Archives mensuelles : juin 2018

Peu de lecteurs, beaucoup d’acteurs ou le dilemme de tenir un blog clair-obscur sur la stratégie

L’admin du blog Stratégika 51 fait l’objet d’une attention accrue de la part de certaines parties dont les motivations sont loin d’être claires.

Après l’approche classique puis non-conventionnelle, l’une de ses parties est passée à une étape inédite et totalement nouvelle dans le domaine -c’est une méthode révolutionnaire qui n’a jamais été utilisée auparavant- et l’une des offres que j’ai reçu comporte la transformation du blog Stratégika 51 en une sorte de société fictive ou écran légalement enregistrée dans une demi douzaine de pays, spécialisée dans un domaine lié aux services des sociétés militaires privées.

Ironie du sort, ceux qui se proposent de financer et de promouvoir Stratégika 51 sont les mêmes que je n’ai cessé de critiquer dans cet espace.

Cela explique pourquoi j’ai gardé le silence depuis un certain temps.

L’ensemble des moyens que j’utilise pour me connecter à l’internet ou à tout réseaux électromagnétiques fait l’objet d’une traque spécifique très poussées. Je viens juste de découvrir que des notes personnelles confidentielles enregistrées sous encryption via une application asiatique non sensée se connecter à un quelconque réseau ou accéder aux données de localisation viennent d’être piratées. L’appareil que j’utilise est pourtant dépourvu de tout dispositif matériel ou logiciel de connexion réseau.

La plupart de ces notes ne comportent pas de contenu hautement “sensible” puisqu’il s’agit de mes coordonnées ordinaires. Un dossier est toutefois ultra-confidentiel puisque il comporte des mémos et des prises de notes à l’issue de rencontres avec des envoyés de “ces tierces parties” où je porte une appréciation indirecte sur la nature de leurs efforts et les motivations sous-jacentes de leurs démarches.

Le monde est devenu uniforme. Peu importe la nationalité, la religion, l’éthnie ou la langue. La mondialisation a nivelé la planète. L’écrire relève d’une routine. Le vivre et le constater est assez étonnant.

Lorsque j’ai crée ce blog, je ne voulais surtout pas adopter un ton professionnel ou technique et je suis allé jusqu’à manier l’humour dans certains endroits. Force est de constater que tout cela n’a servi à presque rien.

Cela entrave ma capacité à écrire en toute latitude. Je ne parle pas des médias qui reprennent quelques billets ici sans même en mentionner l’origine; Je parle d’Organisations très puissantes et dont l’ampleur des moyens dépasse de loin ceux de quatre pays du G-7 réunis.

Devrais-je me contenter de publier des “conneries” ou de transformer cet espace en site pour adultes pour éviter un tel intérêt dont j’aimerais bien me passer. Si au moins c’était des lecteurs…

Double ironie donc:  au lieu d’attirer des lecteurs, Stratégika 51 attire les acteurs cachés des évènements qu’il aborde.

Cela donne envie de rire jaune. Très jaune.

Dans un passage frappant de Gibbon (Chute et Décadence de l’Empire Romain d’Occident), est décrit le sort de ceux qui ne veulent se soumettre à l’autorité d’un empire s’étendant du Nord de l’Europe au fin fond du Sahara en soulignant que ces derniers n’avaient vraiment pas beaucoup d’options pour fuir.

Situation aussi cocasse que ridicule.

Stratégika 51 n’a donné aucune suite à ces démarches, mais la persistence de ce genre d’initiatives me donne une idée précise sur un possible volet professionnel en solo utilisant le titre de ce blog.

Pour l’instant cela n’affectera pas la ligne suivie jusque là. Il y aura par contre des précautions de langage et une prudence inévitable dans le traitement de certains thèmes.

Merci à vous tous pour votre soutien à ce blog iconoclaste.

