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15/06/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Indubitablement, le monde vient d’entrer dans une nouvelle phase critique. Si certains n’hésitent pas à parler du retour et du triomphe définitif de la barbarie pour paraphraser la célèbre fin de l’histoire de Francis Fukuyama,  peu de gens s’attendaient, il y a un peu plus de vingt ans, à ce que la prochaine guerre mondiale sera vague, ponctuelle, non définie, diffuse, spatialement fragmentée et longue.

L’échec du fameux printemps arabe, une complexe opération d’ingénierie du chaos à l’échelle géopolitique, laquelle avait pour objectif principal d’assurer la tranquillité de l’Etat sioniste d’Israël jusqu’en 2048-centenaire de sa création- et au delà tout en assurant l’hégémonie US sur les ressources énergétiques de la partie centrale du monde afin d’écraser définitivement la Chine et la Russie n’a pas seulement mené à un conflit presque direct entre les Etats-Unis et la Russie en Ukraine mais également ébauché de nouvelles lignes de forces dans un Moyen-Orient totalement chamboulé et un monde musulman quasiment anéanti. Cet ensemble n’est pas le seul: l’Europe et d’autres régions du monde sont confrontées au même rouleau compresseur. Ce n’est pas la famine et les terribles affres des conflits mondiaux précédant toutefois: la situation matérielle de centaines de millions de personnes semble loin d’être compromise. Des Etats entiers se sont transformés en producteurs de fausse monnaie. D’autres en trafiquants de drogue ou en spéculateurs. Bref, le système tient. Washington tient à son hégémonie. La Russie résiste. La Chine est dans l’expectative. L’Europe joue à se faire peur avec un populisme de bas étage. L’Afrique est qualifiée d’eldorado d’où provienne des immigrants clandestins. Mais voyons un peu ce qui se passe.

La bataille pour le contrôle de la partie centrale du monde semble de moins en moins probable pour Washington. Celle en cours en Europe orientale est encore plus incertaine. Bien que Moscou se démène comme un diable pour faire face à l’assaut. Mais c’est au Levant que l’enjeu devient capital. Il y va du devenir stratégique d’Israël dont le voisinage immédiat et lointain a été balayé par une onde de choc ayant causé la destruction des capacités militaires de l’ensemble des Etats supposés hostiles ou dont l’évolution peut être hostile.

Paradoxalement, les élections présidentielles en cours en Egypte et en Syrie ne sont pas sans certaines similitudes avec certains épisodes de ce que l’on appelle les Croisades du Moyen-âge. L’arrivée à cette époque après un log flottement de chefs militaires fermes et énergiques au Caire et à Damas puis l’unification de ces deux pôles ont joué un certain rôle dans la géopolitique de l’époque et la défaite des Etats latins d’Orient.

En réalité, l’élection sans surprise du Général Al-Sissi en Egypte et la reconduction assurée du Président Al-Assad en Syrie auront des conséquences stratégiques à court et à moyen termes. Ironie du sort, les descendants des croisés soutiennent aujourd’hui Al-Assad contre les plans hégémoniques US.

Partout, la montée des extrémismes les plus divers est une réalité aussi palpable que la montée du crétinisme. L’esprit rationnel se perd. La critique n’est plus un art. Et le savoir se rétrécit.

C’est dans ce contexte délétère que nous avons réfléchi sur la nécessité ou non de maintenir Strategika 51. Le monde coule à très grande vitesse. Faut-il s’en rendre et en rendre compte?  La question est ardue et demeure sans réponse.

Merci à tous nos lecteurs.

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