Analysis

Les données chinoises révèlent d’étranges incohérences dans le déroulement de l’agression tripartite contre la Syrie–Des missiles n’auraient jamais été tirés

Les analystes militaires chinois sont perplexes. L’exploitation des images fournis par leurs satellites-espion au dessus du Levant et de la Méditerranée orientale leur a donné du tournis.

Première constatation assez surprenante, les bâtiments de surface de la marine française supposés avoir pris part à l’attaque tripartite de la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril n’auraient lancé aucun missile de croisière. Les trois frégates multimissions “Aquitaine”, “Auvergne” et “Languedoc”, traqués au mètre près par les satellites chinois et russes, apparaissent n’avoir tiré aucun projectile lors de la fenêtre de tir spécifique de l’opération.

Cela a laissé incrédules nombre d’analystes chinois, mais l’analyse des signaux électroniques et un échange limité de données avec la Russie a confirmé les premières déductions.

La marine de guerre française n’a tiré aucun missile sur la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril 2018.

Politique délibérée? Brouillage russe? Panne informatique des systèmes de contrôle et de commandement?

Dans un premier temps, Paris a annoncé que tous les missiles MBDA Scalp EG auraient atteint leurs objectifs puis des sources militaires anonymes ont commencé à répandre l’information selon laquelle seuls trois missiles sur douze auraient été lancés suite à une série de dysfonctionnements. Il s’avère maintenant que nous n’en savons rien.

Plus surprenant est le comportement des aéronefs de combat britanniques Tornado GR-4. Les trajectoires suivies par les appareils britanniques sont totalement incompréhensibles au regard de l’objectif supposé de la mission consistant à approcher l’espace aérien syrien pour y lancer dans des conditions optimales des missiles MBDA Storm Shadow. Selon les données chinoises, les pilotes britanniques n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire échouer leur mission.

Enfin, les tirs de BGM-109 Tomahawk US à partir de navires de guerre en Méditerranée orientale ou en mer rouge ont connu quelques anomalies et pas des moindres: certains missiles se sont abattus avant d’atteindre l’espace aérien syrien et d’autres, ayant pénétré cet espace, semblaient suivre des trajectoires aléatoires avant de disparaître.

Les analystes chinois ne confirment pas le tir de 103, 105, 110 ou 120 missiles tirés mais estiment que le nombre de missiles devant être lancés devait dépasser les 200 unités.

Bref, on a connu la drôle de guerre en 1940. Maintenant on assiste à de drôles d’attaques où l’on ne sait même pas si les missiles ont été tirés ou non. Décidément, les dessous de cette affaire sont loin d’être connus.

 

 

 

Publicités

Catégories :Analysis

80 réponses »

  1. intervenant le 24 avril 2018 au symposium GEOINT 2018, le général Raymond A. Thomas III (commandant en chef des Opérations spéciales (USSOCOM), a révélé l’ampleur de la guerre électronique entre les États-Unis et « l’ennemi » (comprendre la Russie).

    Selon lui, « l’ennemi » brouille ou inhibe systématiquement les systèmes US en Syrie, rendant impossible au Pentagone de surveiller la zone de combat. Lors de l’attaque tripartite du 14 avril, l’armée russe est parvenue à hacker les transmissions GPS de sorte que certains missiles ont été détournés. Pis, les systèmes de reconnaissance ami/ennemi ne fonctionnaient plus. Dans ces conditions, il devenait non seulement inutile, mais dangereux d’utiliser les avions de surveillance.

    http://www.voltairenet.org/article200928.html

  2. “Savent-ils que presque aucun officier n’est prêt à accepter d’aller guerroyer contre la Russie ou l’Iran?”

    Il faut espérer que ce que racontent les Chinois (Les trois frégates n’auraient tiré aucun projectile) est faux, parce que sinon cela voudrait dire que, soit :

    Les équipages n’ont pas pu tirer. Peu probable. Ou alors, cela veut dire que la technologie russe a atteint un niveau de science-fiction. Mais dans ce cas, pourquoi cela n’aurait-il pas fonctionné avec les missiles américains ?
    Les équipages n’ont pas voulu tirer, par peur d’une riposte russe. Je ne sais pas si quelqu’un a dit aux marins : “Ne vous inquiétez pas, les Russes ont été prévenus d’avance, vous allez tirer sur des cibles vides, les Russes ne riposteront pas.” Sans doute que non. Et même si c’est le cas, les marins français font-ils vraiment confiance à leur hiérarchie ? C’est pas sûr. Donc, on peut émettre l’hypothèse que les marins français, morts de trouille à l’idée de recevoir des missiles russes en riposte, ont préféré désobéir.

    Logique. Plutôt se faire virer de l’armée que mourir, surtout mourir pour rien. En temps de guerre, le refus d’obéissance, c’est la peine de mort. Mais là, on n’était pas en temps de guerre, Macron l’a dit (“Nous ne sommes pas en guerre contre la Syrie.”) Lorsque tout un équipage désobéit, est-ce qu’ils se retrouvent tous en forteresse ? Encore faut-il qu’ils reviennent en France… On imagine trois frégates et leurs équipages demandant l’asile politique en Grèce… Ça ferait désordre.

