Archives mensuelles : janvier 2014

Image du jour: un soldat de l’armée syrienne avant son exécution…2000 après Jésus-Christ!

Cette photo d'un des soldats sommairement exécutés après la prise de l'hôpital Al-Kindi à Alep est l'une des plus impressionnantes. Ignorée par les médias mainstream, elle est en passe de devenir une îcone au sein des communautés Araméennes (dont est issu Jésus de Nazareth) et chrétiennes.

Cette photo d’un des soldats syriens sommairement exécutés après la prise de l’hôpital Al-Kindi à Alep par les rebelles extrémistes est l’une des plus impressionnantes. Ignorée par les médias mainstream, elle est en passe de devenir une icône au sein des communautés Araméennes (dont est issu Jésus de Nazareth) et chrétiennes. Ce soldat araméen est actuellement identifié à Jésus dans quelques villages en  Syrie. Il a été exécuté en compagnie de dix autres soldats de l’armée syrienne de confessions musulmanes Sunnite et Chiite. Une exécution qui a énervé les rebelles à cause de l’attitude stoïque et résignée dont ont fait preuve les militaires jusqu’au bout…

This picture of a Syrian soldier before his execution by extremist rebels is one of the most impressive I’ve ever seen since 1985. In some rural parts, people believe he is Jesus of Nazareth since he belongs to the same Aramean community. This soldier was shot down alongside ten other Muslim fellow soldiers after the destruction of Aleppo hospital by kamikaze combat infantry armoured vehicles used by the rebels…

Strategika51

 

Corée du Nord: quand une blague devient de l’info…

L’exécution, le mois dernier,  de Jang Song Thaeke, le mari de la tante du jeune leader Nord-Coréen Kim Jong-Un pour haute trahison et tentative de porter atteinte à l’Etat a donné lieu à une information virale selon laquelle le deuxième homme fort du pays aurait été jetés à des chiens affamés en compagnie de cinq autres collaborateurs…Bref, c’est du même calibre que la rumeur sur le Viagra devenu pour un temps l’aliment exclusif des soldats libyens du temps du colonel Gaddafi, et érigée au rang d’une vérité universelle par Susan Rice aux Nations Unis…

L’agence Reuters a été obligée de corriger le tir en publiant un article selon lequel cette rumeur émanait probablement d’une satire parue initialement sur un site de microblogging chinois et reprise par un journal de Hong Kong avant de se propager dans le monde entier.

La Corée du Nord est dotée d’un régime stalinien  adapté et spécifique à la philosophie du Juché et les crimes de trahison ou de retrait devant l’ennemi sont punis par un  passage devant un peloton d’exécution très classique…

Nouveau Moyen-Orient: une nouvelle puissance militaire émerge ex-nihilo

Ses hommes sont déterminés, bien équipés et se battent pour l’instant contre trois armées régulières, deux guérillas, cinq milices et un mouvement armé. Ses opérations s’étendent de la sortie Ouest de Bagdad jusqu’à la Mer Méditerranée et ses stratèges viennent d’investir la ville irakienne de Falloudja en battant les unités les plus américanisées de la nouvelle armée irakienne alors qu’en Syrie ou au Nord-Liban, ils viennent d’infliger de lourdes pertes aussi bien à  l’armée syrienne libre (ASL-Rébellion) qu’ à l’armée régulière syrienne ou encore libanaise. Cette nouvelle armée de l’ombre, surgie du chaos en cours au Moyen-Orient a un titre: l’Etat Islamique d’Irak et du Sham (ancienne appellation de l’ensemble Syrie-Liban-Palestine)

En proclamant Falloudja comme capitale du Califat, les brigades de Daech et de l’Etat Islamique d’Irak et du Sham annoncent moins la portée de leur programme que la fin des frontières politiques en cours dans cette région du monde. Dans cette nouvelle géopolitique qui se dessine, dont les contours sont encore fuyants et trop vagues, un avatar d’Al-Qaïda vient d’émerger comme une force avec laquelle il faut compter.

Qui se cache derrière cette organisation et qui finance et arme ses brigades de plus en plus nombreuses? Comment un groupe armé parmi tant d’autres a t-il pu devenir en peu de temps une sorte d’Etat nomade flottant entre les provinces occidentale d’Irak, les provinces syriennes et le Nord du Liban?

