Publicités

Paradoxalement, le fait d’être près des zones de conflit ne garantit pas un accès privilégié à l’information et il s’est avéré que nous avions bien plus d’éléments d’information au sujet de ce qui se passe actuellement en Syrie ou en Libye lorsque nous étions situés à des milliers de kilomètres du Moyen-Orient que lors de cette courte période où nous avons été amenés dernièrement à survoler ces deux pays en question.

Ce qu’il faut retenir est que la ville de Ain Al-Arab (nomenclature officielle) ou Kobané en Syrie septentrionale, fait actuellement l’objet de très vifs combats entre les forces de la protection kurde de Syrie soutenus par l’ensemble des kurdes de la région et les combattants de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (Daech) et que le sort de la plus grande ville kurde de Syrie déterminera la création ou non d’une zone d’exclusion aérienne visant en premier lieu l’Etat national syrien. Ce n’est pas non plus pour rien que l’armée syrienne est en train de mener une bataille de fin du monde au milieu des usines d’armemement et de munitions dans les environs d’Alep.

La revendication par le Hezbollah libanais d’une action directe contre l’armée israélienne est un fait rarissime d’une extrême importance. Cette revendication a pour objectif de démontrer que le mouvement, pris entre deux feux, dispose encore de la capacité à se battre sur deux fronts à la fois. Attaqué par Daech sur son flanc oriental, le Hezbollah veut signifier à Israël qu’il se tient toujours prêt à une confrontation frontale.

L’aviation US en action au dessus du Nord de la Syrie ne semble aucunement pressée, se contentant de frappes tellement ciblées que les combattants de Daech se permettent le luxe d’avancer sur la ville sur deux axes à partir du sud et de l’est. Ain Al-Arab tombera comme l’exigera la stratégie US.

La Turquie joue son va tout. Elle a exigé des kurdes de Syrie de cesser toute relation avec le gouvernement d’Al-Assad alors que ces derniers n’entretiennent pas vraiment de liens avec Damas. En réalité Ankara cherche à régler ses comptes avec les kurdes de manière définitive.

On est en train d’assister à la création d’une tête de pont en exploitant la plus grave crise auquelle a jamais été confronté le monde kurde. Damas vient d’affirmer que nul n’a le droit de refuser à son aviation le survol d’une quelconque partie de son territoire et Téhéran vient d’annoncer sa disponibilité à envoyer des forces en Syrie.

Ain Al-Arab ou Kobané est devenu l’enjeu nodal de tous les enjeux. Le jeu continue.

Publicités

2 thoughts on “Syrie: l’enjeu nodal d’Ain Al-Arab

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :