Archives mensuelles : juillet 2016

La Turquie nouvelle assiége Inçirlik

Comme nous l’avons annoncé ici, la base d’Inçirlik demeure encerclée depuis le putsch militaire raté contre le président Erdogan: plus de 7000 éléments d’élite de la police turque, dotés de véhicules blindés, de missiles antiaériens portatifs et de systèmes antichars assiègent la base aérienne d’Inçirlik (Adana) en Turquie méridionale. 

Cette base stratégique utilisée par les États-Unis et leurs alliés de l’Alliance Atlantique dont la Turquie est un État membre joue un rôle de premier plan dans les opérations militaires de l’empire au Levant et l’ensemble du Moyen-Orient. Mais ce n’est pas tout: la base abrite près d’une centaine (estimations variant entre 60 et 95 unités) d’armes nucléaires tactiques d’une puissance évaluée par des analystes turcs à une douzaine de mégatonnes.

Des sources turques évoquent un incident qualifié d’assez sérieux intervenu une semaine auparavant aux alentours de la base lorsque des commandos non identifiés ont tenté de briser le siège de la police turque. Un double incendie de diversion suivi par un très intense échange de tirs ont abouti à un statu quo assez inquiétant. 

Des snipers turcs positionnés à l’extérieur de la base recourent depuis jeudi à  des tirs sporadiques de provocation. L’un de ces tirs de précision (utilisant un calibre 12.7 mm) aurait atteint le secteur utilisé par les militaires US, faisant monter d’un cran supplémentaire l’extrême tension prévalant désormais entre Ankara et Washington. 

Ce qui est rapporté ci-dessus se passe dans un pays de l’Otan où est entreposé une impressionnante force de frappe nucléaire. 

Ironie du sort, ces événements signent de façon irrévocable la fin de l’Otan, quelques jours à peine après son dernier Sommet de Varsovie, lequel s’est révélé de très mauvaise augure. 

Il demeure totalement invraisemblable que les partisans du président Erdogan puissent convoiter les armes nucléaires à Inçirlik comme le laissent entendre certaines rumeurs folles en Turquie (colportées entre autres par la mafia, le PKK et …Daech!) Cependant une chose est certaine: Erdogan semble être résolu à quitter l’Otan. C’est du moins ce qu’affirment ses partisans les plus proches. Reste à savoir quand et comment. Un véritable casse-tête technique, juridique et politique. 

Dans les faits, la Turquie pourrait très bien demeurer au sein de l’Otan tout en se considérant en dehors de cette alliance. Or tous les échos en provenance de Turquie renforcent cette idée.

Nous sommes donc face à une Turquie nouvelle, en rupture totale avec celle ayant existé de 1924 à 2015. Les dirigeants de l’Union Européenne se sont tellement auto-intoxiqués en tentant se persuader que le putsch n’était qu’une énième machination d’Erdogan (ce qui est non seulement erroné mais non dénué d’une certaine perfidie) qu’ils ont oublié l’essentiel: un pays hautement stratégique à cheval entre l’Occident et l’Orient, entre le Nord et le Sud, ayant joué un rôle primordial dans la stratégie occidentale durant la guerre froide et bien au delà, est en train d’être perdu. Cela a un nom: c’est un désastre stratégique complet.

Finalement, ceux qui ont confectionné les révolutions de couleurs et autres ingénieries du chaos (dans le monde musulman et sur les marches historique de la Russie notamment) se sont révélés non seulement de bien piètres stratèges mais totalement à côté de l’histoire…

C’est une leçon d’histoire. Une autre.

La fin

L’avancée significative des troupes syriennes et des unités auxiliaires à Alep (Nord), le retour de l’aviation syrienne au dessus de la Ghouta près de Damas et le renforcement du dispositif militaire syrien à Deraa et au Golan (Sud) marquent un tournant stratégique dans la guerre en Syrie. 

Cela a naturellement provoqué un très fort mécontentement à Londres et à Paris, sous-traitants officiels de l’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis.

