Kaboul- La campagne électorale pour les présidentielles afghanes du 05 avril 2014 a été entamée le 02 février  par un petit positionnement des candidats favoris des joueurs de l’échiquier Afghan. Le Scrutin présidentiel, le troisième depuis la chute du régime des Talibans en octobre 2001 s’annonce crucial cette année en coincidant avec l’échéance d’un retrait partiel des forces combattantes de l’Isaf/Otan vers la fin de l’année et mettra à rude épreuve les capacités de la jeune Armée nationale Afghane, forte de 350 000 hommes face à une guérilla constituée des Talibans et des partisans du mouvement du Docteur Hekmetyar, dont la stratégie ne souffre d’aucune ambiguité possible sur le court terme.

Si le Président Hamid Karzai refuse tactiquement de signe le BSA (Bilateral Security Agreement) avec Washington, provoquant de très fortes inquiétudes au Pakistan mais également en Turquie, le candidat de l’Alliance du Nord, le Docteur Abdullah Abdulla, grand perdant des présidentielles de 2009, s’y déclare au contraire très favorable. Parmi les autres candidats figurent le frère ainé de Karzai ainsi que Zalmai Rasool, un de ses protégés. Face à d’autres bénéficiant de la protection de certains seigneurs de guerre tels que Dustum ou encore de l’approbation de certaines communautés. Mais l’enjeu est ailleurs.

La vraie question qui se pose est la suivante: un gouvernement Afghan issu des prochaines présidentielles sera t-il capable d’étendre son contrôle à l’ensemble du territoire et empêcher une prise du pouvoir par les Talibans? Ou mieux, les Afghans parviendront-ils à constituer un gouvernement d’union nationale incluant toutes les parties, y compris les Talibans pour éviter de sombrer dans le chaos?

En attendant, les américains qui prévoient de maintenir « officiellement » entre 10 000 et 12 000 soldats dans le pays après le retrait tiennent absolument à leur garantir un statut spécial dans le cadre de l’Accord bilatéral de sécurité que Karzai ne veut pas signer. Flairant un éventuel changement des rapports de forces, Karzai ne cesse de courtiser les Talibans en les appelant « mes frères » et rappellant que Washington a dépensé 648 milliards de dollars US dans la guerre d’Afghanistan en pure perte…

Les Talibans quant à eux sont certains de l’emporter quelle que soit l’issue possible. L’intensification de leurs actions ou du moins de celles qui leur sont imputés-car il existe plusieurs mouvement parallèles crées par des puissances étrangères- participent à une stratégie d’extension du domaine de la lutte visant une prise du pouvoir. Une éventualité qui mettrait en péril le Pakistan et des républiques d’Asie centrale.

Indubitablement, les américains ne se retireront jamais de ce pays. Ce n’est pas une assertion mais un constat définitif de votre serviteur sur site. L’enjeu géostratégique de ce pays pivot dans le grand jeu actuel entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine est trop important pour que Washington abandonne une position clé.

De la capacité de manoeuvre en terrain découvert? Quasi-inexistante au sol pour les troupes étrangères dont le confinement dans des bases foritifiées est en train de détruire le moral des troupes. Jusqu’à quand tiendront-ils dans cet enfer de l’ennui?

Publicités

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.