 

 

Syrie: la bataille du Sud

Les dispositifs défensifs des groupes rebelles accrochées par l’armée syrienne et ses alliés dans la province méridionale de Derâa s’effondrent les uns après les autres alors que les campagnes de propagande des pays soutenant la guerre en Syrie ne parviennent plus à mobiliser ni à avoir un quelconque impact sur l’opinion et la communauté internationale.

La concentration de l’effort de guerre syrien vers le Sud-Est du pays, un mouvement stratégique pertinent, est cependant fort risqué puisqu’il risque d’aboutir à une confrontation directe avec Israël.

L’Organisation des Nations Unies a appelé à un cessez-le-feu immédiat sous couvert de protection des populations civiles, un argument usé, mais en réalité, diverses puissances cherchent à éviter toute escalade susceptible de porter atteinte aux intérêts israéliens, déjà largement affectés après plus de huit années de conflit au Levant.

il y aura certainement un cessez-le-feu. Reste à savoir combien de temps il pourrait tenir.

En attendant l’armée syrienne utilise des roquettes de très gros calibre de type Golan (calibres de 300, 400, 500mm), fabriquées localement et dont le bruit très caractéristique peut être entendue dans cette vidéo publiée sur Youtube, montrant un pilonnage aux roquettes Golan de positions rebelles dans la province de Derâa.

 

 

 

 

Des missiles israéliens ciblent encore une fois l’aéroport de Damas

Des missiles non identifiés ont ciblé l’aéroport international de Damas et une base militaire limitrophe.

Au moins deux missiles israéliens ont explosé près de l’aéroport.

Selon les premières informations disponibles, il s’agit d’une énième attaque israélienne contre la Syrie.

Tel-Aviv apprécie très mal et c’est un euphémisme, l’avancée des forces loyalistes syrienne dans la province méridionale de Deraa et le déploiement de nouvelles troupes syriennes au Golan.

Les forces rebelles qu’Israël soutient ont subi des pertes effroyables ces deux dernières semaines dans la province méridionale de Deraa, présentée comme le berceau de la “révolution” par la propagande arabe et israélienne.

L’Armée israélienne a réduit l’aide logistique qu’elle fournissait aux rebelles et n’accepte guère plus de 12 % des blessés issus de la rébellion syrienne dans ses hôpitaux militaires.

La DCA syrienne est entrée en action mais il semble qu’aucun aéronef israélien n’ait pénétré l’espace aérien syrien, se contentant de lancer les missiles Air-Sol depuis l’espace aérien libanais ou jordanien.

Des militaires syriens sont sur site pour l’évaluation de cette attaque.

50 000 ogives nucléaires ne sont jamais suffisantes…

Nous sommes en plein science-fiction :  Washington se retire du Conseil des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et Donald Trump tance ses généraux sur le nombre d’ogives nucléaires opérationnelles qu’il juge ridiculeusement bas.  

Les responsables du Pentagone, eberlués et qui ne s’attendaient probablement pas à une telle sortie tentèrent d’expliquer au président que les États-Unis ne peuvent gérer un nombre excessif d’ogives nucléaires sans mettre en péril la sécurité nucléaire de la première puissance militaire de la planète. Trump ne voulait rien entendre ;  pour lui, c’est une honte absolue que les États-Unis ne puissent aligner  plus de… 50 000 ogives nucléaires !  

Le nombre total des ogives nucléaires déclarés appartenant aux pays dotés des armes atomiques (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord) ne dépasse pas 25 000 dont plus de 18 000 entre la Russie et les USA . 

Les dernières créatures antédiluviennes qui croient encore à la thématique du désarmement nucléaire peuvent aller se pendre haut et court. 

Trump ne se limite pas à vouloir le plus grand arsenal nucléaire de tous les temps. Il assume son choix de créer une sixième branche des forces armées americaines avec la ou les force(s) spatiales. Une tentative de baisser le caquet à l’US Air Force.  Bienvenue dans la vraie guerre des étoiles. Donald Trump est-il un maître Jedi ?  

Exit la Convention sur l’usage pacifique de l’espace extra-atmospherique. Tout comme le Traité sur l’Antarctique. 