A chaque fois que les alliés radicaux de Paris et Londres essuient une défaite, ces derniers montent au créneau et exigent une trêve. Trop tard. Malgré le grossier et horrible attentat de Rouen, menés par des très jeunes recrues analphabètes des services de renseignement, lequel a fait une victime innocente, plus personne, dans les milieux avisés, ne croit aux thèses du gouvernement français actuel. Ce dernier aurait pu démissionner mais l’argent des pétromonarchies du Golfe est plus fort: l’intérêt personnel passe avant tout. 

La percée militaire syrienne intervient dans un contexte particulier marquée par l’émergence d’une Turquie nouvelle où les bases militaires sont démantelées et où les bases de l’Otan sont encerclées et assiégées par des forces spéciales. Le président Erdogan a fini par découvrir qui est qui, qui fait quoi et par dessus tout, qui tue qui.   

Qui tue qui depuis le 11 septembre 2001? 

Le monde change. Celui qui a le premier posé cette question pour discréditer son adversaire est aux abois, ne sachant plus à quel Saint se vouer. C’est la fin d’une supercherie. 

L’enjeu des prochaines présidentielle US est capital: le prochain président US déterminera cette fois-ci deux événements très redoutés: la nucléarisation de la guerre mondiale en cours (la troisième, en mode hybride) et par dessus tout la guerre civile US 2.0. 

C’est pour cela que tout est devenu possible. 

Le désarroi des faiseurs de guerre est devenu tellement extrême qu’ils sont désormais prêts à tout. 

Il n’y a plus de logique. 

Nota

Nous reprendrons nos publications à tout moment dans un délai maximal de 96 heures. 

Strategika51 est en train de réévaluer ses grilles d’analyse et de lecture à la lumière de l’évolution spectaculaire de la situation du conflit mondial en cours (il faut avoir le courage nommer les choses par leur nom)

Ceci n’est pas une suspension de publication. 

Nous sommes également à la recherche de sponsors. 

Pour en finir avec le mythe d’un monde meilleur si les femmes étaient au pouvoir…

Qui est l’idiot fini qui a osé dire un jour que le monde serait infiniment plus pacifique si les femmes étaient au pouvoir? 

Avec une détraquée comme Theresa May, Premier ministre de Sa Majesté britannique, et, probablement, la menteuse hystérique Hillary Rodham Clinton comme POTUS (président des États-Unis) en 2017, on peut légitimement s’attendre à bien pire que les crimes commis par les politiques suicidaires d’un  George W. Bush ou un Tony Blair…En d’autres termes un véritable holocauste nucléaire où les populations civiles seront une cible justifiée.

Le mal n’a pas de genre.
 

Syrie: des militaires US et britanniques sous les bombes russes…

Des informations assez précises évoquent un raid effectué hier par des avions de combat russes contre des positions de l’organisation terroriste connue sous le nom du Front Al-Nusra près de Tenef (Syrie méridionale)

Cette position secrète a déjà fait l’objet d’un raid aérien russe et syrien en juin 2016, suscitant une très vive tension entre Londres, Moscou et Washington. C’est l’une des causes ayant amené le Département d’Etat US a étendre la liste des sanctions internationales contre la Syrie.

Ce raid aérien contre une position terroriste a failli déclencher ce que l’on redoutait le plus: une confrontation militaire directe entre les Etats-Unis d’Amérique et la Russie.

Il s’est avéré que les bombardiers russes ont visé une position clandestine américaine servant de base logistique à l’organisation terroriste Jabhet Al-Nusra.

Moscou insiste qu’il a avisé à l’avance le centre de commandement de la coalition sis en Jordanie de son intention de cibler les organisations terroristes évoluant dans la zone ciblée. Dans les faits, une vingtaine de militaires britanniques ont quitté cette position à la hâte une journée avant le raid, confirmant que leur commandement avait reçu l’avertissement russe.

L’incident a été assez sérieux pour susciter une très forte réaction US, promptement contrée par le Chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov.

