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Quels sont les risques d’une guerre thermonucléaire généralisée en 2014? Difficile à évaluer pour le moment mais certainement plus importants qu’au lendemain de la crise des missiles à Cuba en 1962 et lors des pics de tension entre les deux superpuissances américaine et soviétique lors de la guerre froide.

Sommes-nous en guerre ou pour être plus précis, le monde est-il en guerre? Un problème de classification et de convenance non-achevée. Si pour le Président George Bush Senior et bien d’autres faucons du militarisme US, la guerre froide fut la troisième guerre mondiale, d’autres estiment que c’est la guerre sans fin contre la terreur qui est une véritable guerre mondiale. Oublions un peu Reagan et son initiative de défense stratégique et constatons les faits devant nous: depuis 1991, les Etats-Unis recherchent à construire un nouvel ennemi et à restructurer les relations internationales. Leur intérêt se porta sur la partie centrale du monde, c’est à dire en gros l’arc de crise épousant le monde musulman mais il y a eu confusion. Délibérée. En construisant le concept d’un péril vert en manipulant l’islamisme politique dans toutes ses variantes, Washington tentait de mettre en place un écran de fumée destiné à leurrer le seul rival potentiel susceptible de leur poser problème d’ici les cinquante prochaines années: la Chine.

L’assaut sur la partie centrale du monde (correspondant à la zone d’intervention du Centcom des armées US) se manifesta dès la fin des années 90 et connut un avancement substantiel avec l’invasion de l’Afghanistan et  l’Irak en 2003. Le choix des positions était judicieux. Mais il fallait compter avec un lent enlisement et une résurrection surprise de la Russie. Après 1300 milliards de dollars de dépenses, en vain ou pour dire les choses crûment, pour faire tourner les circuits de la corruption institutionnelle du complexe militaro-industriel US et de ses financiers, les américains échouent en Afghanistan et en Irak. Une nouvelle stratégie plus innovante s’imposait: ce fut le concept de l’ingénierie du chaos et des changements de régime par le désordre. Fin 2010, une nouvelle guerre est lancée et on fit changer deux satrapes pour faire tomber deux régimes qualifiés de très hostiles. Si tout fonctionna assez bien en Libye, un pays sans armée à trop vouloir singer les modèles suisse et suédois en matière de défense civile, il en fut autrement en Syrie où un jeu d’alliances stratégiques se mit en place au niveau régional et international avec la volonté affichée de la Russie et de la Chine de défendre la dernière marche. Pour ces deux derniers, la chute de la Syrie signifiait non seulement  la mainmise totale des USA et de leurs alliés régionaux sur l’ensemble du Moyen-Orient mais le lancement d’un Djihad made in USA contre les deux puissances qui abritent des dizaines de millions de musulmans. En d’autres termes, en lieu et place d’une hypothétique alliance entre l’Islam, le monde Orthodoxe et le Confucianisme, hantise d’une certaine école de pensée du néo conservatisme US et de ses avatars en Europe, le monde se retrouvera plus certainement avec une alliance Néolibéralisme-Islamisme contre les autres.

La guerre en Syrie est similaire dans bien des aspects à la guerre d’Espagne de 1936. Cette dernière fut une répétition à petite échelle de ce que sera la seconde guerre mondiale moins de trois ans plus tard. Or dans le cas présent, on assiste en Syrie à un conflit apparament civil mais en réalite une guerre par proxy qui oppose les USA et leurs alliés (Otan, Israël, Arabie Saoudite et autres pays du CCG, des pays comme la Géorgie, la Corée du Sud ou le Japon) contre la Chine et la Russie avec comme joker la République islamique d’Iran. Or ce conflit n’est plus circonscrit au Levant mais commence à se manifester autour des lignes de friction à seuil comme au niveau de la frontière occidentale de la Russie menacée par un expansionnisme de l’influence de l’Otan sur les anciennes marches occidentales de l’ex-empire soviétique ou encore en Mer de Chine Orientale et au Turkestan chinois pour la Chine.

Lors de ses voeux pour la nouvelle année, le dirigeant Nord-Coréen a évoqué l’extrême tension régnant en Asie du Nord-Est (en symétrie avec le conflit ouvert en Asie du Sud-ouest) en soulignant que le moindre incident pouvait déboucher sur une guerre thermonucléaire dans la région. Cette assertion que les médias ont travesti en menaces bouffonnes est malheureusement vraie. Le potentiel de guerre nucléaire est aussi bien élevé au Moyen-Orient avec le gigantesque arsenal d’armes de destruction massive de l’Etat d’Israël qu’en Asie du Nord-est où le Japon sous-traite à Washington la même partition que celle à laquelle jouait Pyongyang pour le compte de Pékin.

A ces deux potentiels, on aura relevé la modification substantielle de la doctrine d’usage des armes nucléaires tactiques et stratégiques par la Russie ou les Etats-Unis et il ne s’agit pas uniquement de la doctrine de la frappe préventive. L’Europe Orientale et plus particulièrement l’Ukraine et la Pologne sont situés présentement sur l’une des zones rouges d’un éventuel conflit où l’on verra un échange de missiles nucléaire de théâtre.

Enfin l’Afrique dont la posture semble des plus fragiles et qui fait toujours d’une lutte acharnée de la part des acteurs globaux. C’est le cas notamment au Congo et autour de la région des grands lacs, en Afrique Orientale où l’influence israélienne et Chinoise se disputent les restes de l’ex-empire colonial britannique et enfin en Afrique centrale et Occidentale où américains et français tentent de limiter une discrète expansion chinoise.

Bonne année 2014! Année du centenaire de la dernière des Guerres…

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4 thoughts on “2014 ou l’année de tous les dangers

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