Des satellites emportant des charges atomiques en orbite est une image du passé. Trump vise la lune…en attendant, la vieille NASA est incapable d’envoyer des gens en orbite basse et doit sous-traiter avec des fournisseurs russes…

La Russie et la Chine sont les deux seuls pays qui pourront soutenir une course vers la militarisation de l’espace. 

On laissera au lecteur le soin d’imaginer le reste. L’empire est passé à la contre-offensive universelle à tous les niveaux. 

  

 

La migration artificielle est un outil d’ingénierie du chaos

L’ingénierie des flux migratoires, réels ou stimulés, est devenu un outil du champ géopolitique plus performant que l’ingénierie sociale des révolutions colorées. 

Au delà des grilles de lecture conventionnelles, l’explication économique des nouveaux flux migratoires artificiellement induits, ne suffit nullement à décrire avec exactitude les raisons sous-jacentes de ce phénomène ni son ampleur inégalée depuis le début du haut Moyen-âge.  

Tandis que les chancelleries occidentales ont depuis longtemps définitivement verrouillé les voies à l’immigration légale, d’autres à l’instar de la France ou le Royaume-Uni,  appliquent une politique d’octroi de visas très favorable à certaines catégories comme les islamistes et les salafistes ou encore les individus délinquants et excluent systématiquement toute autre catégorie, les politiques interventionnistes en Libye et au Levant ont provoqué le plus grand flux migratoire de l’histoire contemporaine. 

Depuis 2011, des millions d’individus ont été invités à pénétrer illégalement la forteresse Europe comme des réfugiés, souvent avec l’aide des moyens logistiques de l’OTAN. 

Les statistiques concernant cette nouvelle grande migration mais un pays comme l’Allemagne compte officiellement déjà près de deux millions de nouveaux refugies venus exclusivement des zones kurdes syrienne, irakienne et iranienne ou d’Afghanistan et de Somalie. Les rivages grecs et italiens sont soumis depuis des années à l’arrivée massive de réfugiés et de migrants africains et asiatiques. 

En Italie, pays ayant subi seul sans l’aide d’aucun autre pays de l’Union européenne, l’énorme fardeau, les autorités ont tenté toutes les mesures possibles, la crise s’est aggravée. 

Cette vague migratoire est en train de modifier les rapports de force politiques en Europe :  la question migratoire a pesé sur le référendum ayant avalisé le Brexit britannique et constitue une motivation pour la sécession de certaines régions des États-Nation dont elles sont partie.  La Corse a utilisé l’affaire de l’Acquarius, fort mal gérée par le gouvernement français, pour marquer l’autonomie totale de ses décisions par rapport à Paris ;  en Allemagne, la Bavière n’exclut plus une autonomie plus étendue face à cette crise “voulue” par l’Europe ;  l’Écosse ne veut plus rester dans le Royaume-Uni, la Catalogne veut son indépendance totale et la résurgence de cette  tendance contraste avec la propension intégrationniste des grands ensembles géopolitiques. 

Il n’y aura pas de grand remolacement, lequel demeure un argument électoral porteur mais il y a fort à constater que l’ensemble européen n’est plus viable et ne le sera jamais. 

Lorsque l’UE n’était qu’un simple outil d’asservissement et de contrôle, Washington et Londres y étaient favorables. Cependant, quand cette union erratique commença à chavirer et à vouloir une certaine autonomie, elle fut engloutie par de nouvelles invasions barbares telles que celles des 4e et 5e siècles de notre ère. 
 

Tension croissante au Golan

Le déploiement de la Brigade du Tigre, l’une des meilleures unités des forces armées syriennes dans la province méridionale de Derâa et la poursuite du renforcement des lignes défensives dans le Golan inquiètent au plus haut point le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu. Cette inquiétude est aggravée par l’éclatement des groupes rebelles à Idlib, la province syrienne septentrionale où se sont regroupés plus de 85 %  des rebelles syriens et, fait inexpliqué, la réapparition de Daech près des frontières turques. 

