu plus de cinq décennies et surtout la véritable OPA chinoise sur Cuba pour que Washington revoie l’embargo anachronique qu’il fait subir à l’île depuis 1961.

Que l’on s’y trompe pas. Ce changement de stratégie qu’Obama initie, sur fond d’échange de prisonniers via une formidable médiation du pape François (un Sud-Américain), changement que le Mercosur qualifie déjà de rectification d’une bizzarerie  historique, vise à stopper l’influence ou plutôt l’offensive économique de la Chine dans les Caraïbes, sur les côtes d’une île à 160 kilomètres de la Floride…

Le puissant lobby cubain dont les réseaux sont bien connectés à l’Etat profond aux Etats-Unis va en vouloir à Obama pour un certain temps. Le temps de voir la suite de cette “normalisation” aux visées stratégiques. Assistera t-on à un scénario semblable à celui de la dague turque?

Ceci dit, bien des américains et ils sont très nombreux-seront très contents de pouvoir se rendre à Cuba et se soigner à moindres frais. Cette île et son peuple ont trop souffert d’un des plus longs blocus de l’histoire comtemporaine. En attendant, certains médias dominants en Europe, vivant dans un autre temps, continuent de parler d’un pays qui va accéder à la “liberté”! Bon on a déjà mangé de ce pain sec!

The Prosecution of Zionist Torturers

Top U.N. officials have recently said that “All senior U.S. officials and CIA agents who authorized or carried out torture like waterboarding as part of former President George W. Bush’s national security policy must be prosecuted.”

Wouldn’t it be nice to see people like Dick Cheney, George W. Bush, Condoleezza Rice, Donald Rumsfeld, Colin Powell, among others, in the court room?

Wouldn’t it be entertaining to hear their defense as to why they water-boarded “suspected terrorists”—a practice that was unknown to the American psyche prior to the Neo-Bolsheviks taking over the U.S. foreign policy?[1] Didn’t we execute Japanese war criminals for water-boarding American POWs?[2]

Even John McCain, the “founding father of ISIS,” as Gordon Duff rightly put it last month, declared explicitly,

“The Japanese were tried and convicted and hung for war crimes committed against American POWs. Among those charges for which they were convicted was waterboarding.”[3]

The Zionist puppet moved on to say, “I know from personal experience that torture doesn’t work.”

If we executed the Japanese who water-boarded American POWs, what is the fate of those who practiced the same thing during the Bush administration? And what if those Neo-Bolsheviks—both members of the Dreadful Few and some Goyim—turn out be guilty of committing what Seumas Milne of the Guardian has called “torture orgy”[4]?

That would be really fun to watch because prior to the invasion in Iraq, Bush was postulating that Saddam was torturing his own people. As Andrew Napolitano has pointed out, while Bush was trying to shape public opinion with lies like this, he was setting up his own torture chambers, buying his time to electrify so-called terrorist.

We know that there are some damning things about the recent torture report and the Dreadful Few and their puppets do not want the average American to know.  And we know that even prior to the report, the CIA destroyed at least 92 videotapes documenting water-boarding.[5]

If water-boarding was not torture, as Cheney keeps mouthing, why would the CIA go to great length to destroy evidence? And how about torturing people who had absolutely and positively nothing to do with terrorist organizations? You remember Khaled el Marsi?

The C.I.A. kept him for months after realizing that he was the wrong man, and then dumped him by the side of the road. When he got home, he found that his wife had moved away. Apart from the ethical issues, the incident created diplomatic difficulties with Germany.”[6]

Here are at least sixteen of the terrible things that most Americans do not know about torture:

  1. Torture did not lead the CIA to the courier who ultimately helped capture Osama bin Laden.
  2. CIA personnel objected to torture techniques, but were “instructed” by the CIA headquarters to continue.
  3. Colin Powell was not briefed on CIA interrogation methods because he would “blow his stack”.
  4. The CIA used rectal feeding on detainees.
  5. CIA leadership refused to punish an officer who killed a detainee during torture session.
  6. The CIA tortured innocent people.
  7. The CIA held an “intellectually challenged man” to use as leverage against his family.
  8. The CIA intentionally mislead the media to “shape public opinion.”
  9. CIA officers threatened to kill and rape detainees’ mothers.
  10. The CIA dismissed information that wasn’t obtained through torture, even though it proved to be true.
  11. CIA torture techniques included mock burials and use of insects.
  12. Some interrogators had previously admitted to sexual assault.
  13. One interrogator played Russian roulette.
  14. The CIA tortured its own informants by accident.
  15. The CIA tortured detainees in a dungeon.
  16. The CIA spent hundreds of millions of [taxpayer] dollars on the torture program.

