Gas buyers switch to long term contracts to avoid volatile prices--The so-called green energy was a marketing hype. Fossil energy will be used beyond 2150
05/07/2022

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Moyen-Orient: quiproquo et la fin de la dichotomie amis-ennemis

Dans un imbroglio toujours croissant en termes de complexité, les forces US et iraniennes ont uni leurs efforts en Irak pour récupérer la ville symbole de Tikrit, lieu de naissance de l’ex-président irakien Saddam Hussein (1937-2006) mais également celui présumé du Sultan Saladin (1137-1193)

Dans la foulée, les autorités irakiennes annoncent la mort de Izzet Ibrahim Al-Douri, l’ex-vice-président de l’Irak sous l’ère de Saddam Hussein et chef de la résistance à l’occupation américaine et l’influence iranienne. Peu d’informations ont été diffusées par les médias sur ce développement mais le Departemeny d’Etat américain refuse jusqu’à cette heure-ci de confirmer la mort d’Al-Douri.

Pour Téhéran, l’ancien vice-président irakien et membre prééminent du parti Baath était un ennemi à abattre, a fortiori depuis que les forces pro-iraniennes en Irak l’avaient accusé d’avoir joint ses forces, composées essentiellement d’anciens soldats et officiers de l’armée irakienne, à celles de Daech (État Islamique d’Irak et du Levant)

Ayant pu échapper avec succès aux forces américaines, aux espions iraniens et aux tueurs à gages irakiens depuis la chute de Bagdad en avril 2003, Al-Douri a dirigé un des plus puissants groupes armés de la résistance. Avec l’âge, il devint de plus mystique et adopta un courant de l’Islam sunnite.  La nouvelle de sa mort est démentie par ses troupes mais il ne fait aucun doute que l’homme soit une cible prioritaire et commune pour le gouvernement irakien, l’Iran et les USA.

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis d’Amerique coopèrent conjointement avec la République Islamique d’Iran sur le très complexe échiquier Moyen-Oriental même si les deux nient avec véhémence toute forme de coopération, entretenant le mythe d’une belligérance ouverte consacrée par de complexes et fastidieuses négociations sur le nucléaire iranien. En termes pratiques, cette belligérance sert autant les intérêts d’Obama que de Rouhani, d’abord face à leur establishments respectifs et ensuite envers leurs opinion publique. La politique des nations étant un vaste théâtre d’ombres chinoises aussi, les deux pays partagent des intérêts convergeant dans le croissant fertile mais Washington n’hésitera pas à affaiblir un éventuel rôle trop prépondérant de l’Iran dans la région au détriment d’Israël ou de l’Arabie Saoudite. Bien que Barack Obama ne verrai point d’un Mauvais œil l’affaiblissement de ses deux très influents alliés, qualifiés d’envahissants et d’abusifs par certains conseillers de la Maison Blanche.

Amis, ennemis, amis d’ennemis et donc ennemis ou ennemis d’amis et par conséquent ennemis par défaut, il semble évident que les lignes de confrontation et de contingence flottent en Orient et plus personnes n’est en mesure de quantifier ou d’évaluer la sommes des jeux en cours.

Officiellement, l’hostilité affichée entre Wachington et Téhéran est un expédient pour les médias. En coulisses, on sait que l’establishement iranien, trop heureux de s’être débarrassé d’un Ahmadinejad atypique et anti-impérialiste, tend plus à nouer des relations d’intérêt commun avec Washington que de choisir une confrontation stérile et surtout périlleuse. En Irak, les iraniens se battent sous couverture aérienne US. Les choses sont un peu plus complexes en Syrie où Al-Assad est avant tout un Baasiste pur et dur, sans parler du Hezbollah libanais lequel dispose de ses propres priorités stratégique malgré un clientélisme affiché a l’égard de l’Iran. Reste le cas du Yémen. Un cas d’école.

Au Yémen, c’est Ryad dont les appréhensions à l’égard d’un Obama jugé trop subtil-jugement et méfiance partagés par une bonne partie des extrémistes israeliens- qui a décidé de passer à l’offensive sans attendre. Depuis le 26 mars 2015, l’Arabie Saoudite à la tête d’une coalition formée en quelques heures à peine et sans passer par aucun mécanisme diplomatique multilatéral, lance une campagne de raids aériens contre les forces combinées des tribus Houthis et les forces régulières fidèles à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Salah. Les cris d’orfraie lancés par les saoudiens dont la force militaire face au pauvre Yémen sont sans commune mesure et pour le moins écrasante ont étonné plus d’un. Ryad réclame une aide militaire d’urgence de ses alliés et plus particulièrement du Pakistan et de la Turquie. L’Egypte, fortement  intéressée par les retombées financières d’une participation militaire aux côtés de Ryad, préconise une force militaire arabe conjointe en évoquant le traité de défense commune arabe mais les états-majors des dix pays arabes ayant répondu présent estiment qu’il leur est impossible de créer une structure de commandement conjointe dans un délai raisonnable, c’est-à-dire dans les six prochains mois. Les saoudiens sont furieux. A croire que les officiers arabes passent leur temps à jouer au poker depuis 50 ans.

Les négociations sur le nucléaires iranien sont mal perçues par l’Arabie Saoudite et Israël. Washington joue sur trois tableaux et n’hésite pas à pratiquer un rétropédalage de conjoncture quand il le faut. Au Yémen, les Etats-Unis ont donné leur feu vert aux saoudiens tout en tablant sur un double endiguement des saoudiens et des iraniens. Donc oui assister l’un mais pas trop; presser l’autre mais jusqu’à une certaine limite. Par dessus tout empêcher Tel-Aviv d’agir unilatéralement dans l’aire de jeu US.

C’est un petit pari réussi vu l’ampleur du désastre enregistré dans la politique moyen-orientale de Washington depuis 2003. L’Arabie Saoudite n’a plus que deux choix possibles: gagner promptement sa guerre au Yémen, impossible sans une intervention terrestre d’envergure, ou y mettre fin. Ce qui est peu probable vu la mentalité tribale des saoudiens. L’Iran a les mains liés au Yémen et le blocus naval et aérien risque d’asphyxier les forces hostiles aux saoudiens, notamment en matière de réapprovisionnement en munitions. Cependant, dans leurs obsessions sécuritaires, les saoudiens agissent comme si les yéménites sont déjà en train de marcher sur Médine.

S’agit-il d’un conflit confessionnel entre Sunnites et Chiites à l’œuvre en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen comme le laissent aisément suggérer certains médias occidentaux? Un simple vernis sémantique cachant mal une lutte d’intérêts géostratégiques complexes. Dans les faits, l’Arabie Saoudite est Wahabite et ne tolère donc ni le Sunnisme orthodoxe qu’elle tente de profondément modifier à coups de milliards de dollars et encore moins le Chiisme qu’elle déclare apostât et totalement en dehors de l’Islam.

Les notions et les concepts n’ont plus aucune valeur d’analyse dans la situation actuelle au Moyen-Orient. Il n’y a plus d’ennemis ni d’amis mais tout le monde tire sur tout le monde si l’opportunité se présente. En filigrane, les cartes se redessinent et les lignes de forces évoluent vers une nouvelle configuration aussi bouleversante que celle issue des Accords de Sykes-Picot au lendemain de la première guerre mondiale.

Voilà ou a mené l’échec d’un plan impérial au Levant.

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