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22/01/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Crise et nationalisme: le cas du Japon.

Peut-on penser qu’il existe un pays, sur cette planète, qui ne soit pas dévoré par l’ambition et la cupidité.Ils ne sont pas nombreux les pays qui ont eu le courage de faire machine arrière, d’un point de vue militaire, au moins. Citons le Japon, qui décida de rayer le terme de guerre de sa constitution; l’Afrique du Sud qui, elle, décida de se débarrasser de son arsenal nucléaire pour qu’il ne tombe pas aux mains de l’ANC.

Même si on peut supposer, sans trop se tromper, que Pretoria ne reviendra pas sur sa décision, on ne peut pas en dire autant de Tokyo. Les ambitions du gouvernement ne sont plus secrètes. Le nouveau premier ministre, arrivé à la tête du pays il y a un an de cela, semble vouloir relancer le Japon dans la course mondiale. D’un point de vue économique, cela peut se comprendre et la première disposition qu’il a prise était de mettre la Banque Centrale nippone au pas. La suite, on la connait: mise en route des rotatives, et les yens pullulent. Deuxième phase, qui découle logiquement de l’impression massive de billets, lutter contre la déflation; c’est le chantier qu’il vient de mettre en route, en ce début d’année 2014.

Cependant, revenir sur la scène économique ne lui suffit pas. D’autant plus que les centrales nucléaires ayant été arrêtées, Tokyo est obligé d’importer du gaz, du charbon et du pétrole, ruinant ainsi les efforts de la banque centrale. Lors de ces voeux, il a déclaré vouloir modifier la constitution afin de redoter son pays d’une armée digne de ce nom. Petit rappel, voici l’article 9 du chapitre II de la-dite constitution:

« Chapitre II. Renonciation à la guerre

Article 9. Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux.

Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu. »

Officiellement, il s’agit de se prémunir des attaques qui pourraient découler des rivalités territoriales qui opposent le Japon à la Chine, et par extension à la Corée du Nord. Mais il y a aussi, à prendre en compte, le cas de la Corée du Nord et de son arsenal nucléaire; sans omettre les Etats-Unis qui, ne pouvant pas multiplier les forces de défenses – navales, aériennes, terrestres – pour des raisons économiques et géopolitiques (l’incident ayant opposé une flotte chinoise à un navire nord-américain aurait pu sinon dégénéré, au moins avoir de fâcheuses conséquences diplomatiques), doit pouvoir compter sur un allié sûr et bien doté militairement parlant pour sa protection sur le flanc Ouest.

Alors, cette annonce se veut-elle provocatrice, ou bien réelle. De mon point de vue, le Japon est fini. Que ce soit d’un point de vue social (25% de la population a plus de 65 ans), économique (la planche à billets est une aide, mais à courts terme), territoriale (la catastrophe de Fukushima, en plus de priver le pays de la manne nucléaire, a contaminé une vaste zone que les autorités ont bien du mal à cacher). La seule façon de faire relever la tête d’un pays est de relancer le nationalisme. C’est une fuite en avant qui ne mène que dans un mur. Mais voilà, les politiciens sont ainsi fait qu’ils n’avoueront jamais que leurs politiques  ont tout détruit. Quitte à plonger une région dans la tourmente, voire même le monde entier, la militarisation leur semble être la dernière option. Et la Diplomatie, dans tout ça?

PS. Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2014.

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