So, let us ask some basic questions. What did we get from torturing at least 100 people “in U.S. detention?”[7] Nothing.  In fact, the Senate Intelligence Committee admitted that the torture program was unnecessary.[8]

Yet even President Obama, despite his Zionist leanings and despite the fact that he is withholdings “hundreds, perhaps even thousands of photographs showing the U.S. government’s brutal treatment of detainees,”[9] admitted that “some of the actions that were taken were contrary to our values.”[10]

And where did the CIA learn their techniques? Well, take it from the Jerusalem Post:

“On November 26, 2001, soon after the September 11 attacks on the US, the CIA general counsel wrote that ‘the Israeli example’ could serve as ‘a possible basis for arguing… regarding terrorist detainees that ‘torture was necessary to prevent imminent, significant, physical harm to persons, where there is no other available means to prevent the harm.’”[11]

If you think that the CIA officials were kidding, keep in mind that this is not new at all. As the noted British journalist Robert Fisk meticulously pointed out a few years ago, “Abu Ghraib torture trail leads to Israel.” Fisk wrote then:

“The actual interrogators accused of encouraging U.S. troops to abuse Iraqi prisoners at Abu Ghraib jail were working for at least one company with extensive military and commercial contacts with Israel.

“The head of an American company whose personnel are implicated in the Iraqi tortures, it now turns out, attended an ‘anti-terror’ training camp in Israel and, earlier this year, was presented with an award by Shaul Mofaz, the right-wing Israeli defense minister.

“According to J.P. London’s company, CACI International, the visit of London — sponsored by an Israeli lobby group and including U.S. congressmen and other defense contractors — was “to promote opportunities for strategic partnerships and joint ventures between U.S. and Israeli defense and homeland security agencies.

“The Pentagon and the occupation powers in Iraq insist that only U.S. citizens have been allowed to question prisoners in Abu Ghraib but this takes no account of Americans who may also hold double citizenship.

“The once secret torture report by U.S. Gen. Antonio Taguba refers to “third country nationals” involved in the mistreatment of prisoners in Iraq.

“Taguba mentions Steven Staphanovic and John Israel as involved in the abuses at Abu Ghraib. Staphanovic, who worked for CACI — known to the U.S. military as ‘Khaki’ — was said by Taguba to have ‘allowed and/or instructed MPs (military police), who were not trained in interrogation techniques, to facilitate interrogations by ‘setting conditions’ … he clearly knew his instructions equated to physical abuse.’

“One of Staphanovic’s co-workers, Joe Ryan — who was not named in the Taguba report — now says he underwent an ‘Israeli interrogation course’ before going to Iraq.

“We know the Pentagon asked Israel for its ‘rules of engagement’ in the occupied West Bank and Gaza. Israeli officers have briefed their U.S. opposite numbers and, according to The Associated Press, ‘in January and February of 2003, Israeli and American troops trained together in southern Israel’s Negev desert …

“Israel has also hosted senior law enforcement officials from the United States for a seminar on counter-terrorism.’”[12]

Fisk concluded the article by saying that

“it is clear the torture trail at Abu Ghraib has to run much further than a group of brutal U.S. military cops, all of whom claim ‘intelligence officers’ told them to ‘soften up’ their prisoners for questioning. Were they Israeli? Or South African? Or British? Are we going to let the story go?”[13]

Now here is the thing—and you may want to hold on to something: the Zionist regime is now telling us that torture never worked, despite the fact that Zionist films such as Zero Dark Thirty literally sanitized torture in 2012.[14]

Think about that for a moment. If torture never worked, why did we spend billions of dollars at Guantanamo, at Abu Ghraib, and other slaughter houses? Why did a U.S. officer end up “fucking a kid” and committing literal sodomy at Abu Ghraib?

And here is the vital contradiction: you remember how the Zionist empire initiated the NSA and how they wanted to know everything about you and your family—including your grandmother’s underwear? And you remember how the neoconservative Looney Tunes defended the NSA program, despite the fact that it was against the U.S. Constitution?

Now the Zionist kingdom is furious because they do not want the public to know about the torture reports. The report explicitly declared that waterboarding

“was physically harmful, inducing convulsions and vomiting. During one session, Abu Zubaydah—’a Saudi Arabian who is still being held at Guantánamo Bay—”became ‘completely unresponsive with bubbles rising through his open, full mouth.’ Internal CIA records describe the waterboarding of Khalid Shaykh Mohammad as evolving into a ‘series of near drownings.’

“In addition to waterboarding, the report says, the C.I.A. used a variety of aggressive techniques on its prisoners, including isolating them, depriving them of sleep, stripping them of their clothes and keeping them naked, subjecting them to loud music, and pinning their arms above their heads.

“The report also says that the C.I.A. “placed detainees in ice water ‘baths.’ The CIA led several detainees to believe they would never be allowed to leave CIA custody alive, suggesting to one detainee that he would only leave in a coffin-shaped box.

“One interrogator told another detainee that he would never go to court, because, ‘we can never let the world know what I have done to you.’ CIA officers also threatened at least three detainees with harm to their families.

“According to the report, one prisoner, Ridha al-Najjar, identified as a former bodyguard for Osama bin Laden, was ‘left hanging—which involved handcuffing one or both wrists to an overhead bar which would not allow him to lower his arms—for 22 hours each day for two consecutive days, in order to ‘break’ his resistance.’”[15]

Fire-breathing dragon Dick Cheney continues to declare that there was no such thing as torture at all. None whatsoever!  In fact, Cheney said, “I’m perfectly comfortable that they [torturers] should be praised, they should be decorated.” The torture report, Cheney continued, is “full of crap.”

According to this Zionist dragon, he  “would do it again [torturing people] in a minute”!

