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Le Fabuleux destin de Kim Jong-Un

Démonisé par les médias selon une méthode éprouvée datant de presque un siècle, présenté comme un fou aliéné et un tyran irrationnel n’hésitant pas à exécuter ses collaborateurs à coups d’obus antiaériens, le leader nord-coréen a démontré d’indéniables capacités stratégiques et un sens logique implacable. Ce n’est pas tout: il vient de surprendre les américains par son ouverture d’esprit et de nouvelles propositions faites à une délégation sud-coréennes de haut rang. Même les experts monographiques de la Corée du Nord, ne pouvaient imaginer de telles propositions.

Tout ce que vous avez jamais pu lire ou entendre sur la Corée du Nord est faux et très éloigné de la réalité.

Kim Jong-Un est un homme simple, jovial et pratique. Il ne s’encombre pas trop de verbiages de sophistes. Il a estimé que son pays devait acquérir une force nucléaire d’État pour survivre. Ce qui fut achevé malgré de lourdes sanctions et les menaces d’anéantissement de la part de ses adversaires. A présent, le dirigeant nord-coréen dont le personnage est loin de correspondre aux portraits peu flatteurs que les médias internationaux ont fabriqué pour les besoins de la propagande de guerre, vise la réunification de la péninsule coréenne suivant le modèle de l’Allemagne.

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La principale obsession  de Kim Jong-Un n’est pas l’accroissement du potentiel de défense mais l’économie. Pyongyang aspire à égaler les performances de la Corée du Sud dans le domaine des technologies et de l’innovation. Pour cela, ce pays a non seulement besoin de conclure la paix avec son « voisin » mais d’entreprendre un processus de réunification. Or ce processus se heurte à une entrave de taille: la politique de Washington dont l’intérêt consiste à maintenir la péninsule coréenne divisée et en situation de guerre froide.

Au Sud, le président Moon est favorable à l’approche du Nord mais doit composer avec une faction corrompue et extrémiste viscéralement opposée à tout rapprochement avec le Nord et à se maintenir dans l’orbite étroite de Washington. Les propositions que le Nord a transmis au Sud, d’abord via la sœur de Kim Jong-Un et du vieux Chef de l’État puis lors d’une visite historique d’une délégation du Sud à Pyongyang, ont sidéré l’ensemble des observateurs.

Si à Washington,  les factions dépassées par les évènements soutiennent mordicus que la Corée du Nord doit impérativement se dénucléariser ou se désarmer avant tout entame de dialogue continuent à aboyer sinon à mettre en garde Séoul d’un excès d’optimisme, il n’en demeure pas moins que les propositions de Kim Jong-Un ont du surprendre plus d’un Tillerson.

Le président US Donald Trump a déclaré qu’il était prêt à rencontrer Kim Jong-Un. Ce dernier vient de faire la même proposition en la conditionnant par un tri dans la composition de la délégation US et ce tri démontre le degré de connaissance que les nord-coréens possèdent quand il s’agit de qui fait quoi au sein de ce que l’on va appeler par simple convention l’État profond US.

Un sommet Trump-Kim qui fait grincer beaucoup de dents au sein des factions bellicistes de l’empire. Seul un homme comme Trump est capable de déconcerter ses ennemis de l’intérieur et avancer allégrement sur un terrain aussi inconnu.

La péninsule coréenne vit un moment historique. Jamais une détente n’a paru aussi proche. Les dirigeants du Nord et du Sud sont sur la même longueur d’onde depuis l’élimination de l’ex-présidente Park, fille d’une figure de proue du régime corrompu pro-US ; jamais l’image du dirigeant du Nord n’a jamais été aussi bien perçue au sein de l’opinion du Sud et jamais le rêve d’une réunification des deux Corées n’a paru aussi possible. Cependant cela dépendra de l’évolution du contexte géostratégique et géopolitique, lequel semble figé depuis 1953.  Les postures de la Chine, des États-Unis, du Japon et de la Russie sauront-elles s’accomoder d’une Corée unie et puissante sur tous les plans?

 

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32 réponses »

  1. Les dirigeants coréens comprennent que l’Empire états-unien est en train de s’effondrer et qu’il faut, par conséquent, revoir de A à Z les relations internationales. La réunification des deux Corées est une perspective plus que raisonnable dans ce contexte. Seuls les dirigeants européens se cramponnent encore à l’Otan, comme s’il y avait la moindre chance de prévenir l’effondrement.

  2. ou alors: https://journal-neo.org/2016/11/01/north-korea-is-an-pentagon-vassal-state/

    William Engdahl n’est pas un margoulin.. son oeuvre ‘pétrole: guerre d’un siècle’ est à lire!
    première guerre mondiale: si les allemands avaient eu le pétrole nécessaire pour lancer la grande offensive
    années 1920: le soutien de la banque d’angleterre au pouvoir fasciste italien et au parti allemand du nsdap. action délibérée de précipiter l’économie allemande dans la crise, refus d’une aide financière en 1931-1932, assassinat d’un industriel Suédois qui avait un plan d’aide à l’économie allemande, accès au pouvoir d’hitler et là, plan d’aide financier octroyé at last par la banque d’angleterre.

    la guerre de 1973? à défaut d’avoir été fomentée par les anglo-américains, il a été décidé au bilderberg de mai 1973 de profiter d’une forte hausse des prix du baril de pétrole, afin d’installer la domination du pétro-dollar, dollar qui était en déliquescence dans les années 1960..

    https://info.publicintelligence.net/bilderberg/BilderbergConferenceReport1973.pdf

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