La réponse à cette question sera complète lorsque les frontières seront abolies par la forces des choses et que créeront des Bantoustans éparses et rivaux basés sur des critères confessionnels (Sunnites, Chiites, Alaouites, Chrétiens Orthodoxes, Maronites, Druzes, etc.)  au Liban, en Syrie et en Irak avec une menace de désintégration de la Jordanie et une scécession en Turquie méridionale. Ce sera lors le moment idéal pour qu’Israël intervienne ponctuellement comme elle le fait aujourd’hui dans l’enclave palestinienne  de Gaza tandis que des drones US silloneront les cieux de l’ancienne Assyrie sous prétexte de chasser des terroristes comme ils le font aujourd’hui au dessus des zones tribales du Nord-Ouest du Pakistan. La route de Damas sera alors grande ouverte à une invasion israélienne sans trop de casse comme le fut Beyrouth en 1982…

Mais pour l’instant, c’est dans la province d’Al-Anbar et à Falloudja, ville deux fois martyrisées et quasiment détruite en entier par les corps expéditionnaires des Marines que la principale bataille va avoir lieu. Le gouvernement irakien du Premier ministre Al-Maliki, d’obédience Chiite a reçu une offre d’aide de l’Iran et des Etats-Unis d’Amérique. Les deux n’agissent pas pour les mêmes motifs et encore moins pour les mêmes objectifs. Le premier tente de maintenir le corridor stratégique qui le lie à la Syrie et au Hezbollah libanais ouvert tandis que les seconds joue une partition de chef d’orchestre en deux temps: créer le problème et l’éliminer tout en jaugeant de son potentiel d’utilité conjoncturelle…

La situation est tellement complexe que même si les troupes irakiennes soutenus par les tribus Sunnites et les milices de la Sahwa d’Al-Anbar auxquelles se joindront probablement d’autres milices venus de pays voisins arriveront à reprendre le contrôle de Falloudja et d’autres villes irakiennes tombées aux mains de l’armée de l’Etat Islamique d’Irak et du Sham, la menace que constitue cette dernière n’en sera pas moins entamée et sa capacité de nuisance posera de sérieux problèmes aux protagonistes du conflit en cours en Syrie.

Le conflit en cours au Moyen-Orient semble être arrivé à un tournant décisif. Plus encore que celui issu de la grande révolte Arabe de 1916 et de la situation établie après les fameux Accords de Sykes-Picot. On est donc bien loin du “printemps Arabe” qui est bel et bien mort et enterré. On se retrouve désormais à une guerre totale dont l’objectif n’est plus de remodeler la région mais de détruire sa configuration actuelle. Ce qui est certain est qu’aucun Etat de la région, y compris les plus protégé d’entre-eux, en l’occurrence Israël, l’Iran ou l’Arabie Saoudite, ne sortira indemne de la tornade actuelle.  Une tornade qui risque bien d’emporter bien plus que la région…

La Bête Noire de l’establishment français

A Paris, les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens.

Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le président de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.

Le leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un « soutien total » à la réduction au silence de l’incontrôlable comédien.

Au milieu de ce chœur médiatique unanime, l’hebdomadaireLe Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est « déjà mort, » lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour « incitation à la haine raciale », l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles « menaces de trouble à l’ordre public, » ou l’exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l’autorisent à se produire.

L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.

Le cliché méprisant qui est constamment répété est que « Dieudonné ne fait plus rire personne. »

En réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la « quenelle. » Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.

Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français [1] ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de « nazis. » La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à peu près « dans ton cul » avec une main placée en haut de l’autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.

Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est « un salut nazi à l’envers ». (On n’est jamais assez « vigilant » quand on cherche un Hitler caché)

Comme quelqu’un l’a remarqué, un « salut nazi à l’envers » peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que « certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le système !

Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils « le système » ?

La France a un grand besoin de rire

L’industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les unes après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les « droits de l’homme » —en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie—. Le pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15 %. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l’UE.

Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur « l’humoriste le plus talentueux de sa génération” (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent) ?

La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte.

Mais quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le ministre de l’intérieur, Manuel Valls —en charge de la police— promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?

Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.

Pourquoi le haïssent-ils ?

Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans. Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l’enfant-modèle du « multiculturalisme » que l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.

Il y a dix ans, le 1er décembre 2003, en tant qu’invité dans une émission de télévision traitant d’actualité intitulée « On ne peut pas plaire à tout le monde, » un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en « converti au sionisme extrémiste », suggérant aux autres de « rejoindre l’axe du bien israélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut « Isra-heil ». On était loin du Dieudonné des débuts mais l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation.