In a similar vein, Thomas Sowell continues to insult reason and facts when he keeps using just stupid arguments to marshal the idea that one has to succumb to the Jewish way of torturing people in order to get so-called information.  Listen to Sowell here:

“If you knew that there was a hidden nuclear time bomb planted somewhere in New York City — set to go off today — and you had a captured terrorist who knew where and when, would you not do anything whatever to make him tell you where and when?

“Would you pause to look up the definition of ‘torture’? Would you even care what the definition of ‘torture’ was, when the alternative was seeing millions of innocent people murdered?”[16]

Why does Sowell have to stop there? Does he mean to tell us that George Washington did not have enough legitimate reasons to torture his enemies? Didn’t he uphold the moral law on that issue? And if Sowell is implicitly trying to make a case for torture here, why did we have to hang some Japanese after World War II for waterboarding Americans? Can Sowell be serious here?

 As we have already seen, the C.I.A. gained no serious information from torturing “terrorists.” Sowell indeed has the intellectual and political sophistication to analyze this, but since he has been bamboozled by the neoconservative agenda for much of his entire academic career, he simply has no other choice but to support his neocon brethren. After all, he writes for “Jewish World Review.”

While Cheney is mouthing nonsense, the man who crafted the legal rational for the torture program, John Yoo, admitted that the C.I.A. went too far. He said,

“If these things happened as they’re described in the report … they were not supposed to be done. And the people who did those are at risk legally because they were acting outside their orders.”

Let it be known that Yoo is moving to this new position because it seems that his own craftiness is getting him into trouble, not because he did not know what he was doing. A man of his statue cannot be that stupid.

The simple fact is that torture, as Sam Husseini rightly says, provided some political leverage and stupid justification for the war in Iraq:

“The truth is that torture did work, but not the way its defenders claim. It worked to produce justifications for policies the establishment wanted, like the Iraq war.”

Paul Craig Roberts declares almost the same thing:

“One purpose of the torture program was to produce self-incriminated ‘terrorists’ to justify and feed the hoax ‘war on terror.’ The ‘war on terror’ was public cover for secret agendas that the American people would have rejected. This is disturbing enough.

“Even more disturbing, the torture program shows that no one in the US and European governments who knew of the program and participated in torture has an ounce of humanity, integrity, compassion, and morality. They are evil people, and the ones who inflicted the torture enjoyed the pain and suffering that they inflicted on others.”

Both Husseini and Roberts are quite right, for we know that the

The CIA tortured al-Qaeda suspects because it wanted evidence that Saddam Hussein was linked to 9/11 in order to justify the invasion of Iraq in 2003.

“The agency was under intense pressure from the White House and senior figures in the Bush administration to extract confessions confirming co-operation between the Iraqi leader and al-Qaeda, although no significant evidence was ever found.”[17]

Noted journalist Patrick Cockburn points out that torture “probably killed more Americans than 9/11.” How?

“‘The reason why foreign fighters joined al-Qa’ida in Iraq was overwhelmingly because of abuses at Guantanamo and Abu Ghraib and not Islamic ideology,’ says Major Matthew Alexander, who personally conducted 300 interrogations of prisoners in Iraq.

“It was the team led by Major Alexander [a named assumed for security reasons] that obtained the information that led to the US military being able to locate Abu Musab al-Zarqawi, the head of al-Qa’ida in Iraq.

“Zarqawi was then killed by bombs dropped by two US aircraft on the farm where he was hiding outside Baghdad on 7 June 2006. Major Alexander said that he learnt where Zarqawi was during a six-hour interrogation of a prisoner with whom he established relations of trust.

“In his compelling book How to Break a Terrorist, Major Alexander explains that prisoners subjected to abuse usually clam up, say nothing, or provide misleading information.

“In an interview he was particularly dismissive of the ‘ticking bomb’ argument often used in the justification of torture. This supposes that there is a bomb timed to explode on a bus or in the street which will kill many civilians.

“The authorities hold a prisoner who knows where the bomb is. Should they not torture him to find out in time where the bomb is before it explodes?

“Major Alexander says he faced the ‘ticking time bomb’ every day in Iraq because ‘we held people who knew about future suicide bombings.’ Leaving aside the moral arguments, he says torture simply does not work. ‘It hardens their resolve. They shut up.’

“He points out that the FBI uses normal methods of interrogation to build up trust even when they are investigating a kidnapping and time is of the essence. He would do the same, he says, ‘even if my mother was on a bus’ with a hypothetical ticking bomb on board. It is quite untrue to imagine that torture is the fastest way of obtaining information, he says.

“A career officer, Major Alexander spent 14 years in the US air force, beginning by flying helicopters for special operations. He saw combat in Bosnia and Kosovo, was an air force counter-intelligence agent and criminal interrogator, and was stationed in Saudi Arabia, with an anti-terrorist role, during the US invasion of Iraq in 2003. Some years later, the US army was short of interrogators. He wanted to help shape developments in Iraq and volunteered.

“Arriving in Iraq in early 2006 he found that the team he was working with were mostly dedicated, but young, men between 18 and 24. ‘Many of them had never been out of the States before,’ he recalls. ‘When they sat down to interrogate somebody it was often the first time they had met a Muslim.’

