Stats

  • 6 227 605 Hits
360TotalSecurity WW
Paradox [CPS] WW
Paradox [CPS] WW
23/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Golan: nouvel enjeu de la guerre en Syrie

La liesse des dirigeants israéliens suite au mystérieux raid aérien ayant éliminé le 19 décembre 2015 à l’aide de missiles Air-sol de longue portée  Samir Al-Kantar à Germana près de Damas, a été de courte durée.

Le Hezbollah libanais a en effet promis une réponse à cet acte de guerre en soulignant que Tel-Aviv sera totalement surpris par le choix des moyens et du lieu.

Une lecture attentive du discours du Secrétaire Général du Mouvement libanais laisse très clairement entendre que l’assassinat de Samir Al-Kantar aura une réponse et on est tenté de croire que le plateau stratégique du Golan sera le lieu des représailles.

Le druze libanais que Tel-Aviv a assassiné était l’un des principaux conseillers du Hezbollah pour le Golan, un plateau stratégique qu’Israël a occupé en 1967 sur la Syrie et illégalement annexé en 1981 (Cf. Résolution 497 du Conseil de Sécurité des Nations Unies)

Or Samir Al-Kantar, un ancien membre du Front de Libération de la Palestine dans les années 70 et ex-détenu des prisons israéliennes, est devenu, après sa libération en 2008 dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah, l’un des principaux architectes d’une sorte d’armée de libération du Golan.

L’une des conséquences collatérales de la guerre imposée à la Syrie par ses adversaires traditionnels est l’implantation  du Hezbollah libanais dans la partie non-occupée du Golan dans le cadre de l’aide militaire que ce mouvement apporte à Damas.

Dans les faits, des milices dont l’organisation est calquées sur celle les Pasdarans iraniens et dotées d’un nombre impressionnant de roquettes et de missiles se sont installés au Golan, se battant avec succès contre le Front d’Ennosra soutenu par Israël.

Personne à Tel-Aviv, où on applaudissait à deux mains la chute de Gaddafi en Libye et la terrible guerre civile visant Al-Assad en Syrie, ne pensait que le processus du Printemps arabe aller aboutir à une guerre pour le Golan. Une éventuelle perte du Golan par les israéliens peut entraîner sinon la disparition totale de l’Etat d’Israël, du moins sa somalisation ou fragmentation en plusieurs entités.

Il est pour le moins surprenant de constater comment ce que certains avaient baptisé « Printemps Arabe », en réalité une série coordonnée de révolutions colorées limitées de type 2 visant un changement de régimes hostiles ou semi-hostiles de certains pays du monde arabe,  a fini par aboutir à une guerre régionale majeure impliquant l’ensemble des grandes puissances mondiales.

%d blogueurs aiment cette page :