Autre fait,  rare celui-ci, un responsable militaire US a publiquement affirmé que les israéliens auraient mené une frappe aérienne ayant visé des milices irakiennes pro-syrienne à Hari, non loin d’Al-Tanf,  dans les confins frontaliers désertiques syro-irakiens. 

Des rumeurs persistantes laissent entendre que la base US d’Al-Tanf, longtemps clandestine, aurait été utilisée par les israéliens à plusieurs reprises et que son ciblage par des milices pro-syriennes a failli déclencher  une guerre mondiale.  

Des militaires israéliens assurent, entre deux spéculations foncières ou immobilières,  des missions de formation dans le Kurdistan irakien.

Netanyahu s’est donc envolé vers la Jordanie pour tenter de convaincre le Roi de cet État de souscrire à un nouveau plan. La montée en puissance de l’Armée syrienne est mal perçue. Et cette dernière ne risque certainement pas de se battre à coup de cerf-volant artisanal comme le font quelques dizaines de manifestants palestiniens dans l’enclave assiégée de Gaza. 

 

Libye: combat dans le croissant pétrolier

Ras Lanouf, Sidra, Sirte, le croissant pétrolier libyen, délibérément oublié par les médias depuis le début de la guerre de Libye, occupe à nouveau les devants de la scène. Des combats s’y déroulent avec la participation plus ou moins reconnus de sept nations. L’enjeu semble être vital: qui contrôlera les exportations de brut libyen?

Officiellement, les forces du maréchal Khalifa Haftar, autoproclamées Armée Nationale Libyenne, et bénéficiant du soutien militaire des pays du Golfe, de Washington,  de ses alliés de l’OTAN et de l’Egypte voisine, tente de repousser des milices tentant de reprendre  le contrôle des installations pétrolières libyennes. Ces infrastructures étaient  sous le contrôle d’une société de sécurité transformée en milice et dont la plus importante est commandée par Ibrahim Jadhran. 

Des médias soutenant Haftar suggèrent que Al-Qaïda au Maghreb Islamique et même Daech en Afrique soutiennent ces milices pour mieux le discréditer mais que sait-on vraiment sur les gardes des installations énergétiques libyennes? Pas grand chose hormis le fait que cet ancien responsable gouvernemental s’est transformé en un homme fort comme des centaines d’autres en Libye.

Des raids menés par des drones d’attaque US à 80 kilomètres au sud du bastion de Banu Walid, un fief Gaddafiste, renseigne un peu mieux sur qui est qui dans ce vaste chaos qu’est devenu la Libye. Officiellement, la frappe de drone aurait ciblé un haut cadre d’Al-Qaïda, une entité revenante impossible à couler.  Cette frappe succède à une autre menée un peu plus au Sud à Oubari, en plein désert et aurait ciblé un chef militaire d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique sans plus de détails.

Al-Qaïda est un épouvantail. Surtout en Libye où le Wahabbisme n’a que très peu de prise, contrairement à l’idéologie des Frères Musulmans. L’instabilité y est entretenue. L’enjeu est le contrôle des hydrocarbures. La chute du régime de Gaddafi n’a pas permis aux puissances étrangères de profiter pleinement des ressources du pays. Et rien n’indique qu’il en sera autrement.

La destruction de réservoirs de brut en Libye et la suspension de la production au Venezuela auront un impact sur le prix du baril de brut que la hausse de la production, voulue par Washington et Ryad ne pourra pas totalement annuler.

On n’est pas sorti de l’ère du fossile.

 

Le Conte de deux îles

La Corse et la Sicile sont deux îles de la mer Méditerranée dont la nature du régime politique factuel est des plus difficiles à cerner.

Officiellement, la Corse est une collectivité territoriale à statut particulier de France tandis que la Sicile est une région autonome de l’Italie.

Dans les faits, les deux îles sont gouvernées par des dynamiques spécifiques basées exclusivement entre les rapports de force entre factions défendant une série d’intérêts  et l’équilibre de ces derniers avec le représentant symbolique de la métropole.

