Passé sous silence…

Les ravages de l’EIIL, la lutte contre le virus Ebola, la garde-à-vue de la bimbo suite à la tentative de meurtre sur son compagnon (pas de chance! Pour une fois qu’elle réussissait à percer…), sans oublier les règlements de compte au sein de l’UMP (la droite française); toutes ces infos qui passent en boucle sur les chaines de télé ont une certaine utilité pour les politiciens et les économistes de l’U-E: détourner l’attention des citoyens européens sur ce qui se passe au sein de cette entité obscure.

Par exemple, les grèves dans les transports ferroviaires en Allemagne n’ont pas fait la une des journaux de ce côté-ci du Rhin. Pourtant elles ont bien eu lieu. La dernière en date – qui devait durer du mercredi 5 Novembre jusqu’au lundi suivant – a été très suivie, d’autant plus qu’elle menaçait l’acheminement des spectateurs pour la commémoration de la chute du Mur à Berlin. Le syndicat (GDL, représentant les conducteurs de train, et minoritaire au sein des salariés de la Deutsche Bahn) à l’origine de cette grève a décidé de lever le dispositif le Samedi.
Leurs revendications portent sur une hausse de salaire (e%) et une diminution du temps de travail hebdomadaire (37 heures). Elles portent aussi sur des questions de représentativité puisque la compagnie ferroviaire refuse de négocier avec le GDL des accords salariaux pour des personnels autres que les conducteurs de train.

Mais bien plus qu’une gène pour les voyageurs, l’État allemand commence à voir d’un mauvais œil ces grèves à répétitions – la sixième depuis début Septembre – qui paralysent aussi l’acheminement des marchandises pour les entreprises (1/5 du transport de marchandises se fait par le rail).
Même la justice a déclaré; suite à une saisi de la justice par Deutsche Bahn (DB); que le mouvement n’est contraire à aucune loi et n’est pas disproportionné.
Pour finir, DB estime le coût de la grève à environ 100 millions d’€ par jours.

Mais il n’y a pas que les conducteurs de trains qui ralentissent le pays, les pilotes de Lufthansa ont également mené une dizaine de grèves successives depuis fin août sur fond de conflit sur les conditions de fin de carrière.

Belgique, si vous ne le savez pas, une grande manifestation a eu lieu cette semaine, rassemblant entre 100 000 et 130 000 personnes (environ 1% de la population). Elle était composée des syndicats, mais aussi des partis socialistes, écologistes et d’extrême gauche, qui tous voulaient dénoncer les mesures d’austérité du nouveau gouvernement de droite, parmi lesquelles:
– le report de l’âge de la retraite à 67 ans à partir de 2030, contre 65 ans actuellement;
– diminution des salaires, des pensions;
Le fait que les grandes entreprises et les détenteurs de capitaux ne participent pas à la solidarité n’arrange pas les choses.

En fait, cette manifestation est un prélude à la contre-offensive annoncée par les syndicats aux réformes économiques et sociales, soit 11 milliards d’euros d’économies, prévus par Charles Michel, à la tête d’une coalition de droite inédite composée d’un seul parti francophone, le Mouvement Réformateur (MR-libéral) et de trois partis néerlandophones de droite, dont la N-VA (prônant l’indépendance de la Flandre au sein de l’Europe). Une grève générale devrait avoir lieu le 15 Décembre. En attendant, la manifestation de jeudi dernier s’est aussi doublé de débrayages dans l’industrie, notamment dans la sidérurgie et aux ports d’Anvers et de Zeebruges, ainsi que dans la fonction publique: à la poste ou encore dans l’enseignement.

Lors de la dispersion de la manifestation, des heurts ont opposé 1 000 à 2 000 manifestants (dont des dockers d’Anvers, mais pas que) aux forces de l’ordre. Selon le maire de Bruxelles (Yvan Mayeur), une centaine de policiers auraient été blessés, une quinzaine d’arrestations aurait été effectuées.

Le maire d’Anvers – par ailleurs président du parti N-VA – s’est fendu d’une déclaration:
«Il n’y a pas d’alternative à notre politique. Nous devons maintenant continuer et créer des perspectives pour le peuple… les pays ayant une représentation syndicale forte, comme la France, sont «infiniment pire” que la Belgique.”
Infiniment pire? Mais non, mais non! En France, nous avons un gouvernement de gôche, du coup, les syndicats ne bougent pas une oreille; contrairement au précédent gouvernement qui, lui, avait pris des décisions moins contestables, mais qui avait eu droit à tout un lot de manifestations/grèves. En fait, en France, les seuls qui défilent dans la rue sont les familles opposées au mariage gay, sinon, pour le reste (la casse sociale, la courbe du chômage qui ne semble pas vouloir s’inverser…) tout va bien!!!

La Catalogne, enfin, vote ce dimanche pour son indépendance. Ce vote n’est que symbolique puisque le tribunal constitutionnel a ordonné sa suspension. Mais le président catalan, Artur Mas, a déclaré que son objectif était d’organiser à terme un referendum en bonne et due forme et définitif sur une sécession, sur le modèle de l’Ecosse et du Québec.
A treize heure, plus de 1 100 000 catalan avaient voté. Cependant, le nombre total de votant n’étant pas connu – puisqu’il n’ y pas de listes électorales préétablies – le taux de participation est donc inconnu. Néanmoins, la vice-président de la Generalitat (organisation politique de la communauté autonome de Catalogne, en Espagne; elle est régie par le statut d’autonomie de la Catalogne, entré en application en 2006), Joana Ortega, estime à environ 5,4 millions de personnes le nombre de résidents de plus de 16 ans, espagnols et étrangers, invités à voter…

Sûr! Entre des velléités d’indépendance et des protestations massives contre les politiques d’austérité (qui touchent maintenant les pays du Nord), les politiciens européens préfèrent regarder ailleurs, les médias aussi, mais ce n’est pas nouveau…

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