C’était dans la première année de l’attaque états-unienne contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en « freedom fries » .

Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.

« Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les États Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?

A commencé alors une décennie d’escalade. La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de l’ignorer.

L’arrière-plan idéologique

Pour essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression, la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital financier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union Européenne —et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus—. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.

En l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de « politique de l’identité » qui fait à la fois l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le « communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël.

En même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné, l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d’État. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre « l’antisémitisme » présumé et le « révisionnisme » par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour « incitation à la haine raciale. »

Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux États-Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des États-Unis pour aller au dîner de l’AIPAC —pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments—.

La France possède la plus importante communauté juive d’Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres)

De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente visite amicale faite par François Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu les relations —qui semblent plus étroites que jamais—.

Il n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière.

Mais le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le « communautarisme » qui a vraiment de l’influence est le communautarisme juif.

Les usages politiques de l’holocauste

Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.

Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le « fascisme » est l’authentique « idéologie française ». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement « mauvaises. » Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les États-Nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devriez en éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.

Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen.

Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la Seconde Guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable —si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la possibilité [s’ils avaient vécu à l’époque, NdT]—.

Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson « tropicale » un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.

Personne ne sait quand s’arrêter

Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge [2] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but —en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala—. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets.

À l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les « Français de l’étranger » – dont 4 000 Israéliens d’origine française [3]. Lundi dernier, il a twitté « La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites. »

La France a adopté des lois pour « punir l’antisémitisme ». Le résultat est à l’opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle « les juifs dirigent le pays » et participent à la montée de l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.

Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le pouvoir de l’État.

Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs.

Diana Johnstone dans  Counterpunch

Traduction: Djazayri

Publié également sur Voltairenet

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[1] Droit de se porter partie civile, NdT.

[2] La famille d’Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT

[3] plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT

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Que vaut un syndicat face à l’Ultra-Libéralisme? Pas grand chose…

L’Ultra-Libéralisme, cet outil entre les mains du patronat, peut aller très loin. Il est présent partout sur cette planète, sur tous les continents, dans tous les pays, au sein de chaque gouvernement – et pas seulement en Occident. Il est à la base de toutes les lois conyraignantes votées par ces même gouvernements. Il s’est affranchi des langues et des frontières, d’ailleurs, son objectif est de faire tomber ces barrières immatérielles (sauf dans certains pays où là, malheureusement, elles sont bien réelles), qui empêchent la libre circulation des marchandises et surtout des capitaux. L’argent et le pouvoir sont les mots clé. L’Humain? Qu’est-ce que c’est? Ils ne connaissent pas. Un homme n’a ni famille, ni vie privée, ni existence propre. Il n’est qu’une variable parmi les charges patronales.

Alors, pour lutter, les travailleurs se sont regroupés en syndicats. Les syndicats était une bonne idée, au départ… Pensez donc. Des milliers de travailleurs se regroupant derrière une même bannière, défilant, mais surtout manifestant d’un même élan. De quoi faire faire des cauchemars au patronat. Certaines sociétés sont plus syndicalisées que d’autres. En France, le taux de syndicalisation tourne aux alentours de 8% – et surtout dans les emplois publics: éducation, transports… – en Suède il est d’environ 70%. Cependant, on assiste à une régression, à l’échelle mondiale, du nombre de travailleurs syndiqués. Aux Etat-Unis aussi, les syndicats sont à la peine.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Ultra-Libéralisme en profite. Car même le plus puissant syndicat se retrouve impuissant face à certaines “propositions”. Boeing vient de faire une fleur aux travailleurs nord-américains. Ils vont garder leurs emplois! Oui mais attention, le constructeur aéronautique veut bien rester dans l’Etat de Washington, mais les employés vont devoir faire des sacrifices. Sur les retraites et la couverture maladie. Sympathique, non? Déjà, cette semaine, le patronat avait gagné un bras-de-fer avec le gouvernement Obama, pour l’utilisation de composants chinois dans la fabrication du tout dernier fleuron de l’armée de l’air: le F-35 (Flying Anvil). Soyons compréhensif avec l’Etat-Major américain, soit ils acceptaient, soit ils devaient faire face à un énième retard, sans parler du coût de l’appareil qui aurait atteint des sommets encore jamais atteints par un chasseur, fût-il de la cinquième génération – on parle de 250 millions de dollars/chasseur, alors que le programme initial estimait le prix à 90 millions de dollars. Le coût prohibitif des pièces de rechange pour l’aéronautique à sans doute été à l’origine du test qu’a effectuée la Royal Air Force sur un Tornado. Le test consistait à valider des pièces conçues à l’aide d’une imprimante 3D. Les pièces en questions – un couvercle de protection pour la radio du cockpit et des pièces dans le système d’arrivée d’air et dans le train d’atterrissage – n’avaient rien de vitales. Ceci dit, l’Etat-Major y voit un grand progrès, car en cas de conflit, certaines pièces pourraient êtres fabriquées sur place, réduisant ainsi les temps d’indisponibilités des chasseurs et le coût.