La nature réelle du régime politique en vigueur sur ces deux îles est d’une extrême complexité socio-politique et n’a pratiquement rien à voir avec les régimes politiques continentaux.

De toute évidence, la nature de ces régimes se rapprochent davantage des régimes politiques nord-africains que ceux d’Europe.

Nous y reviendrons.

 

Vietnam: vers la fin de la stabilité?

43 ans après la fin de la guerre du Vietnam, ce pays semble faire face à de nombreux défis mettant en péril sa stabilité.

En dépit d’avancées économiques et technologiques indéniables et souvent assez performantes, la résurgence de l’esprit “sud-vietnamien” ne relève plus d’une vue de l’esprit de certains nostalgiques d’un pays fantôche disparu mais plutôt d’une sorte de déterminisme historique. Ou d’une malédiction.

Le rapprochement “tactique” de Hanoï avec Washington, l’ennemi d’hier,  pour contrer l’influence de la Chine, ce grand frère et éternel rival, a eu pour effet une certaine ouverture contrôlée à l’économie de marché dans un pays où le régime communiste demeure relativement fermé.

Cet essor économique a réveillé les démons endormi du capitalisme corrompu d’un ancien régime disparu en 1975 et il semble que les questions du foncier industriel fassent l’objet d’un trafic générant des troubles de nature sociales, lesquels viennent de se tranformer en troubles politiques.

Le Vietnam sera donc ajouté à notre base de données des pays susceptibles de connaître des risques de troubles socio-politiques et géopolitiques à l’horizon 2019-2025.

La coalition menée par Washington tente d’enrayer la nouvelle stratégie syrienne à Deir Ezzor au moyen de frappes aériennes

Malgré l’échec patent de leur stratégie en Syrie, et probablement à cause de la faiblesse des résultats obtenus jusqu’ici, les planificateurs de la coalition menée par Washington n’ont d’autres choix que de recourir à des frappes de drones d’attaque contre des positions des forces armées syriennes à Deir Ezzor.

Les dernières frappes de la coalition ont visé des positions militaires pro-gouvernementales syriennes entre les localités d’Al-Tanf et d’Abou Kamal dans la vallée de l’Euphrate où Washington et ses alliés utilisent la milice auxilliaire connue sous le nom de Forces Démocratiques Syriennes (FDS), un regroupement hybride de forces kurdes indépendantistes, d’anciens combattants d’Al-Qaïda, d’éléments de Daech (l’organisation État Islamique) et de groupes radicaux, pour faire perdurer le conflit.

Depuis le mois de mai 2018, les américains ont mené entre 225 et 306 frappes aériennes dans l’Est désertique de la Syrie, afin de protéger leurs alliés de l’OTAN et les milices des Forces Démocratiques syriennes et le nombre de sorties, effectuées par des drones et des chasseurs bombardiers à partir d’Irak ou de Jordanie, est en nette hausse pour ce mois de juin 2018.

La province de Deir Ezzor ne fait pas partie des territoires syriens protégés par les systèmes de défense aérienne russe et les systèmes syriens qui s’y trouvaient ont tous été redéployés autour de l’axe vital Damas-Homs. Cependant, les russes suivent en temps réel l’évolution des aéronefs étrangers au dessus de Deir Ezzor et ont appris comment traquer les avions furtifs US.

Ces frappes cachent mal un changement subtil mais bien concret du champ de bataille dans l’Est syrien: Damas est décidé à reprendre le terrain et par dessus tout à éliminer les FDS ou du moins à les neutraliser et pour ce faire, les syriens, avec l’aide active de leurs alliés russe et iranien, ont commencé à déployer une stratégie nouvelle dérivant directement du jeu de Gomoko en y encerclant au fur et à mesure les bases militaires étrangères fournissant le principal soutien aux FDS puis à neutraliser leur champ d’opération en suivant des cercles concentriques de plus en plus réduits. Une stratégie qui enrage les israéliens dont l’objectif est de créer un contre-feu en Syrie méridionale et septentrionale pour divertir les forces syriennes du Sud et du Sud-Est du pays, en l’occurrence la province de Derâa, “berceau de la guerre” et le plateau stratégique du Golan, partiellement occupé et illégalement annexé par Israël.

