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11/04/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Lors du sommet du G20 à Sydney, le secrétaire du Trésor américain, Jacob Lew, s’est fendu de déclarations pour le moins surprenantes. Par exemple, concernant la chute – vertigineuse pour certaines – des devises des pays émergents, consécutive de l’annonce faite par la Réserve fédérale américaine d’enclencher un processus de normalisation de sa politique monétaire, il a déclaré:

« Les marchés émergents vont avoir besoin de prendre les mesures qui s’imposent pour mettre leurs finances publiques en ordre, et avoir les réformes structurelles en place. Nous devrions voir une différenciation substantielle sur le marché entre les économies qui ont pris les bonnes décisions et celles qui ne l’ont pas fait ».

En gros, la FED a allumé un feu qui est en train de ravager les pays émergents, mais c’est à eux de se débrouiller pour l’éteindre, et, en plus, ils n’en seraient pas là si ils avaient pris les bonnes décisions. C’est une façon de voir les choses, mais si certains des états touchés pourront s’en remettre, certains autres auront toutes les peines du monde à remonter la pente.

Suite à quoi, Lew s’en est pris à la Chine, qui d’après lui:

«Je n’ai pas encore vu les signes qu’ils sont en mouvement, à la vitesse que nous voudrions, sur bon nombre de questions. J’appelle la Chine à renforcer la réforme économique, même au prix de la stabilité sociale et politique.

Son homologue chinois – Lou Jiwei – lui a reproché de ne pas exécuter les réformes structurelles mais seulement de faire la promotion de la reprise économique en imprimant de l’argent.

Lew a condamné la Chine parce que Washington attend d’elle qu’elle accélère l’ouverture de ses marchés et ainsi contribuer à stimuler l’économie américaine stagnante avec son énorme demande intérieure. Les États-Unis tentent également de tirer des bénéfices avec son immense puissance financière. Il est compréhensible que Washington soit égoïste, mais Lew est allé trop loin  en demandant publiquement à Pékin de procéder à la vitesse que les États-Unis “voudraient” et même au détriment de la «stabilité sociale et politique.”

Les remarques de Lew reflète le fait que les décideurs américains ne sont pas familiers avec les conditions de la Chine, car ils ne peuvent guère penser ce que “la crise sociale et politique» signifie pour un pays densément peuplé et au développement inégal. Ou au contraire, ils sont juste opiniâtre dans la garantie de leur propres intérêts.
La communauté internationale voit les USA comme un moteur mondial de la croissance économique alors qu’ils ne sont qu’une machine à sous qui escroque l’argent d’autres pays.

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