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03/08/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Iran, un marché (économique) de dupe?

Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais au début du mois de Février de cette année, le Médef International c’est fendu d’une visite en Iran.

La ville de Téhéran a accueilli, mardi 4 février, la conférence du commerce, de la commercialisation et de l’investissement irano-française. Simultanément à l’arrivée de la délégation des investisseurs français, en Iran, une conférence économique entre les membres de cette délégation et les responsables iraniens a été organisée. C’est la première fois, après des années, qu’une telle conférence est tenue entre l’Iran et la France, sur le sol iranien. La France est l’un des grands investisseurs européens, en Iran. Une importante délégation économique française est, en effet, arrivée, lundi 3 février, à Téhéran, pour reprendre contact avec l’Iran, en attendant la conclusion d’un accord global sur le nucléaire, selon l’agence officielle IRNA.

La délégation, composée de 107 personnes, est, selon l’IRNA, « la plus importante délégation économique et commerciale française et européenne » à se rendre, en Iran. Elle suit de près les pas, déjà, franchis par d’autres délégations venues d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, du Portugal ou de Corée du sud.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Médef, il s’agit du Patronat français. Là, à Téhéran, il regroupait le nec plus ultra de l’industrie, citons Peugeot, Total et Lafarge. Bon, il faut les comprendre, l’Europe est moribonde, la Chine grappille des places en Afrique, les BRICS développent leurs propres industries; bref, c’est la Crise. Du coup, un pays qui vient de voir son embargo économique levé pour six mois est une véritable opportunité; qu’aucun patron ne saurait laisser passer.

Oui, mais il y a un hic. Et de taille. Et c’est le président US lui-même qui vient de dévoiler le pot-aux-roses.

Des entreprises peuvent toujours prospecter sur les chances à plus ou moins long terme de s’installer en Iran et sur l’échéance d’un accord international sur le nucléaire iranien. Mais je peux vous dire qu’elles le font, pour l’heure, à leurs risques et périls. Parce que nous allons leur tomber dessus avec une pluie de sanctions.

Vite appuyé par le président français:

Par conséquent, les entreprises se déplacent librement mais je leur ai fait savoir que le régime des sanctions demeurait en Iran (et que) ces contacts ne pouvaient pas déboucher aujourd’hui sur des accords commerciaux.

Quant aux sanctions,elles ne pourront être levées que s’il y a un accord définitif. Dans la période de l’accord intérimaire ces sanctions pour l’essentiel demeureront.

Et tout ceci, le jour où le patron des patrons français – Pierre Gattaz – a averti François Hollande qu’il n’y aurait pas de donnant-donnant au pacte de responsabilité proposé par le gouvernement. Ce pacte devait voir la création d’un million d’emplois en France, en échange d’un allégement des cotisations patronales.

Mais cela peut aussi vouloir signifier que les sanctions économiques sont encore à l’ordre du jour pour l’Iran; et que leur levée définitive n’est pas pour demain, ni dans six mois. L’Occident a semble t-il décidé de resserrer le noeud coulant qui étrangle Téhéran.

 

 

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