Le Kremlin a annoncé aujourd’hui ne détenir aucune information sur un éventuel raid aérien ayant visé une “base américano-britannique” en Syrie.

En réalité, les russes ne cachent plus leur profonde exaspération vis à vis des comportements totalement irresponsables des pays de la coalition dans la guerre en Syrie, en soulignant l’inconséquence et la précipitation de Paris à mener un raid aérien à Minbej (Nord-Est d’Alep), dans une zone sous contrôle gouvernemental syrien, tuant plus d’une centaine de civils, ou encore le rôle croissant des “instructeurs” britanniques au sein des unités des organistions terroristes Nur-Eddine Zenki et Al-Nusra.

Tripoli condamne l’ingérence militaire française en Libye

Le gouvernement libyen installé a Tripoli a vivement condamné “la violation de la souveraineté de la Libye par des mercenaires français” après la mort de trois sous-officiers du service Action de la DGSE près de Benghazi. 

Des manifestations de rue contre l’ingérence française ont même été organisées ce matin dans plusieurs localités de la Tripolitaine. 

De leur côtés, les forces loyales à l’ancien régime, regroupées autour des brigades du renseignement militaire (c’est cette force qui s’est portée au secours des Navy Seals US lors de l’assaut sanglant contre le consulat US de Benghazi) ont annoncé que tout “espion français ou jordanien identifié comme tel sera systématiquement exécuté sans aucune forme de procès”.

Contrairement à leurs homologues britanniques, présents en Libye depuis févier 2011, les opérateurs français en Libye n’agissent pas pour le compte de leur pays mais pour les intérêts d’un État du Golfe Arabo-persique tentant de jouer un rôle de premier plan dans les sables très mouvementés du chaos libyen en soutenant les forces du général Hafter et une faction du gouvernement de Tobrouk. 

La France et l’Égypte ont mis leurs avions de combat au service de Hafter. On parlait alors d’avions de combat non-identifiés bombardant lors de missions de CAS des positions hostiles aux forces de Hafter. 

la présence d’opérateurs clandestins allemands, britanniques, français, italiens ou turcs  n’est pas nouvelle en Libye. Des informations non confirmées à ce jour imputent la localisation et l’interception du Colonel Gaddafi après sa survie à deux bombardements aériens successifs ayant visé son convoi près de Syrte en octobre 2011 à l’intervention d’une unité de mercenaires franco-allemands “embedded” au sein des rebelles de Misrata.

Golan: un drone peut en cacher un autre…

YassirUAV

Le drone en provenance de Syrie ayant survolé durant plus de 63 minutes la portion occupée du plateau du Golan le 17 juillet 2016 serait, selon un site proche des milieux militaires israéliens, un UAV de fabrication iranienne dénommé “Yasserياسر et serait une copie améliorée (reverse engineering) d’un drone US ScanEagle ayant été piraté puis abattu par la défense spatiale iranienne au dessus de leur territoire le 17 décembre 2012.

Ce type de drones est utilisé par le Hezbollah libanais mais également l’armée syrienne. Le 17 juillet, un drone similaire a survolé une zone militaire israélienne interdite au Golan et a pu revenir à sa base sans être intercepté. Deux F-16 I Sufa israéliens ont vainement tenté d’abattre l’appareil sans pilote au moyens de missiles AA (Air-Air) Python après qu’une batterie de missiles Patriot ait échoué à le détruire.

Les missiles Patriot et Python ont fait l’objet de mesures de brouillage électronique puisque les deux missiles intercepteurs se sont auto-détruit en plein vol-on évoque une collision, alors qu’un missile AA lancé par l’un des F-16I a dévié de sa trajectoire en se dirigeant vers le sol.

Les technologies embarquées par le ScanEagle US ayant été capturé par les iraniens en 2012 étaient classifiées et faisaient partie d’un programme avancé supervisé par la DARPA (Defence Advanced Research Projects Agency). Une partie de ces technologies a été fournie par les iraniens aux russes et aux chinois.

C’est en quelque sorte le fruit d’un transfert de technologies par conflit interposé…

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