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11/05/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Libération des derniers otages algériens au Nord-Mali, une dure leçon pour Alger

Dénouement de l’affaire des otages algériens détenus au Nord-Mali depuis le 05 avril 2014. Loin de l’autosatisfecit ou pire de l’exploitation politique et médiatique de cet évènement par le gouvernement algérien actuel, il est à noter qu’en guise d’épilogue, quasiment l’ensemble du staff diplomatique du consulat d’Algérie à Gao a été assassiné, en l’occurrence le consul et son adjoint. Le troisième, agent comptable, a pu s’enfuir le jour de l’assaut, grâce à des habitants Touaregs et Arabes du quartier Aljanabandia dans lequel sont situés le consulat et la résidence du consul d’Algérie dans la ville de Gao.

Les deux derniers agents (un agent contractuel civil ayant résidé durant presque deux décennies en Afrique de l’Ouest et un ex-sous-officier du GIS venus d’Alger) ont été libérés grâce à un très complexe et lent processus de négociations dans lequel ont participé de manière active cinq pays (l’Algérie, le Burkina Faso, la France, la Libye et le Mali) et l’aide de près d’une cinquantaine de chefs de tribus influentes du Sahel.

Il est vrai que l’Algérie n’a payé aucune rançon et le fait que son ministre actuel des Affaires étrangères soit un spécialiste chevronné de l’Afrique a lourdement pesé sur la balance.

Cependant, après l’exécution barbare de l’adjoint du consul et le décès dans des circonstances douteuses du consul, le groupe terroriste qui s’est trompé sur qui fait quoi au sein du consulat n’avait plus aucune carte de pression pour négocier. Non seulement les revendications de ce groupe aujourd’hui en stand-by ne correspondaient plus à sa monnaie d’échange mais ne valaient plus rien.

Enfin, l’armée française, Le Mouvement Arabe de l’Azawad, le Haut Conseil Islamique du Mali et le MNLA ont également joué un rôle crucial dans la libération des derniers otages algériens au Nord-Mali.

Une dure leçon pour Alger.

Le MUJAO est en hibernation vu qu’il ne sert pas à grand chose avec le passage en second plan d’Al-Qaïda face au nouveau phénomène Etat Islamique, et ses membres, du moins ceux qui ont des postes de commandement, continuent leur narco-trafic et autres contrebandes en toute impunité dans la région en attendant d’autres missions à sous-traiter pour le compte de tiers. C’est à qui payera le plus.

L’Algérie poursuivra t-elle les ravisseurs pour rapt, homicides volontaires et assassinats? Rien n’est moins sûr.

Il est même à parier que personne en Algérie et encore moins au ministère des Affaires étrangères ne remettra en cause quelques responsabilités ayant conduit à la capture d’un consulat entier alors que tous les signaux et les rapports du consul lui même faisait état d’une menace imminente et précise plus de deux semaines avant l’irruption du MUJAO dans Gao.

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