“In addition to these inexperienced officers, Major Alexander says there was ‘an old guard’ of interrogators using the methods employed at Guantanamo. He could not say exactly what they had been doing for legal reasons, though in the rest of the interview he left little doubt that prisoners were being tortured and abused. The ‘old guard’s’ methods, he says, were based on instilling ‘fear and control’ in a prisoner.

“He refused to take part in torture and abuse, and forbade the team he commanded to use such methods. Instead, he says, he used normal US police interrogation techniques which are ‘based on relationship building and a degree of deception.’ He adds that the deception was often of a simple kind such as saying untruthfully that another prisoner has already told all.

“Before he started interrogating insurgent prisoners in Iraq, he had been told that they were highly ideological and committed to establishing an Islamic caliphate in Iraq, Major Alexander says.

“In the course of the hundreds of interrogations carried out by himself, as well as more than 1,000 that he supervised, he found that the motives of both foreign fighters joining al-Qa’ida in Iraq and Iraqi-born members were very different from the official stereotype.”[18]

I must take my hat off and salute Major Alexander for his decent work. You see, in the American psyche, torture is still a wicked thing. But since the Dreadful Few exert an enormously powerful influence in the media, some Americans, with the help of Goyim such as Cheney, began to believe that torture is the way to go.


 What, then, should be done? Simple: prosecute the torturers. Show them we mean business. If Peter Beinart is right, that “torture is who we [Americans] are,”[19] then there is a way we can turn things around: uphold the rule of law by prosecuting the Zionist torturers.  Bush should not be going around and doing interviews at this present moment; he should be in the court room with his tailor-made uniform.

We lied about torture,[20] we lied about Iraq, we lied about Guantanamo, we lied about Syria, we lied about Afghanistan, we lied about Libya, we lied virtually about anything serious.

America has progressively become a nation of lies precisely because we have been following the Dreadful Few for quite awhile. Christ had some damning things to say about those liars and the lies they continue to produce:

Ye are of your father the devil, and the lusts of your father ye will do. He was a murderer from the beginning, and abode not in the truth, because there is no truth in him. When he speaketh a lie, he speaketh of his own: for he is a liar, and the father of it” (John 8:44).

Jonas E. Alexis

Source: Veteranstoday


[1] See for example David Hackett Fischer, Washington’s Crossing (New York: Oxford University Press, 2006).

[2] See for example Jonathan Stein, “Yes, We Did Execute Japanese Soldiers for Waterboarding American POWs,” Mother Jones, April 27, 2009; Nick Turse, “The Hidden History of Waterboarding,” Mother Jones, February 23, 2013; Paul Begala, “Yes, National Review, We Did Execute Japanese for Waterboarding,” Huffington Post, May 25, 2009.

[3] Quoted in Jonathan Stein, “Yes, We Did Execute Japanese Soldiers for Waterboarding American POWs,” Mother Jones, April 27, 2009.

[4] Seumas Milne, “Sending troops to protect dictators threatens all of us,” Guardian, December 10, 2014.

[5] Amy Davidson, “The Torture’s Report: Inhumane Scenes from the C.I.A.’s Prisons,” New Yorker, December 9, 2014.

[6] Ibid.

[7] Seumas Milne, “Sending Troops to Protect Dictators Threaten All of Us,” Guardian, December 10, 2014.

[8] Taylor Wofford, “What CIA Torturers Did to Their Captives,” Newsweek, December 9, 2014.

[9] Noah Schachtman, “The Detainee Abuse Photos Obama Didn’t Want You To See,” Daily Beast, December 14, 2014.

[10] Quoted in Kathy Gilsinan, “America Trades Torture for Drones,” Atlantic, December 9, 2014.

[11] Yonah Jeremy Bob, “US Senate Report: CIA Used Israeli Courts as Precedent to Justify Torture,” Jerusalem Post, December 10, 2014.

[12] Robert Fisk, “Abu Ghraib Torture Trail Leads to Israel,” The Independent, May 26, 2004.

[13] Ibid.

[14] See Peter Van Buren, “How Zero Dark Thirty Sanitizes Torture,” Mother Jones, January 2, 2013; Kevin Drum, “Lying About Torture, Hollywood Style,” Mother Jones, December 10, 2012.

[15] John Cassidy, “America’s Shame: What’s in the Senate Torture Report?,” New Yorker, December 9, 2014.

[16] Thomas Sowell, “Tortured Reasoning,” Jewish World Review, December 16, 2014.

[17] Patrick Cockburn, “CIA ‘torture report’: Agency conduct was driven by pressure to link Iraq to al-Qaeda following 9/11,” The Independent, December 14, 2014.

[18] Patrick Cocburn, “Torture? It Probably Killed More Americans Than 9/11,” Counter Punch, April 7, 2009.

[19] Peter Beinart, “Torture is Who We Are,” Atlantic, December 11, 2014.

[20] Kevin Drum, “Senate Report: We Tortured Prisoners, It Didn’t Work, and We Lied About It,” Mother Jones, December 9, 2014.

L’Opep ne régule plus rien, Daech vend du brut à moins de 40 USD le baril et les frappes aériennes se sont arrêtées…Chronique d’un monde en perdition!

