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31/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

La Syrie rétablit l’équilibre à Kassab mais craint des frappes israéliennes subites au Sud

Les combats qui font rage depuis hier autour du point d’observation 45 près de Kassab ont permis aux forces syriennes de stopper l’avancée des rebelles et de rétablir l’équilibre, puisque le point en question a été pris d’assaut à deux reprises par les forces rebelles avant qu’elles en soient délogées par les forces spéciales syriennes. D’après les indications receuillies, les rebelles ont massivement utilisé des missiles antichars de type  9M113 Konkurs et ont bénéficié d’un appui feu des blindés, de l’aviation et de l’artillerie de l’armée turque. 

La situation a basculé à plusieurs reprises durant la nuit. Les renforts syriens ont été déterminant à cet égard. L’usage combiné des chars, des lanceurs de roquettes multi-tubes et de l’aviation a permis aux militaires syriens de stopper la puissante avancée rebelle. En moins de 24 heures, quatre chefs influents du Front Ennosra ont été éliminés.

Les pertes syriennes ont été très importantes et probablement les plus élevées en plus de trois ans de conflit si l’on s’en tient au ratio. Deux commandants généraux syrien ont péri dans les combats. Sans compter un nombre assez élevés d’officiers.

Les forces rebelles se sont présentées au grand complet  et sont composées de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou DAECH en Arabe), des brigades de Soquour e Sham (les faucons du Levant), du front Ennosra (la Victoire), la brigade du Tawhid, Jeich Al-Islam (armée de l’Islam), Ansar Sham (Les partisans), Liwaa Al-Haq (L’étendard de la Vérité), Harakat Ahrar Sham (Mouvement des hommes libres du Levant), Jund Sham (les soldats du Levant-Liban), les redoutables Al-Mohajirine et Al-Ansar (Tchétchénie-Asie centrale et du Sud-Kosovo), le Front Islamique Kurde ainsi que d’autres groupuscules.

Ces forces ont attaqué la Syrie à partir du territoire turc en avançant sur trois axes vers la région de Kassab, une région peuplée majoritairement d’arméniens. L’armée turque a procédé à un intense brouillage des communications de l’armée syrienne pour permettre à l’opération de se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Les conseillers militaires turcs et israéliens semblent avoir retenu les leçons des batailles du Qalamoun près du Liban où la guerre électronique et le renseignement ont été des éléments déterminants dans l’élaboration des nouvelles tactiques de l’armée syrienne.

Mais la réaction rapide de l’aviation syrienne sur le tracé des frontières avec la Turquie a contraint l’état-major conjoint israélo-turc à déployer des escadrilles d’avions de combat de type F-16. Un Mig 23 BN syrien est abattu par un tir de missile Air-Air d’un F-16 turc à 7 kilomètres à l’intérieur des terres syriennes. La situation dégénère assez rapidement avec un déploiement conséquent des deux côtés et les deux pays ne sont pratiquement pas loin d’une confrontation militaire directe avec un duel d’artillerie et des violations réciproques de l’espace aérien de chacun d’entre-eux.

Au moment où les forces syriennes passaient de très mauvais moments à Kassab à l’extrême Nord du pays, d’autres offensives sont signalés au Qalamou à partir du Liban, à Homs en Syrie centrale ainsi qu’à Deraa, au Sud du pays. Mais le plus grand danger venait du côté du plateau stratégique du Golan où Israël amasse ses forces depuis des mois tout en procédant au déminage de la ligne de démarcation. C’est d’ailleurs pendant que les forces syriennes tentaient de repousser avec la force du désespoir la déferlante du Nord qu’Israël fait mine de procéder à des manoeuvres militaires au Golan mais lesquelles sont en fait des opérations spéciales. Alerte à Damas où l’on craint des raids aériens israéliens sur des cibles militaires à tout moment.

A Kassab, il y a eu un réel flottement pour quelques heures. La violence inouïe des combats, l’implication turque, l’apport massif en mercenaires étrangers en provenance de pays aguerris en matière de guerilla, la nature des armes utilisées et le support logistique derrière les lignes turques ont failli faire repousser les unités syriennes et leurs forces supplétives. Cependant, c’est grâce à l’aviation et l’artillerie que l’armée syrienne a pu faire la différence. Les rebelles se sont heurtés à un mur. plus 430 rebelles tués, plus de 400 blessés et 261 capturés. Des dizaines d’agents turcs ont également capturés par les forces syriennes. 160 rebelles blessés ont évacués par l’armée turque à l’intérieur de la Turquie. Des informations non confirmées évoquent également la mort de 40 soldats turcs.

Cette offensive minutieusement préparée depuis des mois est déjà un échec. Elle est la première d’une série d’autres offensives conjointes de la Turquie avec son allié israélien. Pris de court, le Premier ministre turc Erdögan ne fait que multiplier ses rotomontades. Son ministre des Affaires étrangères fait de l’excès de zéle:  « la Turquie est prête à recourir à toutes les mesures nécessaires, y compris à des opérations militaires au-delà de sa frontière, pour répondre aux menaces à sa sécurité en provenance de Syrie »…Bref, l’échec de la rébellion syrienne a poussé ses sponsors à agir à visage découvert. La Turquie est passée à l’action. En vain.  Damas s’attend à ce qu’Israël lui emboite le pas avec l’un des pays du voisinage où des camps de Jihadistes made in USA se préparent depuis une année.

Le Premier ministre turc dont la santé mentale semble déficiente demeure le plus fidèle vassal de Washington dans la région. La frontière syro-turque, longtemps fortifiée et l’une des plus militarisées au monde, a démontré ce que beaucoup d’observateurs ont oublié. Les deux pays ont toujours été ennemis. La Turquie paiera cher la folie d’Erdögan.

Indubitablement, Washington, Ankara, Tel-Aviv et Ryad ne peuvent concevoir un Moyen-Orient où le Président Al-Assad sortira vainqueur de cette confrontation. Cela sera fatal pour eux. La partie continue. La tragédie aussi.

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