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29/01/2022

Strategika51 Intelligence

 Πάντα ῥεῖ…

Conflit au Moyen-Orient: l’art de la guerre, version US

L’émergence de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant en tant que puissance ex-nihilo, son implication croissantes dans les opérations militaires en Syrie face à non seulement l’armée syrienne mais également face à toutes les composantes de la rébellion syrienne, la consolidation de sa présence en Irak où elle en est arrivée à menacer directement le pouvoir central, sa propagation au Nord-Liban et en Jordanie et enfin la création d’une filiale nord-africaine marquent un tournant stratégique majeur dans le conflit qui secoue désormais la quasi-totalité du monde dit arabe.

Le choix de l’Irak où le gouvernement du Premier ministre Nouri Al-Maliki, fortement contesté par une partie de la communauté Sunnite n’est pas fortuit. C’est un coup magistral de l’art de la guerre. Car d’une pierre, le ou les commanditaires de cette armée des ombres fort bien équipée, a frappé quatre coups:

Et d’un, il vise le maillon faible de transmission entre l’Iran et la Syrie, l’Irak, lequel malgré sa possession d’une armée relativement bien équipée en matériel américain, n’en constitue pas moins un terreau fertile pour les tensions interconfessionnelles. D’autant plus que l’armée irakienne est traversée par les mêmes clivages; il éloigne aussi loin vers l’est du Golan le déroulement des opérations militaires, protégeant ainsi Israël dans un mouvement rappelant étrangement la stratégie du double endiguement US des années 80 et qui s’est matérialisée par la longue guerre Iran-Irak. En parallèle, il s’offre une opportunité pour intervenir militairement contre ce qu’il a contribué à créer…

Et de deux, il surprend et l’Iran et la Syrie dont les gros des troupes est massé près des frontières turques et au Sud face à Israël et à la Jordanie laissant les confins avec l’Irak assez dégarnis.

Et de trois, il pousse l’Iran à intervenir militairement en Irak pour sauver le gouvernement d’Al-Maliki et cela seul démontre à quel point le commanditaire derrière les redoutables mercenaires de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant maitrise à la perfection la stratégie militaire. De fait, la République islamique d’Iran a envoyé une brigade ou trois bataillons de forces spéciales en Irak selon les sources.

Enfin, et de quatre, en laissant renforcer l’idée d’une lutte interconfessionnelle entre Sunnisme et Chiisme, le commanditaire de ce coup réussit à faire admettre sa stratégie de division ou de Fitna islamique in situ comme unique grille de lecture, y compris par les protagonistes qui rejettaient il y a peu cette vision imposée et encouragée par les médias occidentaux et arabes acquis au sionisme international.

Images saisissantes que celles des mercenaires de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant mitraillant  sans aucune forme de discernement “pour le fun” tout ce qui roule ou bouge sur l’autoroute de Mossoul, l’une des plus grandes villes d’Irak ou encore celles de ces dizaines de Humvee  volés à l’armée irakienne emmenées en Syrie à bord de semi-remorques…L’arsenal saisi par l’Etat Islamique d’Irak et du Levant est assez impressionnant et comprend désormais des milliers de fusils d’assaut M-4, des mitrailleuses FN Minimi, des missiles Hellfire, des Humvee, des véhicules blindés et des hélicoptères d’attaque ainsi que des chasseurs-bombardiers F-16…

L’Etat Islamique d’Irak et du Levant déjà en guerre en Syrie et en Irak menace désormais l’Iran. Ce dernier a positionné des troupes le long de sa frontière avec l’Irak et a menacé d’user de ses missiles si les mercenaires au fameux pavillon noir crée (désigné) par une obscure boite de communication lors des fameuses opérations du printemps arabe s’approchent à moins de 100 kilomètres de ses frontières. Ce qu’ils feront certainement.

Enfin, il est à noter la liesse des anciens partisans de Saddam Hussein et de ses compagnons puisque la chute du régime Al-Maliki, louvoyant sans cesse entre Washington et Téhéran, et favorisant les discriminations confessionnelles représente une véritable revanche.

La victoire politique d’Assad en Syrie était trop grosse pour passer. L’empire s’inspire de l’art de la guerre et exécute un coup magistral. Mais en mettant en péril l’ensemble de la sécurité du Moyen-Orient et au delà. Il met aussi en échec l’ensemble de ses stratégies adoptées dans la région depuis 1990. Tous ces trillions de dollards US (merci la planche à billets) et des centaines de milliers de vies sacrifiées pour rien. Il suffit d’observer ce qui ce passe au Moyen-Orient ces temps qui courent.

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