Analysis

Syrie: du Cheval de Troie à Afrin, la guerre a toujours été un stratagème

Notre lecture des évènements en Syrie s’est avérée assez correcte.

Lors de son entretien avec le président du Conseil stratégique iranien, le président syrien Bachar Al-Assad a affirmé que la récente offensive turque sur des enclaves kurdes en Syrie du Nord fait partie d’un plan US pré-établi dans lequel Ankara joue à la fois sur deux tableaux contradictoires et deux postures antagonistes et irréconciliables afin de tromper Damas et ses alliés à Moscou et Téhéran.

Le gouvernement syrien a non seulement fermement condamné ce qu’il a qualifié d’agression turque sur une partie de ces territoires mais a enjoint à toutes les tribus Arabes et Turkmènes du Nord à soutenir leur concitoyens kurdes face à cette agression.

Cela met fin aux doutes quant aux positionnements réels du président turc Tayep Erdögan qui n’a cessé de balancer dans tous les sens depuis 24 mois. La Turquie est toujours l’un des membres les plus importants de l’Alliance Atlantique mais également un des piliers majeurs de toute la stratégie US au Moyen-Orient. Erdögan a beau insulter et vilipender l’ensemble des Chefs d’État et de gouvernements européens, critiquer à fond la caisse l’Europe, louer les hauts faits d’armes des braves Sultans Ottomans ou d’évoquer la Baraka de Soliman le Magnifique et de Mahmoud le Conquérant, il sera toujours reçu en grandes pompes et avec des courbettes en Europe parce qu’il continue à être l’un des principaux acteurs du plan global visant à rétablir la suprématie US, plan auquel les européens sont associés en tant que simple ressource utilisable et non en tant que partenaires. Cela explique en partie le mépris sans borne affiché par Erdögan à l’égard d’une Europe fantôme. Dans les faits, l’Europe ne compte plus.

L’offensive limitée des forces Turques sur Afrin et la volonté d’y créer une bande isolante de 30 à 45 kilomètres en territoire syrien n’est qu’une ruse de guerre pour Damas. La thèse selon laquelle la politique US dans la région se heurte aux intérêts stratégiques nationaux de la Turquie n’est qu’un écran de fumée visant à déconstruire la vision stratégique commune de l’Axe Damas-Moscou-Téhéran.

Aux bottes turques au Nord d’Idlib répondent les bannières étoilées US arborées bien en évidence dessus des Stryker ICV à Hasaka-et ceci est assez révélateur sur la profondeur de la frustration ressentie par les militaires US dans la région et tout particulièrement en Irak où ils ont tout perdu.

Les turcs ont établi des liens économiques assez étroits avec la province rebelle d’Idlib en Syrie. Mais pas seulement: Damas a d’anciennes revendications sur Alexandrette (Iskanderun) et l’occupation sinon le contrôle d’Idlib est une sorte de gage sur l’avenir pour une Turquie obsédée plus que jamais par son passé.

Pour la faction belliciste de Washington, embrouillée par une présidence rebelle, les choses sont à la fois plus claires et plus compliquées: l’objectif initial et unique est toujours le même et il s’agit d’un changement de régime en Syrie au profit d’Israël et de l’Arabie Saoudite et peu importe les moyens à employer.

Du Cheval de Troie à Afrin, la guerre a toujours été une série de stratagèmes plus ou moins élaborés que les historiens officiels du camp des vainqueurs s’attellent à polir et à maquiller selon les besoins du régent. A une exception près, toute l’histoire n’est-elle pas  en définitive qu’un amoncellement de fonds de teint plus ou moins réussis?

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24 réponses »

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