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16/04/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Entre cecité européenne, acharnement US, rage russe, détermination syrienne, le Grand Jeu bat son plein 

L’incapacité des dirigeants Européens comme la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, ou le président francais Emmanuel Macron, à comprendre les réalités du Proche et Moyen-Orient laisse parfois pantois. 

En demandant aux russes et aux iraniens d’user de leurs influence pour faire fléchir Damas, ces deux dirigeants trahissent non seulement leur vassalité affichée à l’empire (l’Allemagne suite à une défaite militaire cataclysmique ; la France par soumission volontaire) mais démontrent leur méconnaissance de la réalité des affinités entre des pays aussi divers que la Fédération de Russie, la République Islamique d’Iran et la République Arabe de Syrie.  

Autant l’énoncer tout de suite :  l’influence de Moscou et de Téhéran sur Damas est limitée car le pouvoir National-Socialiste Arabe spécifique à Damas est animé d’une idéologie et d’un agenda politique propre dont les objectifs ne coïncident ni avec ceux de Moscou ni encore avec ceux de Téhéran, pays avec lesquels la Syrie a noué une solide alliance stratégique. 

Ce qui unit Damas à Moscou et Téhéran est la nécessité absolue de mettre en échec l’hégémonie US au Moyen-Orient et de par ce fait, démanteler le monde unipolaire apparu au lendemain de la chute de l’ex-URSS. 

Les dirigeants des plus grands pays d’Europe (Allemagne, France, Royaume-Uni) sont prompts à mépriser le pouvoir syrien mais force est de constater que ce dernier dispose de stratèges capables et d’une redoutable capacité à riposter. 

Demandez donc aux hommes politiques libanais, toutes tendances confondues ce qu’il en coûtait de s’aliéner Damas durant la guerre civile libanaise de 1975-1990 ou encore sur les coups terribles infligés par les renseignements syriens aux services spéciaux US et français dans la région entre 1982 et 1994.  

Le fond du problème est qu’après la terreur quasi-religieuse qu’inspirait Hafez Al-Assad à ses innombrables ennemis (Arabie Saoudite et ses alliés, États-Unis, France, Israël, Irak, Jordanie, Royaume-Uni, Turquie), l’avènement de son fils jeune et inexpérimenté fut interprété comme une occasion unique et inespérée pour détruire par tous les moyens possibles le régime syrien. 

Bush junior avait sérieusement tenté de diriger le feu des corps expéditionnaires US qui venaient de renverser le régime irakien à Baghdad en avril 2003 vers Damas mais des calculs géostratégiques incertains mettant en péril la Maison des Saouds et les enfants de Rothschild à Tel-Aviv avaient sinon annulé du moins reporté ce projet insensé. 

En 2004, la Syrie fournit une assistance lorgistique à des factions de la résistance irakienne à l’occupation US en Irak. Les affrontements entre militaires US et Syriens aux confins syro-irakiens n’étaient pas rares. L’une de ses confrontations est survenue après la fuite de combattants irakiens en territoire syrien. Poursuivi par des unités des Marines, les miliciens irakiens avaient cherché refuge chez les militaires syriens. Un combat d’une extrême violence entre forces syriennes et US s’en était suivi. Plus de 58 soldats syriens perdirent la vie mais depuis lors plus aucun militaire US n’osa franchir la frontière.  

Bashar Al-Assad a été gravement sous-estimé. Il n’est pas le seul qui gouverne la Syrie mais représente un collège militaro-politique disposant d’un noyau dur très déterminé dont l’idéologie est profondément anti-sioniste et anti-impérialiste. C’est la raison pour laquelle les ennemis occidentaux et Arabes veulent se débarrasser de ce régime quel que soit le prix à payer. La survie du pouvoir syrien signifie qu’il rendra coup par coup ce que ses ennemis lui ont infligé. Les syriens sont réputés pour les represailles longuement étalées dans le temps. 

Moscou et Téhéran poursuivent chacun des objectifs stratégiques distincts mais convergents. 

Le ciblage de la Syrie est le prélude à un assaut sur l’Iran. Une fois l’Iran détruit, c’est toute l’Asie centrale qui s’embrasera pour préparer le démembrement de la Russie et la Chine, étape sine qua non avant la destruction programmée de ces puissances pour assurer une hégémonie universelle totalitaire à l’empire. 

Cependant, le plan a commencé à s’enrayer en Libye avant de foirer en Syrie. Entretemps, on a fourni à la Corée du Nord la technologie militaire dont elle avait besoin pour se défendre dans une tentative de déplacer la pression militaire US vers le Pacifique. Ce qui fut accompli avec brio. En dépit d’une guerre économique et monétaire globale visant à abattre sinon ralentir les économies des puissances dites révisionnistes. 

Le monde est en guerre. Les dirigeants de certains pays européens et arabes sont déjà en dehors de l’histoire. 

Le Grand Jeu fait rage !    

   
    

 
   

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