Si les gouvernements se mettent à faire dans la décroissance…

 

Guerre en Syrie: échec du plan franco-saoudien, plan US en cours en Irak et en Syrie

D’après des analystes syriens, le gouvernement de Damas n’a jamais été inquiété par le dernier plan franco-saoudien pour le Levant qu’il considère comme mort-né mais redoute par contre l’impressionnant plan américain en cours en Irak Occidental.

Le plan franco-saoudien concocté un peu avant la visite du Président François Hollande en Arabie Saoudite consistait à agir au Liban en deux points: primo, utiliser l’armée libanaise pour tenter de circonscrire, voire désarmer le Hezbollah dont le rôle dans la guerre en cours en Syrie est assez déterminant et secundo, financer des achats d’armements au bénéfice de l’armée libanaise via des fonds saoudiens versés directement à la France, désigné par Ryad comme  fournisseur exclusif. Pour des analystes de la CIA (Central Intelligence Agency), le plan ne pouvait être fiable car les capacités opérationnelles et tactiques du Hezbollah excèdent de loin celles de l’armée libanaise. Ces mêmes analystes vont jusqu’à considérer l’ensemble du plan franco-saoudien comme de la poudre aux yeux visant moins un quelconque gain stratégique  qu’une opération destinée à faire engranger par Hollande une somme de 3 milliards de dollars US toujours bonne à prendre en ces temps moroses non sans souligner le peu de fiabilité qu’ils accordent à Hollande, soupçonné de ne pas croire à ce qu’il déclare et de courir derrière une opportunité gracieusement offerte par une Arabie Saoudite plus radicale que jamais dans ce qu’elle perçoit comme une lutte à mort contre l’axe du mal ou croissant Chiite formé par l’Iran, l’Irak et la Syrie…

D’ailleurs, les tentatives d’infiltrations rebelles à partir du Liban se sont soldées par un échec cuisant. L’aviation syrienne, agissant sur les renseignements du Hezbollah, a anéanti en usant de bombes thermobariques des colonnes de rebelles en provenance du Liban ces dix derniers jours.

Par contre ce que Damas redoute au plus au point actuellement est le plan US actuellement mis en oeuvre en Irak voisin. Et ce plan est non seulement à large spectre et à dimension régionale mais susceptible de faire balancer l’issue de la guerre en Syrie. Schématiquement, le plan US consiste à faire tomber les provinces occidentales d’Irak (Al-Anbar) entre les mains d’Al-Qaïda représentée par l’Etat Islamique d’Irak et du Sham (Syrie-Liban-Palestine) et du groupe de Daech, c’est-à-dire les principaux protagonistes de la guerre en Syrie.

C’est ainsi qu’en quelques jours, les hordes de l’Etat Islamique d’Irak et du Sham ont investi des villes aussi importantes que Ramadi et Falloudjah où il serait très difficile pour l’armée irakienne de les en déloger même avec l’aide des Sahwas (milices Sunnites) issues de l’opération Surge de 2007 suivant les nouvelles règles de la contre-insurrection telles que rédéfinies par le général David Petraeus.

Les informations en provenance d’Irak font état de l’effondrement, au moins dans deux situations, des forces irakiennes, pourtant assez bien équipées, devant l’avancée des extrémistes religieux les plus radicaux au monde.

La chute éventuelle des provinces irakiennes contingentes à la Syrie pourrait rompre le continuum stratégique dont bénéficie Damas avec l’Iran via l’Irak du Premier ministre Al-Maliki et offrir aux rebelles les plus extrémistes une formidable base-arrière pour attaquer ou envahir  les provinces orientales syriennes faiblement peuplées et très mal pourvues en troupes. Puisque le gros des effectifs est déployé au Nord face à la Turquie et au Sud face à Israël et à la Jordanie.