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21/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

L’Algérie forcée à choisir un camp dans la Grande Guerre du Moyen-Orient

Peut-on objectivement évoquer un abus de confiance entre gouvernements? C’est pourtant ce que ne cesse de clamer le gouvernement algérien à travers des relais non officiels mais non moins autorisés au sujet d’un coup tordu de la part du gouvernement de gauche au pouvoir en France.

L’insolite existe aussi en géopolitique:  L’abus de confiance. Du jamais vu. Entre Alger et Paris, on en est pas à une escroquerie près mais là, c’est le bouquet.

En réalité, après avoir tenté d’acheter la paix sociale à coups de milliards de dollars de subventions, Alger a acheté le silence et le soutien du gouvernement de François Hollande à coups de dizaines de milliards de dollars US, de contrats de gré à gré exclusifs ou encore super-préférentiels, le plus souvent sans aucune contre-partie. Pire, même en livrant des pans entiers de son économie, Alger n’a pu obtenir les mêmes avantages que Rabat alors que ce dernier ne fait qu’accueillir les investissements directs de l’Union Européenne par l’entremise de Paris. Cela est devenu une évidence dans des secteurs aussi divers que l’automobile, la sous-traitance de l’industrie aéronautique, l’agro-alimentaire ou encore les télécoms.

Certes la presse française a très peu ou pas du tout évoqué l’Algérie ces dix dernières années, ordres de l’Elysée, histoire de préserver des intérêts économiques (en fait une véritable manne dont le montant donne le tournis en ces temps de vache maigres) mais l’échec de négociations au sujet d’autres contrats, et, dans la foulée, un échec d’une médiation entre Paris et Damas par l’intermédiaire d’Alger a provoqué une exacerbation des passions. Le premier ministre français Manuel Valls, invité par la présidence algérienne (en fait suite à une intrigue de sérail) a refusé de jouer le jeu en recourant à un expédient très peu recommendable en matière de protocole et en tentant surtout d’exploiter très puérilement l’état de santé du président algérien. Ce qui a suscité une très grosse colère à Alger où l’on s’est soudainement rappelé d’un lointain et vague passé « révolutionnaire » tiers-mondiste après une frénésie néolibérale.

Cela aurait pu s’arrêter là. Sans l’intrusion de l’Arabie Saoudite. Ryad a en effet choisi ce moment précis pour dévoiler publiquement son hostilité (le mot est faible) à l’égard de l’Algérie. Les relations entre Alger et Ryad n’ont jamais été bonnes et c’étaient les algériens qui faisaient tout pour ne pas trop froisser un pays qu’ils savaient très influent. En vain.

Les Saoud 4.0 s’embarassent très peu de diplomatie: ils ont acheté l’arme nucléaire à titre privé et n’ont pas hésité à acheté des îles égyptiennes, s’allier de manière ostentatoire à Israël  et mener une guerre sans merci contre le pauvre Yémen tout en finançant un conflit fort onéreux en Syrie. Ils ont également décidé de punir tous les pays n’ayant pas rejoint leur coalition. L’Algérie figure en tête de liste des pays à sanctionner. Il fallait donc prendre position.

Ce n’est pas pour rien que l’Algérie a dépêché en urgence un émissaire de haut rang chez le président syrien Bashar Al-Assad pour lui exprimer un total soutien. D’habitude prudents afin de ne pas froisser les riches pays du CCG, les algériens viennent de rejoindre de plein pied l’axe Damas-Téhéran-Moscou. Plus par dépit que par conviction vu la nature pragmatique et corrompue du régime. Mais ce positionnement en rappelle d’autres: lors de la guerre Iran-Irak, Alger avait choisi de soutenir  aux côtés de la Libye et de la Syrie, Téhéran contre Baghdad. Une attitude que Ryad n’a jamais oublié.

 

 

 

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