Il semble que l’OPEP ne soit plus désormais en mesure d’agir sur les mécanismes fixant les prix du brut et que c’est le marché basé sur l’offre et la demande qui déterminera les prix. Ceci pour le côté cour. Côté jardin, Ryad joue à un jeu de saut à l’élastique à trois temps que très peu d’experts pétroliers seraient en mesure de rationnaliser.

Côté marché, c’est Daech (acronyme Arabe de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant) qui se met à vendre du brut à moins de 40 dollars US le baril, voire à 37.8 USD le baril cette semaine. Du coup, les frappes aériennes de la coalition dirigée par Washington se sont pratiquement arrêtées et les médias mainstream n’évoquent plus les méchants “Djihadistes” de Daech ni même plus ce dernier.

Belle aubaine pour de nombreux pays. A commencer par la Turquie. La seule mauvaise nouvelle est que l’armée syrienne, de facto et à posteriori la seule force sur le terrain qui combat réellement Daech et consorts, à dernièrement une fâcheuse tendance à avancer très vite dans la province d’Alep. Mais pour les ennemis de Damas, celui-ci  ne paie rien pour attendre et on lui prépare une nouvelle armée dans  l’ombre sous des vocables assez étranges comme “financements internationaux de la rébellion modérée”…un drôle de programme en perspective.

Donc il a suffi pour qu’une organisation comme Daech se mette à vendre du pétrole au rabais pour qu’elle redevienne un élément à prendre en compte dans la stratégie d’endiguement actif  visant des pays comme la Chine, l’Iran et la Russie.

La chute des prix du brut sur les marchés internationaux continuent. Au détriment de certains pays producteurs. Mais il est clair qu’il existe une très grande différence d’encaissement entre un pays comme l’Arabie Saoudite et un autre comme le Venezuela dont la descente aux enfers est bien entamée.

La guerre civile et l’anarchie totale en Libye aidant, puisque les combats de rapprochent du croissant pétrolier (Golfe de Syrte), le prix du brut n’est pas prêt à rebondir. Les grosses multinationales US se sont retirés d’Irak et elles ne ressentent plus le besoin de gonfler les prix. Avec ou sans gaz de schiste, une crise pétrolière inversée visant les pays producteurs et des pays donc l’économie surchauffée est fortement dépendante de cette ressource est bel et bien enclenchée.

Certains pays évoquent la fin de l’ère pétrolière. Ceci est pratiquement le cas pour certains pays comme l’Algérie où les gisements sont en fin de vie. La Libye en dispose encore mais les gisements font l’objet d’une véritable guerre tandis que la Chine et la Russie tablent non sans moult difficultés sur le gaz naturel. Reste l’Arabie Saoudite. Cette OPEP dans l’OPEP et dont l’influence sur les prix n’est plus à démontrer.

Décidément…! Une fois n’est pas coutume, je vous recommande de revoir le film “Le Bon, La Brute et le Truand” (réalisé par Sergio Leone en 1966 avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach) pour tenter de cerner un tant soit peu ce qui ce qui ce passe dans le monde actuellement…

Entre plan de paix et menace de guerre nucléaire ou l’imbroglio universel

D’après des informations non confirmées, le président syrien Bashar Al-Assad serait sur le point d’effectuer un déplacement officiel à l’étranger et ce, pour la première fois depuis le début de la guerre au Levant. Destination: Téhéran ou Moscou. Rumeur ou pas, cette information s’inscrit dans la contre-offensive diplomatique des deux alliés de Damas puisque la Russie prépare un plan de sortie de crise que des observateurs avertis ont qualifié de complet. Sans surprise, Pékin appuie ce plan.

Le timing choisi semble idoin. Les Etats-Unis et leurs alliés sont empêtrés dans les questions de financement de ce qu’ils appellent “rébellion modérée” mais se sont rendu compte qu’ils devaient d’abord trouver un interlocuteur unique. Le rapprochement des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et la fin apparente de la brouille diplomatique entre le Qatar et l’Arabie Saoudite devait en effet faire avancer le dossier mais il en est tout autrement. Au sein des multiples instances réelles ou fictives représentant telle ou telle faction de la rébellion syrienne, on n’y entend que des déchirements. Sur le terrain, c’est pire puisque les différends se règlent à coups de vendetta sanglantes.

Deuxième point, la publication par le Sénat US d’un rapport aseptisé sur la torture de la CIA depuis 2001 n’a pas manqué de mettre à mal la stratégie communicationnelle que Washington s’efforce de promouvoir en direction du monde musulman. Le rapport per se n’apporte rien de nouveau mis à part l’ajout d’une terminologie technique parsemée d’euphémismes douteux. C’est en exploitant ce flottement de seuil que les alliés de Damas pourraient faire évoluer un éventuel plan de paix sans l’immixtion de l’empire.

Cependant, l’empire n’a pas dit son dernier mot et l’affaire ukrainienne en est l’illustration. Les sanctions imposées à l’Iran, à la Syrie et à la Russie font très mal. Téhéran s’en est accomodé, Damas très mal et en Russie, le Rouble plonge, en partie à cause de la guerre économique sur les prix du pétrole avec l’aide des alliés et des mécanismes habituels. Le congrès US, où siègent des représentants très corrompus comme partout ailleurs a d’ailleurs forcé le trait en adoptant une autre série de sanctions contre la Russie risquant de mener tout droit à une guerre nucléaire. D’ailleurs des observateurs russes ont déjà mis en garde qu’une livraison massive d’armes et d’équipements militaires américains au régime de Kiev pourrait causer un déferlement de troupes russes en Ukraine.

