Le 31 octobre dernier, François Hollande, président de la république Française, a reçu son homologue turc nouvellement élu, Recep Tayyip Erdoğan. Suite à leur entrevue, une conférence de presse s’est tenue, au cours de laquelle les deux chefs d’État ont parlé de la situation en Syrie et au Proche-Orient.

Le président turc a fait part de ses doutes concernant la fixation que la Coalition Internationale semble faire à propos de la ville kurde de Kobane. Pour lui, rien ne justifie les frappes quotidiennes sur ce site, puisque: «Comme il n’y a plus de civils dans Kobane, où il n’y a que 2.000 combattants, pourquoi est-ce ce lieu qui est constamment bombardé?»
En gros, les civils sont saufs, les Peshmergas peuvent bien se débrouiller seuls.

D’après Erdogan, la Coalition Internationale pourrait tout aussi bien s’occuper de bombarder Idlib, Hama, Homs ou les 40% de l’Irak sous la coupe de l’EIIL. Hollande a aussitôt répondu du tac au tac: «(…) Kobane n’était pas l’alpha et l’oméga de la mission, la « ville clé » dans la lutte est Alep, la deuxième ville de Syrie».

Nous y voilà! Ce fut long. Cependant, Alep n’est pas une ville aussi facile à bombarder que Kobane. Sa relative proximité avec Damas, et son importance stratégique font en sorte que le gouvernement de Bashar al-Assad ne donnera jamais sont accord pour de tels lâchers de bombes. Il ne reste qu’une solution pour que la Coalition Internationale puisse arriver à ses fins, une zone d’exclusion aérienne, déguisée en couloir humanitaire. Il y a quelques temps de cela, le gouvernement turc avait édité une carte représentant les fameuses zones humanitaires et ce qui en ressortait était les localisations de ces dites zones; les principales étaient dans l’Ouest de la Syrie, sur l’axe de ravitaillement turco-EIIL.

Site original: Hürryiet Daily News
Site original: Hürryiet Daily News

Le président turc a aussi réitéré son appel à faire tomber Bashar al-Assad, coupable selon lui d’utilisation d’armes chimique et de terrorisme d’État. Toujours selon lui: «(…) la lutte anti-ISIL devrait également viser le gouvernement syrien».
On peut être certain que cette déclaration a reçu une oreille attentive chez son homologue français; lui qui martèle depuis deux ans que Bashar al-Assad est le chef des combattants djihadistes éparpillés sur son territoire…

Enfin, le chef de la Turquie s’en est pris aux États-Unis, pour avoir laissé derrière eux leur équipements militaires lourds dont l’EIIL s’est emparé. Cependant, il a tenu à rappeler à la Coalition Internationale qu’il a donné l’autorisation aux Peshmergas irakiens de passer par la Turquie pour aller combattre à Kobane; il a néanmoins oublié de préciser qu’avant de donner son accord, les forces kurdes irakiennes ont rongé leur frein durant quelques jours.

Cependant, la dernière phrase prononcée par Erdogan est assez explicite; elle est adressée directement à François Hollande et ne laisse planer aucun doute sur ses intentions: c’est donnant-donnant.
En effet, le président turc a demandé le soutien de François Hollande à la candidature de la Turquie pour devenir membre de l’UE…

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