Analysis

Une confirmation et des menaces 

Israël a confirmé ce que le monde entier savait au détail près :  un des innombrables raids aériens menés contre une cible la Syrie en septembre 2007, bien avant le déclenchement de la guerre hybride imposé à ce pays. 

Dans la nuit du 05 au 06 septembre 2007, des avions de combat israéliens soutenus par des Awacs US et les capacités de guerre électroniques des pays de la coalition en Irak et en Turquie, ont mené un raid sur un centre scientifique syrien sis à Al-Kibar dans la province orientale de Deir Ezzor.  

Le raid a été longuement commenté dans les médias de la région à l’époque. 

Pour Damas, il s’agissait d’une attaque inacceptable ayant visé un centre de recherches en agronomie relevant du ministère de la défense ;  pour les medias arabes pro-atlantistes il s’agissait d’un site de construction d’un réacteur nucléaire de conception nord-coréenne. 

Israël s’était officiellement abstenu de tout commentaire conformément à sa doctrine de l’ambiguïté stratégique et de la tromperie. Mais des médias pro-israéliens ont rapporté l’incident en focalisant sur la menace “existentielle” que la coopération nucléaire entre la Syrie et la Corée du Nord faisait peser sur Israël.

La télévision officielle syrienne avait diffusé au lendemain du raid des images d’un site industriel dévasté en soulignant que des coopérants étrangers avaient été blessés.

Un communiqué officiel syrien condamnait dans les termes les plus fort cette énième agression israélienne et des activistes s’interrogeaient sur l’état des défenses antiaériennes syriennes et comment des bombardiers ennemis avaient pu pénétrer aussi profondément à l’intérieur de la Syrie et frapper un site “sensible” sans qu’aucun missile Sol-Air ou batterie AA de la défense syrienne n’aient été activés. 

Plus amusante fut la réaction de certains médias d’Europe occidentale :  ils taxaient invariablement de “complotiste” tous les sites ayant rapporté ce fait.

Or, des années après et constatant l’échec patent de sa guerre contre la Syrie, Israël vient de confirmer cet incident en menaçant encore Damas et…l’Iran !     

Pourquoi Tel-Aviv a choisi ce moment précis ?  

Tout simplement parce que la Syrie est en train de se doter d’une industrie militaire avec l’aide de l’Iran et que Damas a choisi non seulement la stratégie du Hezbollah et de la Corée du Nord, essentiellement fondée sur une force balistique de saturation mais aurait opté pour la résurrection dans l’urgence d’un programme nucléaire à des fins civiles mais également militaires.  

Cette option arrange en fait Téhéran, lequel est tenu par un Accord international sur le nucléaire sur son sol mais pas en dehors de son territoire.

Pour Damas, la leçon nord-coréenne est édifiante à plus d’un titre. D’ailleurs les liens avec Pyongyang ont été particulièrement renforcés durant ces dernières années. 

Les militaires syriens ont découvert au cours des deux dernières années que les rebelles disposaient de fabriques d’armes légères et d’obus, de roquettes et de missiles, ainsi que des moyens limitée à élaborer des gaz incapacitants. Il devenait dès lors évident que pour survivre, il fallait rebâtir au plus vites la modeste industrie militaire d’avant-guerre et d’allouer toutes les ressources disponibles à la création d’une force balistique dissuasive. Un choix dicté par les succès relatifs de la résistance libanaise et l’exploit nord-coréen. 

C’est dans cette optique que s’inscrivent les menaces israéliennes.  

Israël demeure une puissance nucléaire, chimique et biologique mais s’inquiète au plus point des programmes nucléaire et balistique iraniens ainsi que la survie du pouvoir actuel en Syrie. 

Deux autres pays de la région cherchent à acquérir ou ont déjà les moyens d’avoir l’arme nucléaire :  l’Arabie Saoudite et la Turquie, deux alliés de Washington mais ses ambitions ne suscitent aucune inquiétude en Israël.       

  

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41 réponses »

  1. “arrange en fait Téhéran, lequel est tenu par un Accord international sur le nucléaire sur son sol mais pas en dehors de son territoire.”

    Il y a de l’idée 😉 😉

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