C’est au milieu de cet imbroglio que l’année 2014 s’achève. L’empire entraîne des armées fantômes pour s’en servir en Syrie et Ukraine sans se soucier des conséquences. Cela a été fait pour l’Afghanistan et l’on sait ce que cela a engendré. Pendant ce temps, la Chine, première manufacture du monde garde un silence total mais avance…

La technique du “gagnant-gagnant”

L’ennui avec les ennemis créés de toutes pièces, c’est qu’en même temps les forces sensées les contrer font – en général – le travail pour lequel ils sont payés; d’autant plus qu’ils reçoivent des dotations en argent, armes, munitions et personnel à la hauteur de la menace. Du coup, les fauteurs de trouble se retrouvent en prison, quand ce n’est pas au cimetière, ce qui n’aide pas les commanditaires. A fortiori si les emprisonnés font partie des leaders, c’est une grande perte d’expérience pour la cause, doublé d’une perte de temps et d’argent, of course…

Dans ce cas-là, il n’y a guère de solutions; soit le groupe rebelle tente une libération par la force (avec les risques que cela comporte), soit on attend bien sagement que le lascar purge sa peine, ce qui risque d’être long, surtout s’il est condamné à la perpétuité. Mais heureusement pour eux, les commanditaires ont inventé un concept – en fait vieux comme le Monde – afin de les libérés, à la vue de tous, et sans soulever la moindre objection, à part chez les victimes et les organisations qui s’en occupent, mais personne ne s’en soucie… Voici donc la Technique du Gagnant-Gagnant.

Pour faciliter la compréhension, inventons un exemple. Imaginons que vous décidiez de déstabiliser un pays quelconque – au hasard, mettons un pays situé au Sahel, le choix est vaste – pour parvenir à vos fins il vous faut des méchants, très méchants, et habitants la région. Le plus simple est de recruter du côté de la pègre ou des laissés pour compte, la demande est forte, en général.

Lorsque vous aurez trouvé un ou plusieurs leaders, vous leur donnerez quelques cours accélérés en maniement d’armes, en technique de guérilla, pour ce qui est de la cruauté ils n’ont généralement pas besoin de cours. Ensuite, libre à eux de trouver des hommes pour étoffer leurs rangs. Mais le plus important vient juste après le recrutement, il faut absolument qu’ils trouvent leur assurance vie sous les traits d’un occidental quelconque (touriste ou travailleur, aucune importance) et qui pullulent dans ces contrées.

Assurance-vie, car en cas de coup dur il servira de monnaie d’échange contre de l’argent (si le commanditaire venait à faire défaut), ou plus sûrement pour assurer la libération du leader ou de ses lieutenants. Cerise sur le gâteau, si vous (le commanditaire) faites partie de la classe dirigeante de votre pays, vous aurez permis la libération d’un otage ce qui pourra redorer votre blason, surtout si vous êtes à 13% de bonne opinion dans les sondages – même si les précédents ont montré que le gain espéré était largement surestimé, il suffit de demander ce qu’en pensent Édouard Balladur, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy…

Vous pensez certainement que c’est de la politique fiction? En êtes-vous si sûr? Cela vient de se répéter cette semaine, et personne n’a rien vu. Le groupe incriminé se nomme AQMI (Al-Qaeda au Maghreb Islamique), l’otage Serge Lazarevic et le président libérateur François Hollande.
Suite à sa libération (après trois ans de privation de liberté) les médias ont parlé d’une rançon énorme payée par la France; rien n’est plus faux, Paris n’a pas versé un centime, par contre, quatre prisonniers ont été libérés; cette info, que certains journaux avaient laissé filtrer vient d’être confirmée par le ministre malien de la Justice, Mohamed Ali Bathily. D’après lui, Mohamed Ag Wassoudene, soupçonné d’être l’un des initiateurs de l’enlèvement, et son complice présumé Haiba Ag Acherif, faisaient partie de l’échange. Cependant le ministre a tenu à préciser que cet échange s’était déroulé dans un “cadre bien précis”, précisant que des Maliens faits prisonniers par des djihadistes à Kidal, dans le nord du pays, avaient été également échangés: “Nous l’avons fait pour les Maliens, car ils étaient plus de 38 militaires maliens, préfet malien, policiers et gendarmes maliens qui ont été libérés de la même manière et avec le même type d’échange”

Je ne tiens même pas à spéculer sur le nombre de détenus relâchés, ni sur la possibilité qu’ils puissent cesser leurs activités afin de reprendre une vie dite normale…

Pour ceux qui auraient encore des doutes, voici un autre exemple: Le 27 novembre 2014, le chef de guerre tchado-centrafricain Abdoulaye Miskine a été libéré par les autorités camerounaises, probablement en échanges de 26 otages qui avaient été kidnappés par les hommes de Miskine pour protester contre sa détention au Cameroun depuis septembre 2013. Abdoulaye Miskine de son vrai nom Martin Koumtamadji, chef du groupe armé centrafricain du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) a été libéré par les autorités camerounaises et embarqué dans l’avion du président congolais et médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou Nguesso puis reçu par ce dernier à Brazzaville. Abdoulaye Miskine était incarcéré au Cameroun depuis le 16 septembre 2013, étant suspecté d’avoir préparé des attaques contre des villages sur le territoire camerounais. Pour plus d’informations, lisez ceci.

