Depuis un mois, les forces régulières syriennes éprouvent d’énormes difficultés au combat face aux nouvelles unités de Daech et du Front Ennosra constituées majoritairement de volontaires Tchétchènes et d’Ouighours chinois. 

Cela s’est confirmé à Jisr Echougour où une garnison syrienne assiégé dans un hôpital à repoussé sept assauts consécutifs avant de se replier (65 hommes et un colonel ont pu regagner la capitale où ils ont été félicités par Bashar Al-Assad en personne) ou encore à Palmyre (Tadmor) où les troupes de choc syriennes n’ont pu empêcher l’avancée des combattants ex-soviétiques et chinois de Daech. 

Ironie de l’histoire, la Syrie d’Al-Assad, fidèle alliée de l’ex-Union Sovietique puis de la Russie ainsi que la Chine, s’est retrouvée en train de combattre des ressortissant de ces deux grands pays ayant rejoins la voie du grand Djihâd de l’OTAN par les grâces de la Turquie d’Erdogan. 

Tous les témoignages émanant de militaires syriens font état de la combativité extraordinaire des chefs de guerre tchétchènes et, fait nouveau, de la capacité des combattants Ouighours à mener des assauts frontaux sous le feu. Ces derniers sont également très redoutés pour leur parfaite maîtrise du maniement des armes blanches. Les commando-parachutistes des 23 et 25 régiments aéroportés des forces syriennes en connaissent un bout à ce sujet. 

La guerre continue et Al-Assad ne cesse d’affirmer que la perte d’une bataille ne signifie point la perte de la guerre. L’armée syrienne, fortement soutenue par les unités d’élite du Hezbollah libanais sont en train de remporter une série de victoires au Qalamoun. Au centre du pays, l’aviation syrienne a repris ses raids aériens sur Palmyre et ses environs pendant que des milliers de soldats s’apprêtent à lancer une contre-offensive pour la reprise de la cité antique. Plus au Nord, l’armée syrienne tente de reprendre la main dans la province d’Alep. 

Le Hezbollah a reconnu combattre partout en  Syrie sans que cette implication ne mette en péril son dispositif défensif face à Israël. 

Dans ce conflit à mort entre deux grands blocs principaux, il ne fait guère de doute que la guerre risque de s’éterniser. Pour l’instant aucun des belligérants n’est en mesure de l’emporter de manière décisive. C’est ce que recherchait Tel-Aviv depuis longtemps. 

Le grand jeu continue. 

   

   

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8 commentaires


  1. le grand jeu continue… A mon sens il faut éviter d’appeler cette situation « jeu ». Même si je perçois depuis que je lis votre blog, le sens que vous mettez dans ce mot.
    L’ Etat Syrien a été détruit, la reconstruction reste une priorité. On ne reconstruit pas à coup de canon, tout comme on ne fait pas naitre un « Etat Islamique » à coups de canon également. Je vois derrière cela la manipulation de deux blocs…Bien en amont, cette guerre sera sans fin, entretenue par ces deux superpuissances.
    Même si il est important de comprendre et votre blog permet à sa mesure d’éclairer le lecteur. Ce soir je pense aux victimes, nombreuses. Je pense à l’ignorance qui a été une des raisons provoquant la mort de ces gens.
    Je pense à la responsabilité de tous, plus ou moins grande.
    Lorsque la crise sera passée, la gueule de bois sur le point de disparaitre, restera la honte. Pour tous. On ne reconstruit rien sur une histoire honteuse. On se tait. On se dissimule.
    Cette époque accouchera d’un simulacre de vie.

    1. « Cette guerre sera sans fin » ce n’est pas mon avis…
      quant à « on ne fait pas naitre un « Etat Islamique » à coups de canon »
      j’entends déjà le futur nous affirmer que tout état ou empire c’est bâti dans le sang la terreur que le pouvoir ce conquiert que pour installer la justice il faut desfois ect ect…

      1. Oui je comprends ce que vous dites. L’histoire parle pour nous dire que tous les Etats et Empire se sont construits dans la terreur et le sang.
        La justice, celle dirigée pour le respect de la vie, pour la construction, même si cette idée parait utopique et bien loin de la réalité d’aujourd’hui et d’hier.
        Mais cette idée doit rester l’énergie de ce qui nous anime. Quoiqu’il arrive, contre vent et marée.
        Ce n’est pas du blabla, je pense sincèrement, profondément, ce que je dis.
        La fureur, la mort, arracher les idées et le cœur de ce que l’on veut conquérir n’est rien d’autre qu’un aspect de la mort et du néant.
        Je crois en la démocratie au sens étymologique du terme, je crois à la « dépavlovisation » des gens.je crois en tout ce qui peut apprendre, à éduquer le libre arbitre dans cette perspective de respect de l’autre, de ses pairs, de la vie, sous toute ses forme. Regarder sous ce nouvelle angle sera aussi difficile que de se foutre sur la gueule, sera aussi difficile que de s’entretuer, mais ce nouveau paradigme, sera tourné vers la vie.
        Nous construisons des systèmes morbides, ses fondements sont l’asservissement et la mort. Ceci ne conduit à rien sauf à l’illusion de la puissance ridiculement courte et infertile.
        Palmyre à des milliers d’années, et sont nom est associé à ses personnes ayant œuvré à sa création.
        Je ne suis pas sur que les créations d’aujourd’hui soient faites dans le même esprit de longévité et les circonstances de ces créations seront, assez majoritairement, associées à des abominations.
        Oui je crois à l’idée de monter un Etat à grand coup d’utopie, ce qui n’est pas le cas des protagonistes de notre situation actuelle.
        Il est plus facile de trancher la gorge que de pardonner.
        Le pardon demande une certaine humilité. entre autre.
        Cordialement.

    2. Il faudra au minimum plus de 50 ans pour faire revenir la Syrie à son niveau de développement de 1994…

      1. Ne pas tuer le plongeur sous marin mais lui enlever ses palmes.
        Voilà ce qu’ils ont fait de la Syrie.

    3. L’expression que j’utilise à la fin de mes billet est une référence implicite à une discussion que j’ai eu il y a trois ans avec des acteurs influents des événements en cours dans la région centrale du monde. J’en ai été un peu surpris à l’époque mais cynisme et géostratégie vont le plus souvent de pair. Je comprends tout à fait votre point de vue que je partage au plus haut point.


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