    En se plaçant dans l’hypothèse où les Chinois n’ont pas menti, le scandale, s’il était connu, serait tellement grand et déstabilisant pour la nation que tout le monde a préféré étouffer l’affaire.

    Il est peu probable, d’ailleurs, que la connaissance du scandale ait dépassé le niveau des amiraux. C’est à ce niveau-là que la décision d’étouffer l’affaire a pu être prise (je me place toujours dans l’hypothèse où les Chinois disent la vérité sur cette affaire). Mais alors, une question : les marins se sont-ils donnés la peine de jeter à la mer les missiles qui auraient dû être tirés ? On peut le supposer… Les vidéos de tirs de missile fournis par le ministère peuvent être des images d’archives.

    Restons dans l’hypothèse (farfelue, j’en conviens…) que les Chinois disent vrai. Les Russes savent aussi. Les Syriens, de même. Les Américains doivent s’en douter. Bref, la crédibilité militaire de la France, dans ce cas de figure, serait nulle, totalement nulle, mais seul Macron ne le saurait pas…

    • Finalement on apprend, de source française, que la première frégate, l’Aquitaine, n’a pas pu tirer ses missiles, puis sa doublure non plus. C’est donc la dernière frégate, celle de réserve, la Languedoc, qui a pu enfin tirer trois missiles de croisières navales. (Source : Jean-Marc Tanguy, TV5 Monde).

      Donc, les Chinois n’avaient pas entièrement tort, et à mon avis il y a quatre explications possibles :

      Les Russes sont arrivés à neutraliser l’électronique de deux frégates. Si c’est exact, c’est tout à fait remarquable.
      Les système d’armes embarqués sur les frégates ne sont pas du tout au point, ils fonctionnent une fois sur trois.
      Les courts-circuits ont eu lieu sous les crânes de nos valeureux militaires. Perdant leur sang-froid, ils ont refusé l’obstacle, dans deux frégates sur trois. À ma connaissance, ça ne s’est jamais vu dans l’histoire de France. Si c’est vrai, à Dieu ne plaise, ce sera peut-être considéré par les historiens du futur comme le premier signe indiquant que la France n’existe plus en tant que nation.
      Un mélange des trois raisons précédentes… Les militaires, déjà peu motivés pour affronter les Russes, et démoralisés par les attaques électroniques des Russes, jointes aux défaillances des systèmes d’arme, n’ont pas réussi à lancer les missiles à partir de deux des trois frégates.

      Est-ce que tout ça donne envie d’acheter des missiles français ? Pas vraiment.

    • J’ai une autre explication, n’en déplaise à certains: les militaires en charge de ces fameux tirs-fantômes n’ont tout simplement pas joué le “jeu” qui leur était imposé. Pour faire court: ils ont désobéi !…

  3. Nouvelles de Syrie : le Qalamoun oriental vidé de ses salapistes, on ne comprend pas l’acueil des populations locales aux forces de la sécurté intérieure syrienne de B.L.C, veulent-ils une autre fournée de ces beaux, nouveaux et inteligents missiles de la T.V ? Je ne sais et je vais lire le Monde pour me remonter le moral :

    Carte de la région vidée de son S.S.D (Sel Salapiste Modéré) :
    https://pbs.twimg.com/media/Dbo3jzXWkAA8hln.jpg

    • Tel l’oiseau de Minerve, qui ne prend son envol qu’à la nuit, voici les citations qui me passent par l’esprit ce soir, et bien le bonsoir :
      « Vous êtes le sel de la terre. Que si le sel perd sa force, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors, et qu’à être foulé aux pieds par les hommes. » (Saint-Matthieu, 5, 13).

      « Il a le goût du sel le pain des étrangers, et combien c’est un rude passage, descendre et monter l’escalier des étrangers. Et le plus lourd fardeau que tu porteras, ce sera la mauvaise et inepte compagnie avec qui tu tomberas dans cette vallée de l’exil. De sorte qu’il sera à ton honneur, ensuite, d’avoir été, à toi tout seul, ton propre parti »

        • Dante Alighieri, La divine comédie, Tome III, Le Paradis, Chant XVII.
          Traduction ??
          Pour vous servir…

      • Merci M.Cravan de votre érudition. En fait j’ai pris la citation toute prête dans le film la Société du Spectacle de Guy Debord (Oeuvres cinématographiques complètes, éditions Champ Libre, Paris, 1978, p.124-125). Il existe une infinité de traductions de la Divine Comédie de Dante, celle citée ici est quasi-identique à celle d’Antoine de Rivarol (1783) mais diffère par quelques mots, je subodore par conséquent que Debord (ou son ami italien Gianfranco Sanguinetti) l’aura adaptée. Celle de la Pléiade (p.1520), traduite par André Pésard en est fort éloignée.

        • Prière de lire André Pézard et non André Pésard.

Leave a Comment/Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.