Ainsi ce termine la démonstration de la Technique du Gagnant-Gagnant. Vous noterez au passage que certains rebelles ne semblent pas être intéressés par cette technique, comme ceux de Daech; mais c’est uniquement parce qu’ils n’ont aucun problème pour le recrutement, ni en ce qui concerne le financement, cependant la mise en scène (entendez par là la mise en ligne des tueries) des exécutions a une autre fonction; celle de permettre l’adoption de lois liberticides dans les pays occidentaux afin de lutter contre des intégrismes fabriqués de toutes pièces…

La Chine prépare sa fusée lourde Longue Marche 9 avec pour objectif une mission habitée sur la Lune

Les chinois travaillent dur sur un lanceur spatial lourd ayant la capacité d’emporter sur orbite une cargaison de 130 tonnes sur la base d’une fusée Longue Marche 5.  Objectif affiché: l’envoi d’une mission habitée chinoise sur la lune.

La Fusée Longue Marche 9 dont le lancement est prévu en 2028 selon les médias chinois (très prudents par ailleurs vu la sensibilité excessive des Etats-Unis à ce sujet précis) aura un poids de 3000 tonnes.

Les chinois tentent de résoudre des problèmes techniques relatifs à la propulsion d’un tel lanceur et reconnaissent qu’ils n’ont aucun autre choix que de travailler sur de nouveaux moteurs. Mais aucun détail n’a filtré sur les modules orbitaux ou encore le très fameux module lunaire dont des rumeurs affirment qu’il serait à un stade de développement avancé.

De toute évidence et c’est devenue une habitude avec la Chine, les chinois laissent paraître qu’ils sont toujours à un stade moins avancé mais il est patent qu’ils tentent d’ajourner au maximum une éventuelle mission habitée ou pas sur la lune afin d’éviter d’heurter frontalement les Etats-Unis sur un sujet tabou depuis plus de 40 ans.

Une certaine thèse circulant au sein des milieux officiels à Pékin souscrit partiellement à une certaine théorie du complot concernant la lune et appréhende une violente réaction US.

Nucléaire iranien, une excuse comme une autre…

Une excuse, voilà ce qu’est pour moi la “crise” occidentalo-iranienne à propos du nucléaire. Pour ceux qui auraient raté un épisode, cela fait quelques années que les USA, Israël, et tous leurs alliés (France, Angleterre…) cherchent à tout prix à déposséder Téhéran de son nucléaire civil. La raison invoqué est la possibilité pour l’Iran de parvenir à fabriquer des armes atomiques – remarquez au passage, que pour une fois, l’expression “Arme de destruction massive” n’a pas été utilisée – ce qui selon eux équivaudrait à laisser un enfant jouer avec un AK-47.

Bien que le Guide suprême religieux iranien ( l’Ayatollah Ali Khamenei) se défende de vouloir posséder le feu nucléaire, rien n’y fait, les pays occidentaux ne veulent rien entendre. Les iraniens doivent produire de l’électricité avec du charbon, du pétrole, des éoliennes ou alors en pédalant dans les caves, mais en aucun cas, ils ne doivent avoir de centrales nucléaires sur leur territoire même si elle était commandée à une entreprise occidentale. Par contre, les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, peuvent en construire autant qu’ils le veulent, nonobstant le fait que ce sont eux qui fournissent les armes aux rebelles de tout poil qui ravagent le Moyen-Orient.

Ce n’est pas tant l’impossibilité pour Téhéran de produire de l’électricité à moindre coût qui pose problème ici, mais bel et bien l’embargo imposé par l’occident. L’interdiction d’exporter du pétrole ou du gaz a mis à genoux l’économie iranienne; la pénurie de médicaments n’arrange pas les choses, non plus; et tout ça pour quoi? Pour rien! Juste pour faire plaisir à Tel-Aviv.

Car depuis quelques mois, des négociations ont lieu, régulièrement, entre l’occident et l’Iran. Ces réunions dites à 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de trouver une solution, mais c’est peine perdue. La Russie et la Chine faisant corps avec l’Iran, les USA, la France et l’Angleterre appliquant les ordres d’Israël, il n’y a guère que l’Allemagne qui tire son épingle du jeu en vendant son armement à chaque participant…

Il y a eu des progrès notables, surtout depuis l’élection du nouveau président iranien, un peu moins matamore que l’ancien, plus réfléchi, et surtout plus posé. Une partie de l’embargo avait été levé, et il semblait que l’on se dirigeait vers une solution. Mais voilà, lors de la dernière réunion, rien de bien intéressant n’est ressorti. Pourtant, les pays occidentaux commençaient à faire du pied à l’Iran, doucement, sous la table afin de compter sur l’appui aérien pour la lutte contre Daech; car il ne faudrait pas oublier que Téhéran a été le premier pays frontalier à bombarder les sites détenus par l’EIIL en Irak, en Syrie aussi, et cela dès le mois de Juillet. Et pourtant, rien…

Heureusement, le fin mot de l’histoire nous vient de Washington où c’est tenu le Saban Forum sur le Proche-Orient. Lors de cette réunion, un enregistrement du premier ministre israélien à été diffusé, et nous en savons donc plus sur ce qui c’est passé là-bas:

Israël a joué un rôle clé pour éviter un mauvais accord entre les grandes puissances et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran le mois dernier.
(…)
(Notre) voix ainsi que nos inquiétudes ont joué un rôle décisif pour éviter un mauvais accord.
(…)
Un tel accord aurait véritablement permis à l’Iran d’être au seuil de devenir une puissance nucléaire.
(…)
Le but d’Israël ést à présent de travailler à un accord qui démantèlerait toute capacité de Téhéran de fabriquer des armes.

