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Paradox [CPS] WW
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27/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

L’aveuglement idéologique et l’extrémisme nihiliste des tenants du système financier international est en train de radicaliser Moscou et Pékin. Ces derniers commencent à adopter des postures agressives, conséquences inévitables de la guerre économique mondiale à outrance.

Quand l’un des deux protagonistes dépasse une des lignes rouges, l’autre n’a d’autre choix que de tirer un peu plus sur la corde. L’art de tirer sur la corde étant difficile. Le seuil de rupture est toujours fluctuant en deçà d’une certaine limite.

La Russie n’hésite plus à fournir des systèmes d’armes anti-aériens à Téhéran ou à livrer des avions de combat Mig-31 E au vu et au su de l’ensemble des services de renseignement occidentaux et arabes.

Plus subtil mais non moins redoutable, Pékin tente de jouer sur les valeurs du taux de change du Yuan pour contrer l’offensive américaine et britannique visant à briser l’économie chinoise tout en rappelant la menace d’une guerre en péninsule coréenne; un véritable front susceptible de s’embraser à tout moment. La stratégie US au pacifique tente de transposer la menace de guerre sur le flanc oriental de la Chine en focalisant sur la Mer de Chine orientale, point de départ du supposé « Collier de Perles » chinois vers le centre du monde où se concentrent les réserves mondiales en énergie fossile.

En Syrie, un  autre lot de six avions de combat Mikoyan Mig-31 E (Микоян МиГ-31) vient d’être réceptionné par l’armée de l’air syrienne à l’aéroport militaire de Damas. Rien de nouveau. Ce qui l’est par contre est que les unités chargées de la défense aérienne relevant de la division syrienne déployée au Golan n’ont pas hésité à ouvrir le feu de l’artillerie antiaérienne.

Les israéliens sont forts mécontents de la tournure des évènements en Syrie. Leurs renseignements militaires ont beau considéré que la Syrie n’existe plus. Quatre roquettes tirées à partir du Golan ont atterri dans la zone occupée par Israël. L’aviation israélienne a ciblé des positions de l’armée syrienne en considérant que quelle que soit la partie ayant ordonné le tir de missiles contre Israël, c’est Damas et Téhéran qui en sont forcément responsables.

Le chaos mis en place en Syrie et en Irak mais également en Egypte ne suffisant pas à dégager une nouvelle cartographie telle que souhaitée par les théoriciens israéliens, il apparaît désormais impératif d’ouvrir d’autres fronts. La déstabilisation du Liban, pays fort fragile, semble s’inscrire dans le long-terme. Reste à savoir si une nouvelle guerre au Liban avec cette fois-ci un risque réel de dislocation au profit de Daech s’averera rentable. Le retranchement d’un mouvement comme le Hezbollah entre deux enclumes et un marteau semble être la stratégie suivie.

Le Qatar et la Turquie ont proposé un départ d’Al-Assad et son exil en Iran. En échange, ils accepteront une prise du pouvoir par son vice-président. Niet diplomatique de Moscou, lequel estime que c’est aux syriens d’en décider. Ryad et Washington et à leur suite, les européens s’accrochent toujours à l’obssession anti-Assad. L’armée syrienne et ses alliées sont toujours l’une des principales forces de combat, même dans les analyses israéliennes.

Changement d’aile. Du côté du Dniepr, on s’efforce de se préparer à une autre confrontation avec des moyens plus conséquents tout en évitant un conflit classique ou même de 4e génération. Il faut faire la guerre par proxy tout en faisant semblant de regarder. Exercice fort difficile. Ce n’est plus une paranoïa de submersibles russes mais un front ressemblant de plus en plus au dernier conflit mondial.

A force de piquer la Chine, les faucons de Washington finiront bien par en obtenir une réaction. Les Chinois sont patients. Ils savent que le temps n’est point en leur faveur, avec un déficit démographique certain dans un horizon prévisible. Faire le dos rond et regarder ailleurs tout en rassemblant ses forces n’est pas toujours une stratégie qui paye. Malgré l’immense effort de guerre chinois, dont on ne connait presque rien, Pékin continuera à recourir au Joker Nord-Coréen. Et ce dernier répond toujours présent. La Chine tient au système financier actuel aussi fictif qu’il soit, mais se montre prêt à le laisser s’écrouler si les intérêts suprêmes de la Chine sont menacés. Une nouvelle guerre en péninsule coréenne aura de terribles répercussions  sur les économies du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan. La Chine continentale aussi mais une phrase en vogue au sein des cercles dirigeants chinois résume à elle seule ce que certains stratèges chinois pensent réellement: « Si on est prêts à tous les sacrifices et si l’on fait montre d’une inébranlable détermination, on sortira vainqueurs d’une guerre thermonucléaire globale »  On en est pas là. Cela résume cependant jusqu’à quel point le monde dans lequel on vit aujourd’hui est bien plus dangereux que celui des des années 70 et 80.

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