Les meilleurs unités de l’armée syrienne demeurent déployées entre le littoral méditerranéen et Damas et depuis un certain temps, des unités sont à nouveau redéployées dans le Sud-est, car Damas tente de maintenir la pression maximale sur le Golan. Une question centrale de la guerre en Syrie.

De son côté, Israël fait tout ce qui est possible pour soutenir la création d’une entité étatique kurde dans le Nord-Est de la Syrie. La dernière de ses cartes à jouer après l’échec de la carte Al-Qaïda, illustré par le Front Ennosra et le délitement de Daech.

Dans l’est syrien, les unités d’action des renseignements de l’armée de l’air accompagnant  des milices pro-gouvernementales, soutenues par deux sociétés de mercenaires dont le Groupe Wagner et une autre société totalement inconnue, des milices irakiennes, des volontaires venant de pays islamiques encadrés par des officiers iraniens, des observateurs de pays alliés de la Syrie tentent tous de sonder et de percer le dispositif défensif des bases militaires étrangères illégalement présentes  dans l’Est et le Nord-Est de la Syrie.

La coalition ne sait plus comment réagir à cette stratégie et les renforts de troupes émanant de pays membres de l’OTAN ou d’autres pays non membres de cette alliance ne semblent pas y changer grand chose.

Ce qui est certain pour le moment est que si les bases étrangères des forces spéciales de l’OTAN n’ont pas été prises d’assaut jusqu’à présent par les forces pro-syriennes, c’est grâce aux raids aériens US.

Une première tentative de prendre d’assaut une base militaire de la coalition en Syrie orientale a failli réussir mais l’intervention de l’ensemble des moyens aériens US déployés au Moyen-Orient ont mis en échec cet assaut meurtrier pour les deux camps. D’après des informations diffusés, plus de 224 combattants pro-syriens dont 188 irréguliers russes ont trouvé la mort dans cette bataille. Une autre source souligne que les pertes militaires pro-syriennes sont probablement bien plus élevées et avoisinent 500 morts dont près de 200 irréguliers russes. Côté coalition US, aucune information n’a filtré mis à part une déclaration du président américain Donald Trump, qui, en faisant référence à cet “incident”, le premier choc armé entre russes et américains en Syrie, a évoqué que “beaucoup de gens ont péri des deux côtés”. Une source officieuse syrienne très bien informée de la situation en Syrie méridionale fait cependant état de la mort de plus de 400 combattants des FDS lors de cette bataille dont de nombreux “conseillers armés” des forces spéciales US ou des éléments de sociétés militaires privées, nombreux à opérer au sein des camps de la coalition. Une estimation confidentielle établie par les renseignements turcs de cet incident fait état de plus de 1300 morts et blessés dans les deux camps et recommande à l’armée turque de ne jamais  intervenir en cas de choc frontal entre américains et russes en Syrie.

Cet incident “primordial” aurait radicalement changé l’approche militaire russe en Syrie et l’a rendue plus subtile. S’il n’est pas question d’un affrontement frontal avec les américains, un objectif qui tente au plus haut point les factions les plus extrémistes du Pentagone pour qui-et ils y croient fur comme fer-, il suffit de frapper très durement les russes pour ce que ces derniers se retirent, la nouvelle approche russe s’appuie totalement sur une stratégie assymétrique, fluide et axée sur l’usage de milices et de sous-traitants régionaux convaincus de la nécessité de se débarrasser de toute présence étrangère à cheval entre la Syrie et l’Irak.

Pour le président Assad, la présence illégale de forces militaires de l’OTAN (et désormais hors OTAN) hostiles dans le Nord-Est et l’Est de la Syrie en vue d’un changement de régime est vouée à l’échec.

 

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