Vous noterez qu’il n’est pas fait mention du type d’armes, ce qui laisse une assez grande liberté d’interprétation. Quand on sait que le lancé de caillou est interdit en Israël, les carrières pourraient elles aussi être bombardées…
Mais le problème n’est pas là, non, il se situe aux États-Unis où le Congrès pourrait voter une loi qui imposerait des sanctions conditionnelles contre Téhéran, ce qui aurait pour effet immédiat (je cite l’administration US): “De faire capoter la voie diplomatique…”

Que reste t-il lorsque la voie diplomatique est une impasse?
Une excuse… Une excuse minable pour faire tomber un pays de plus dans le chaos…

Frappes aériennes israéliennes près de l’aéroport international de Damas

Les médias d’Etat syriens viennent de rapporter des frappes aériennes menées par l’aviation israélienne près de l’aéroport international de Damas et à Dimas près de la frontière avec la Liban.

Aucune autre information n’a été donnée sur ces raids aériens israéliens mais des habitants ont fait état de très fortes explosions.

Ce n’est pas la première fois qu’Israël, le principal et véritable belligérant dans la guerre en cours en Syrie, envoie ses F-15 Sufa modifiés procéder à des raids aériens contre des installations et des unités de l’armée syrienne ainsi que des convois supposés appartenir au Hezbollah libanais, allié déclaré de Damas.

Ces frappes interviennent très peu de temps après qu’une mission de l’ONU a reconnu pour la première fois l’existence de “liens” entre l’armée israélienne et les factions les plus radicales de la rébellion syrienne, en l’occurrence le Front Ennosra et DAECH (Etat Islamique en Irak et au Levant)

Officiellement, Israël justifie ses bombardements sur la Syrie par sa hantise de voir Damas livrer des armes sophistiqués dont des missiles au Hezbollah libanais ou pour empêcher la Syrie acquérir des armes spéciales. En 2007, l’aviation israélienne a bombardé un centre de recherches syrien au motif que celui-ci poursuivait un programme nucléaire avec l’aide d’experts nord-coréens.

L’aviation israélienne est entrée en action à plusieurs reprises au cours de la guerre civile syrienne, souvent en offrant un appui aérien tactique direct aux rebelles ou pour couvrir le retrait de ses conseillers militaires infiltrés auprès des islamistes armés. Cet activisme israélien en Syrie a déplu aux plus proches alliés de Tel-Aviv, puisque il entravait la mise en place d’une stratégie cohérente et donnait raison à la thèse officielle syrienne selon laquelle la Syrie subissait une agression israélienne par proxy.

Il est à rappeler qu’Israël et la Syrie sont techniquement en guerre depuis 1973.

Pirate en mers du Sud, un créneau porteur

Information un peu cocasse mais bonne à savoir. La France aurait été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) à verser des compensations à des pirates somaliens arrêtés au large de la Somalie par la marine française et détenus à bord de la frégate “Courbet”.

La cour a constaté une violation flagrante de l’Article 5 dans son alinéa I relatif au droit à la liberté et à la sûreté et a condamné en conséquence la France à verser entre 2000 et 5000 euros à chaque pirate à titre de préjudice moral en plus des frais et dépens.

Une cource proche de la Cour a indiqué que des juristes ont brillament défendu la cause des pirates somaliens coupables selon Paris d’avoir attaqué des navires français en 2009.

Hormis le fait que la France ne va jamais payer- elle ne le fait jamais sauf quand il s’agit de rançons et encore avec de l’argent émanant du Golfe arabo-persique- que penser d’une telle affaire?

La piraterie est une activité économique à part entière en Somalie et ses connexions avec les milieux d’affaires internationaux sont plus étroits qu’il ny paraît à première vue. Les “gentils” pirates somaliens détenus un peu plus de 48 heures à bord du “Courbet” ne sont que des énièmes petits couteaux d’une nébuleuse s’étendant de Londres à Mogadiscio en passant par plusieurs places fortes financières d’Europe.

Les pirates somaliens agissaient pour leur survie dans un environnement chaotique marqué par une sur-exploitation scandaleuses de leurs ressources par tous les filbustiers de la planète mais en réalité participent également et indirectement au chiffre d’affaires d’assureurs maritimes bien établis à Londres. Que ferait donc Lloyd’s sans la piraterie en Somalie ou près du Détroit de Malacca ou encore au large de certaines baies du Nigéria?

En fin de compte, être pirate est un créneau porteur. A condition d’être inséré dans la globalisation.

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