Syrie: la rébellion se rebelle!

Assisterait-on à un grand nettoyage en ce début d’année? Ou bien s’agirait-il de la mise en oeuvre des bonnes résolutions de l’ASL? En attendant, il semblerait que cela bouge sur le terrain.

De violents combats auraient opposé – Vendredi – des forces issues de l’ASL à des djihadistes issus de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, filiale d’Al-Qaïda) dans la province d’Idleb – région située au Nord-Ouest de la Syrie. De nombreux combattants islamistes auraient été tués (on parle d’une quarantaine), et une centaine d’autres auraient été capturés. La Coalition Nationale Syrienne – dans un communiqué publié depuis Istanbul, où la majeure partie de ses membres sont basés – a aussitôt apporté son soutien aux rebelles.

Voilà. Ceci est la dépêche que l’on peut trouver un peu partout sur le Net. Certains journaux – pour ne pas dire tous – la reprendront comme telle. Cependant, si on creuse un peu, il y a matière à réfléchir. Lorsque les premiers djihadistes affiliés à al-Qaïda sont arrivés sur le terrain, l’ASL a applaudit (cela dit, elle avait fait un appel du pied à l’Occident pour aller dans ce sens), car ils possédaient un entrainement et du matériel qui faisaient cruellement défaut à la rébellion. Les débuts de cette coopération ont été prometteurs, mais la suite beaucoup moins. Au fil des mois, al-Qaïda a reçu des renforts d’un peu partout. Les pétrodollars permettent d’acheter des armes, mais aussi des « soldats », sans oublier une certaine idéologie qui n’a plus grand chose à voir avec l’Islam.

Cependant, on ne peut pas lâcher des hommes armés ayant subi un lavage de cerveau dans un pays sans qu’il n’y ait d’exactions commises. Et elles ont été nombreuses ces exactions, allant jusqu’à tuer les membres de l’ASL, leurs donneurs d’ordres. Il semble que plus personne n’ait le contrôle. Pire que tout, même les journalistes occidentaux ne pouvaient plus fermer les yeux sur ces crimes. Ceci dit, les articles dénonçant cet état de fait n’ont pas été nombreux, et souvent relayés en cinquième page, entre les pages sportives et la bourse.

Autre problème: Genève II. Comment faire venir l’ASL sans évoquer al-Qaïda? La solution rapide qui fut trouvées, fut de poser des conditions tellement irréalisables – comme de vouloir interdire la présence des représentant du régime de Bashar al-Assad – que la réunion était constamment repoussée, ce qui faisait le bonheur des djihadistes. Néanmoins, la Russie et la Chine faisant pression, une solution du être trouvée. Une première date fut annoncée (en Septembre), repoussée en Octobre, elle-même repoussée pour fin Décembre, pour, finalement avoir – vraisemblablement – lieu aux environs du 22 Janvier.

L’autre point intéressant, à mon sens, est le tournant qu’a pris l’ASL. Souvenez-vous, début décembre, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient suspendu leur aide non létale à la rébellion après que des combattants islamistes extrémistes se soient emparés d’un point de passage clé à la frontière turque, de locaux de l’Armée syrienne libre ainsi que de ses dépôts d’armes. Or à l’époque, le monde entier – et moi-même – s’accordait à dire que l’ASL était finie. Quel revirement de situation! Une rébellion, coupée de ses approvisionnement matériels, dont les troupes se font tuer, réussit à venir à bout de combattants aguerris. Certes, on ne connait pas les circonstances exactes des combats, ni le type d’armes utilisés, encore moins la valeur des combattants islamistes. Mais que cela se passe à quelques jours de Genève II n’est pas anodin.

Justement, le fait que l’ASL se donne autant de mal pour essayer de se refaire une virginité, peut nous faire penser que cette date du 22 Janvier est la bonne. Tout va se jouer maintenant, là, dans quelques jours. Le clan de Bashar al-Assad possède bon nombre d’atouts. Lorsque les cartes seront posées sur la table les pourparlers pourront – enfin – commencer. Il semblerait que l’Occident ait demandé à la rébellion de faire un peu de ménage, histoire d’être un peu plus présentable. On peut aussi se poser des questions quant aux séismes politiques qui secouent la Turquie, grand allié de l’Occident dans cette guerre.

La phrase du jour revient à Hadi al-Bahra, le secrétaire politique de la Coalition Nationale Syrienne:

Il est crucial que le monde voit comment l’opposition prend l’initiative de lutter contre l’extrémisme en Syrie. Al-Qaïda est une menace pour le peuple syrien, comme c’est une menace pour l’humanité toute entière.

C’est Assad qui a permis à l’EIIL de se développer.

Il semblerait que François Hollande ait fait des émules…

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