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09/05/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Abrutissement par défaut 

Intoxication au seuil de la saturation. Le fameux deal nucléaire iranien fait l’objet d’un battage médiatique digne d’une petite comédie musicale très kitsch. Certains parlent d’un accord historique sur fond de guerre au Yemen. D’autres sont plus circonspects. Enfin le premier ministre israélien fait semblant de s’en alarmer.  Comble du ridicule, en Iran, certains zombies post-globalisation ont osé défiler en automobiles, histoire de trouver un petit prétexte à la fête. 

Le complexe de Fordo est au centre de l’accord, lequel porte sur La réduction du nombre de centrifugeuses de 19000 à 6000. 

Le monde actuel adore le conjoncturel. L’événementiel sans lendemain. Le futile. Les faux-semblants. 

Derrière toutes ces paillettes, une réalité: toute la région couverte par le CentCom est en feu. 

Exit la rivalité obssessionnelle entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Depuis longtemps et aujourd’hui plus que jamais, Les deux pays ne voient plus aucun inconvénient à chercher un soutien israélien dans une équation à trois+1. A chacun ses méthodes et ses entrées VIP ou pas. L’Iran d’Ahmadinejad n’est plus qu’un lointain souvenir exotique. Un cauchemar pour les milieux bourgeois contrôlant les rouages de l’économie iranienne et dont les inclinaisons réelles n’ont pas varié d’un iota depuis l’époque du Shah. 

Pour les saoudiens, c’est plus facile. Ils ne se cachent plus et ne cachent plus leur détermination à s’allier avec tous les diables pour enrayer ce qu’ils perçoivent comme l’avancée Perse chiite. Souvent perçue comme un retour des Sassanides. 

Netanyahu crie au loup dans trop y croire lui-même. Les américains eux sont hilares. On s’amuse comme on peut. 

Vous avez dit nucléaire iranien? 

L’économie iranienne est en lambeaux. Le pays a beaucoup souffert des sanctions internationales mais c’est surtout son engagement en Syrie qui l’a littéralement ruiné. En face, une Arabie Saoudite ayant financé des dizaines de conflits et de coups bas jusqu’à épuisement. Au milieu, Israël qui se croit au temps de Massada. Le seul point commun unissant les trois semble être l’état fort déliquescent de leurs sociétés respectives. 

Vaut mieux garder un œil sur le Yemen. Le détroit de Bab Al-Manden par où transite une part non négligeable des approvisionnements en hydrocarbures est en jeu. Pays pauvre, marginalisé par ses voisins du richissime Conseil de la Coopération du Golfe (CCG) duquel il a toujours été exclu, le Yemen est un pays à la géographie très rude. Ce ne sont pas les milices Houthis, bien ancrées dans le pays et que l’Iran a cherché à les doter d’une organisation similaire à celle des Pasdarans (phénomène en cours en Syrie méridionale et en Irak) qui constituent un réel danger mais le changement d’alliances entre les principales forces d’un pays habitué à la guerre. L’ancien président Ali Abdallah Salah qui a mené la guerre contre la sécession de 1994 et ex-adversaire acharné des Houthis est actuellement leur allié et ses troupes se battent contre cette étrange coalition saoudienne. 

Que reste-il des pays Arabes en 2015? Pas grand chose. L’Egypte est non seulement une dictature mais en banqueroute totale. Juste à côté la Libye est dans un mélange de plein remake de Mad Max et de mythologie grecque. La Syrie est au purgatoire, le Liban ne tient qu’à un fil et ce n’est pas celui d’Ariane, la Jordanie risque à tout moment de disparaître et l’Irak est revenu au temps antiques et mythiques de la guerre de tous contre tous. Les pays du Maghreb ne sont pas mieux lotis puisqu’ils risquent de s’effondrer avec fracas au premier coup de vent et ce n’est pas pour rien si après avoir tout vendu qu’il tentent désespérément de s’accrocher aux loges maçonnes et autres petites confréries transnationales dont le pouvoir et l’influence sont plus ou moins avérés. 

Nous sommes en 2015 et les médias, de plus en plus amateurs, passent leur temps en litanies vides de sens. Sommes-nous à ce point devenus abrutis? Peut-être. 

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