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Diplomatie: Envoyer l’armée d’abord et réfléchir ensuite…toujours

De par sa situation géographique, le Yémen a une importance non négligeable. Surtout pour l’Arabie Saoudite, mais aussi pour tous les navires empruntant le canal de Suez. Si le pays venait à basculer dans ce que Riyad appelle le côté obscur de l’Islam – le chiisme – sûr que le ciel ne manquerait de tomber sur la tête des princes saoudiens. Pour éviter cela, l’Arabie Saoudite a décidé; de façon quasi unilatérale; d’apporter son soutient au pouvoir en place et de lancer une campagne de bombardements des positions rebelles (auquel s’est allié l’ancien président Salah).

Mais voilà, même si Riyad à relancé et obtenue l’idée d’une force armée des États Arabes, la mise en place de celle-ci ne sera pas opérationnelle avant quelques semaines, au mieux, sinon vers la fin de l’année. Et malgré l’emploi de munitions par wagons entiers, les rebelles Houthis continuent d’avancer et de menacer Aden, la capitale du Sud.

même si l’Arabie Saoudite a envoyé sur le terrain quelques forces spéciales, la tâche est bien trop grande pour un seul pays. Seule solution pour Riyad, demander une assistance militaire, mais pas à n’importe qui, à Islamabad. Le fait que les princes saoudiens fassent une demande aux dirigeants pakistanais n’est pas une action irréfléchie, loin s’en faut. Ce n’est un secret pour personne que l’Arabie Saoudite emploie un nombre assez conséquent de mercenaires pakistanais dans son armée; de plus, Islamabad ne fait pas partie de la Ligue Arabe, ni même des pays observateurs, ce qui pourrait éviter des tergiversations diplomatiques sans fin.

Enfin, le Pakistan est voisin de l’Iran; grand ennemi de l’Arabie Saoudite – et nouvellement auréolé d’une certaine gloire depuis la signature de l’accord sur le nucléaire (accord qui laisse le peuple plus que dubitatif*) – et je suppose qu’Islamabad sert de diplomate non officiel entre Téhéran et Riyad. La Turquie aussi semble faire partie des tractations.

En effet, Mardi, le président turc – Recep Tayyip Erdogan – devrait se rendre à Téhéran pour une visite officielle. Au lendemain de ce déplacement, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu à Islamabad afin de discuter de la situation au Yémen. Et quelques jours plus tard, Nawaz Sharif (pakistanais) sera en visite à Ankara.

Cependant, si on réfléchit un tant soit peu, cette demande pourrait mettre à mal les tractations entre l’Iran, le Pakistan et la Turquie. Le maillon faible, dans cette histoire étant Téhéran, bien entendu. Surtout que l’assistance demandée ne porte pas que sur des munitions; Riyad demande, ni plus ni moins, que des troupes au sol, des avions et des navires militaires. quand on connait les achats annuels d’armes de l’Arabie Saoudite, une telle demande fait un peu sourire. A moins que la lutte contre les Houthis s’éternise…

*Dans l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui étonne le plus les observateurs est le fait que les sanctions économiques pourraient être levées. Bien entendu, si cela venait à arriver Téhéran rouvrirait les vannes des oléoducs, dans un marché où l’offre excède la demande laissant le prix du baril au plus bas depuis presque un an maintenant. Et ça, une partie du peuple iranien l’a bien compris…

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One Reply to “Diplomatie: Envoyer l’armée d’abord et réfléchir ensuite…toujours

  1. A reblogué ceci sur raimanetet a ajouté:

    réfléchir ensuite … toujours ? sauf lorsque la route est déjà tracée par de prétendus alliés ou partenaires, alors, dans ce cas il faut oser dire soumission et servitude volontaire au nom d’ une idéologie mortifère.

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