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Paradox [CPS] WW
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25/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Je vous hais parce qu’il y a 2500 ans, un inconnu s’en est pris à ce que je crois être mes ancêtres…

La rationalité n’a jamais constitué un élément fondamental dans l’idéologie du mouvement sioniste. Ultime illustration: la dernière récrimination, à Moscou, du Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahu, au sujet d’un hypothétique antisémitisme de la Perse antique, dont l’Iran actuel serait l’héritier. Cette énième lamentation a fait réagir le Président russe, Vladimir Poutine, qui a trouvé là un moyen de transmettre un message par delà l’épaule de son interlocuteur à Ryad, en rappelant à celui qui se prend pour le sauveur d’Israël en ces temps de guerre universelle qu’il fallait mieux se concentrer sur les problèmes du monde actuel et éviter de ramener de vieilles histoires remontant au 5ème siècle avant Jésus-Christ.

Pourtant, l’histoire retiendra que Cyrus le Grand a joué un grand rôle dans le sauvetage des communautés juives du Moyen-Orient. Mais Netanyahu n’en a cure. Pas un mot d’Esther. Il a un marteau dans la tête et pour lui le monde se compose d’une myriade infinie de clous de différentes dimensions. Encore que rien ne permet de statuer de manière précise et encore moins définie si Netanyahu aurait le même génotype que celui des populations exilées à Babylone après la prise de Jérusalem par les armées assyriennes. C’est en cela que réside la force du mythe, ce mythe fort douteux sur lequel se sont bâtis tant de nationalismes et autres sentiments d’appartenance.  

La propension des sionistes à entretenir une haine tenace à l’égard de certains personnages historiques relève de la pathologie psychiatrique. Ils haïssent au plus haut point Alexandre le Grand de Macédoine, vouent aux gémonies Socrate et Aristote, insultent la mémoire de Platon, ne pardonnent pas à Spinoza sa clairvoyance et se moquent encore de Schopenhauer, Heidegger et Hegel.

Que dire alors des personnages historiques plus récents? Netanyahu s’est insurgé récemment contre l’idée même de faire baptiser une rue du nom de Yasser Arafat, l’un des pères du mouvement national palestinien, par une petite municipalité palestinienne. La haine est non seulement tenace mais éternelle.

Netanyahu n’est pas, fort heureusement, représentatif de l’ensemble des israéliens. Il s’identifie à une certaine catégorie corrompue, incompétente et vénale ayant totalement perdu le sens des réalités avant, pendant et probablement après l’échec de la guerre en Syrie, représentée par les médias dominants comme une sorte de guerre civile alors que de par ses débordements et ses immenses enjeux, cette représentation ne résiste pas à l’ombre de la première analyse d’écolier.

La guerre en Syrie a définitivement bouleversé l’ensemble de la tectonique géostratégique du Proche et Moyen-Orient et a eu une impact direct sur les rapports de force au niveau mondial. Ce n’est pas en évoquant un texte de l’Ancien Testament auquel Netanyahu n’y croit guère que l’on établit un titre de propriété et ce n’est pas non plus en évoquant un roi Assyrien des époques obscures que l’on justifie l’immense gâchis que fut la guerre en Irak de 1991 à 2011.

Le monde actuel, en proie à une crise systémique sciemment et délibérément maintenue, n’a probablement rien à faire avec ce type de pensée magique fétichiste animant des psychotiques dotés d’un impressionnant arsenal d’armes de destruction massive. Imaginez un instant si tout le monde commençait à chercher dans l’histoire, une histoire établie par convention et donc non réelle, des motifs pour détester autrui? 

Ceci dit, je serai le premier à défendre la mémoire de Socrate, quels que soient les circonstances, car c’était un homme juste. Et les hommes justes ne sont pas légion…

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