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29/09/2021

Strategika51 Intelligence

 Πάντα ῥεῖ…

Algérie: protestations contre le gaz de schiste…

Pourquoi un pays comme l’Algérie s’obstine t-il à investir dans le gaz de schiste alors qu’il peut être l’un des premiers pays producteurs d’énergie solaire au monde?

En sabotant plusieurs projets de développement dans l’énergie solaire, dont celui de l’initiative industrielle DESERTEC, le gouvernement actuel à Alger semble poursuivre une politique totalement incompréhensible dans le domaine de l’énergie.

Depuis deux semaines, des manifestations secouent des localités du Grand Sud algérien contre l’exploration du gaz de schiste. Le mouvement a débuté dans la ville de In Salah, près de laquelle se trouve un des premiers sites d’exploration, avant de se propager dans d’autres localités.

L’ère du pétrole, entamée en 1957, arrive à sa fin en Algérie. Une perspective que le gouvernement appréhende au plus haut point d’autant plus que l’économie du pays reste lourdement tributaire de l’or noir et que la guerre du pétrole ouverte contre l’Iran et la Russie par l’empire via le CCG (Conseil de Coopération du golfe) pourrait faire baisser le prix du baril jusqu’à la barre psychologique annoncée par le ministre Saoudien de l’énergie, soit 20 USD.

L’option nucléaire demeure mais s’avère problématique. Même si l’Algérie dispose de deux réacteurs de recherche acquis dans les annéers 80 auprès de l’Argentine et de la Chine. Manque total de cours d’eau, problèmes récurrents au sein du Commissariat de l’énergie atomique et volonté d’éviter de soulever une campagne internationale de propagande hostile à ce sujet comme ce fut le cas en 1991 où Alger s’est retrouvé accusé de cacher un programme clandestin, rendent cette option difficile.

Demeure le solaire. Le Sahara algérien est un véritable Eldorado pour cette énergie alternative. Cependant, le pays ayant de plus en plus de liens étroits avec les puissances financières transnationales, un puissant lobby défendant les intérêts de pays tiers a fini par imposer le choix du gaz de schiste. Un choix périlleux rejeté par l’ensemble de la population.

Les protestations populaires contre le gaz de schiste en Algérie ne sont pas totalement spontanées et il est clair qu’une autre faction du pouvoir d’Etat (surtout au sein des forces armées) tente d’utiliser cette colère populaire légitime pour contrer ou du moins affaiblir les milieux affairistes compradores ayant réussi à contrôler la décision politique et parasiter jusqu’aux structures et fondements même de l’Etat,  profitant d’une situation inédite issue de l’incapacité physique du président Bouteflika à gouverner après avoir commis l’erreur fatale de s’entourer de très mauvais gestionnaires.

Il n’en demeure pas moins que l’option du gaz de schiste demeure l’un des plus mauvais choix possibles. Le gouvernement algérien actuel semble déterminé à faire passer la pilule quelle que soit le prix à payer. Beaucoup d’observateurs accusent le gouvernement algérien de sous-traiter cette option pour Paris. Et ceci est loin d’être une vue de l’esprit.

Pour les populations du Sud, dont la conscience politique est en profonde mutation depuis quelques années au point où certains parlent d’une émergence, l’exploitation du pétrole n’a servi qu’à encourager la corruption. Celle du gaz de schiste viserait donc à continuer outre à alimenter cette corruption mais encore à enrichir des multinationales au détriment du développement local et de l’écologie spécifique au milieu saharien.

C’est la première fois qu’un tel sujet mobilise en Algérie. Un avertissement à la politique d’un gouvernement dont la démarche semble de plus en plus irrationnelle.

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