Le ministre de la Défense français a passé son réveillon du jour de l’an sur le continent africain. « Ma démarche première, c’est en ce moment de réveillon d’aller saluer les forces françaises qui sont présentes sur différents lieux en Afrique » s’est-il exprimé lors de sa visite à Niamey – capitale du Niger – où il s’est entretenu avec le président Mahamadou Issoufou (président nigérian) de sécurité, du Mali, de la Centrafrique et sûrement d’Aréva. Car le bras-de-fer économique entre l’entreprise française et le gouvernement nigérian n’est pas encore fini, Aréva – détenue à 80% par l’Etat français – renégocie son contrat d’exploitation de ses deux mines située au Niger et dont le précédent terme intervenait le 31 Décembre. Mauvaise nouvelle pour Mahamadou Issoufou, les cours de l’uranium sont passés d’environ 45.00$ la livre à 34.00$ en l’espace d’un an.

Toujours à Niamey, le Drian en a profité pour admirer le cadeau que lui a fait François Hollande: deux Reapers flambant neufs! Il lui faudra attendre la mi-Janvier pour qu’ils soient utiles, mais d’ors et déjà six pilotes ont été formés, et la base nigérienne est 100% opérationnelle. Pour info, le Reaper n’est  – en théorie, en tous cas – pas armé, et ses principales missions sont l’observation et le renseignement. Deux fonctions primordiales qui faisaient défaut (du point de vue des drones) à l’armée française et qu’elle déléguait à l’armée US, moyennant finance, bien sûr.

Dans l’après-midi, le ministre de la défense devait se rendre au Tchad. Là aussi, le conflit en RCA devrait être au menu. Le Tchad est la cible de l’opposition chrétienne en Centrafrique qui l’accuse de collusion avec l’ennemi – la Seleka musulmane qui a renversé le pouvoir en Mars 2013 et dont le chef à pris la tête du pays. Cependant, la situation sur place étant inextricable, il est difficile de se faire une opinion juste. Mais il semblerait que l’Union Africaine et l’ONU aient réaffirmé leur confiance aux soldats tchadiens.

Finalement, sa tournée se prolongera Jeudi en République Centraficaine. Ensuite, il devrait passer par le Congo-Brazzaville et le Gabon. Cette visite éclair qui l’a amené à réveillonner au Mali avec les forces françaises aura permis d’éclaircir la situation. A savoir que, dans les semaines qui viennent, le nombre de soldats français déployés sur place diminuera pour se stabiliser à environ 1 000 hommes. Il seront, dans l’avenir, basés à Tessalit – proche de la frontière algérienne – et à Gao où une deuxième piste à usage militaire est en construction à l’aéroport. Le nombre d’hélicoptères sera lui aussi réduit. Il est question d’un accord franco-malien de coopération militaire. Ce nouvel accord ira au-delà de la simple coopération de défense classique. Le cadre juridique des opérations antiterroristes françaises est clair, assure-t-on à la défense. Paris agira selon ses besoins. S’il s’agit officiellement de mieux échanger le renseignement, cela n’ira pas jusqu’à informer au préalable les autorités maliennes des actions entreprises.

Le but, pour Paris, est de déployer une force d’environ trois mille hommes sur la ceinture Sahélienne et en Afrique de l’Ouest. Mais il ne s’agit pas de créer des bases permanentes, comme celles existant au Tchad, par exemple, mais d’aller plus vers des groupes très mobiles. Une Force d’Action Rapide, avec tout l’équipement que cela implique; d’où l’utilité des drones Reapers.

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