L’armée syrienne ne joue plus.Elle vient d’entamer une nouvelle forme de contre-offensive sur les fronts Sud et Est dont l’objectif est de reprendre le terrain à Daech et le repousser vers les anciennes frontières irakiennes tandis qu’au sud, il s’agit de consolider le front contre Israël, notamment au Golan. D’où l’offensive fulgurante sur Deraa. Avec pour mot d’ordre: « Vers le Golan! ».

Les récentes avancées relativement rapides de l’armée syrienne au Sud de la Syrie et notamment au Golan préoccupent au plus haut point Tel-Aviv.  Au final, les organisations rebelles et plus particulièrement le Front Ennosra (proche d’Al-Qaïda), le Joker des israéliens, n’ont pas réussi à tenir devant l’avancée des unités de l’armée syrienne.

L’armée syrienne a fini par investir Deir Adas à Deraa dans le Sud. Non sans de terribles destructions.

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Un drapeau syrien flottant au dessus d’une structure en béton à Deir Adas dans la province méridionale de Deraa. Le berceau de ce que des médias Arabes et occidentaux appellent la « révolution syrienne ». 

Après la chute de Deir Adas entre les mains de l’armée syrienne, celle-ci se prépare à prendre d’assaut la localité de Kafr Shams. D’intenses bombardements aériens et des pilonnages d’artillerie préparent le terrain à une opération blindée devant évoluer sur trois axes.

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C’est la deuxième fois en mois d’un mois que le ministre syrien de la défense visite la région Sud, au moment où ailleurs dans le pays et pour la première fois, la 104e brigade de la Garde Républicaine, avec l’aide d’une tribu locale, prend d’assaut Ouadi Taym dans la province de Deir Ezzor et met en échec Daech. La localité de Ouadi Taym est située à 10 kilomètres de Deir Ezzor, chef-lieu d’une province où existent des sites d’extraction de pétrole de faible importance.

Les combats entre les unités d’élite de la 104e brigade de la Garde Républicaine syrienne et Daech ont été d’une extrême violence à Ouadi Taym et la localité a finit par être nivelée au niveau du sol dans sa quasi-totalité. Une source syrienne a indiqué que l’un des principaux problèmes auquels continue de faire face l’armée régulière demeure le système de communication hautement intégré usité par Daech. Ce dernier serait ce qui ce fait de mieux et semble impossible à décrypter. Les iraniens ont fait le même constat à ce sujet en Irak.

La guerre contre Daech ou l’Etat Islamique est donc et surtout une guerre électronique en premier lieu. Or, dans ce domaine, Daech semble bénéficier du nec plus ultra. Ce qui voudrait dire une assistance étrangère et pas n’importe laquelle…

Pour Damas, l’élimination d’Ennosra est aussi importante que Daech car il semble que c’est la première organisation qui semble bénéficier de l’aide de pays régionaux et extra-régionaux. L’opération coup de marteau menée par les militaires syriens s’inscrit dans une stratégie plus large puisque le Hezbollah libanais est en train de renforcer ses positions près du Golan en perspective d’un décalage des lignes de front vers le plateau stratégique qu’Israël occupe depuis 1967.

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2 commentaires


  1. Moyens sophistiqués de télécommunication cryptée .. ça ne vous dit rien? Qui fournissait le père Barzani dans les années 65-73? Et rappelez-vous aussi le prélude qui a provoqué les répressions à Hama début février 1982: la faction armée des Frères Musulmans syriens de Hama avait obtenu les codes de communication des Brigades (dites Panthère roses à cause de leur bérêt) de Rifaat El Assad, le petit frère jaloux et violent de Hafez, et les a attiré dans un guet-apens à Hama, en en tuant plus d’une centaine puis tuant des fonctionnaires dans Hama.
    Les moyens de communication c’est la catalyseur de la force. Et rappelez-vous, quand Elie Hobeika, devenu ministre quelques années après Sabra et Chatila, est tombé dans la mer avec son bateau chaviré au large de Beyrouth, il avait 5 téléphones portables avec lui, il a envoyé des plongeurs pour tenter de les récupérer… Un peu plus tard quand la Belgique a tenté d’user de sa loi de compétence universelle pour organiser un procès contre Ariel Sharon, il s’était déclaré prêt à témoigner de ce qui s’était passé en septembre 1982. Deux sénateurs belges sont venus le voir un soir à Beyrouth pour lui faire confirmer cette disponibilité à témoigner. Le lendemain matin, sa voiture explosait, lui avec. On ne se méfie jamais assez. Suppression de témoin…

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